10 OCTOBRE. OCTOBRE GRIS.

10 octobre. Journée internationale de lutte contre la peine de mort. L’occasion de nous rappeler quelques figures fondatrices de la lutte. L’occasion de faire un petit tour d’horizon de l’état de cette peine dans la plupart des États.

UN VISIONNAIRE : VICTOR HUGO

C’est sans conteste son combat le plus fervent et le plus long. Toute une vie. Dès l’enfance, il est fortement troublé par le triste spectacle d’un prisonnier conduit à l’échafaud sur une place de Burgos. À l’adolescence, c’est la vision des préparatifs d’un bourreau en place de Grève qui le révolte. Sa lutte d’écrivain commence donc avec la publication d’un premier ouvrage en 1829 : Le denier Jour d’un condamné. Écrit à la première personne, ce récit frappe par l’angoisse qu’il suscite et libère son auteur du sentiment de culpabilité qui l’étreint chaque fois qu’il est confronté à ce douloureux problème. Devant la Chambre des Pairs, où il officie, il s’élève contre « les peines irréparables ».

Claude Gueux et Le dernier Jour d'un condamné, Victor Hugo
Claude Gueux et Le dernier Jour d’un condamné, Victor Hugo

Un autre ouvrage important dans la lutte littéraire et politique de Victor Hugo : Claude Gueux, paru en 1834. L’histoire se base sur des faits réels. Claude Gueux, condamné pour avoir volé un pain. Poussé à bout par un surveillant qu’il finit par tuer dans un accès de colère, mû par le sentiment d’injustice. Claude Gueux préfigure le Jean Valjean des Misérables, qui paraîtra presque trente ans plus tard. Et toujours la même certitude qui hante Hugo : c’est la misère qui conduit au crime. La misère sociale.  Nous ajouterions aujourd’hui la misère affective, psychologique, culturelle. C’est toujours dans le désert de l’ignorance que pousse le crime. Et l’échafaud.

Cette tête de l’homme du peuple, cultivez-la, défrichez-la, arrosez-la, fécondez-la, éclairez-la, moralisez-la utilisez-la ; vous n’aurez pas besoin de la couper. Claude Gueux.

BADINTER : UN MINISTRE ÉCLAIRÉ

Est-ce parce que son père est mort déporté au camp de concentration de Sobibor ? Robert Badinter a toujours défendu l’abolition de la peine de mort. Garde des Sceaux de Mitterand de 1981 à 1986, son discours en faveur de l’abolition du 17 septembre 1981, prononcé devant l’Assemblée marque un tournant pour la justice en France.

Il s’agit bien, en définitive, dans l’abolition, d’un choix fondamental, d’une certaine conception de l’homme et de la justice. Ceux qui veulent une justice qui tue, ceux-là sont animés par une double conviction : qu’il existe des hommes totalement coupables, c’est-à-dire des hommes totalement responsables de leurs actes, et qu’il peut y avoir une justice sûre de son infaillibilité au point de dire que celui-là peut vivre et que celui-là doit mourir.

A cet âge de ma vie, l’une et l’autre affirmations me paraissent également erronées. Aussi terribles, aussi odieux que soient leurs actes, il n’est point d’hommes en cette terre dont la culpabilité soit totale et dont il faille pour toujours désespérer totalement. Aussi prudente que soit la justice, aussi mesurés et angoissés que soient les femmes et les hommes qui jugent, la justice demeure humaine, donc faillible. (…)

Parce qu’aucun homme n’est totalement responsable, parce qu’aucune justice ne peut être absolument infaillible, la peine de mort est moralement inacceptable.

Le ministre de la Justice Robert Badinter est assis dans l'hémicycle de l'Assemblée nationale, le 17 septembre 1981 à Paris, lors de l'examen de son projet de loi sur l'abolition de la peine de mort. La peine de mort fut définitivement abolie en France le 09 octobre 1981. AFP PHOTO MICHEL CLEMENT
Le ministre de la Justice Robert Badinter est assis dans l’hémicycle de l’Assemblée nationale, le 17 septembre 1981 à Paris, lors de l’examen de son projet de loi sur l’abolition de la peine de mort. La peine de mort fut définitivement abolie en France le 09 octobre 1981. AFP PHOTO MICHEL CLEMENT

La peine de mort est abolie en France depuis octobre 1981.

TOUR D’HORIZON ENCORE SOMBRE

Lorsqu’Amnesty International a démarré sa campagne mondiale contre la peine de mort il y a 35 ans, le monde comptait une minorité d’États abolitionnistes, au nombre de 16. Aujourd’hui 140 pays sont désormais abolitionnistes en droit ou dans la pratique, et ce sont les États qui s’accrochent à la peine capitale qui sont l’exception. La République Dominicaine vient d’adhérer, le 21 septembre dernier, au traité de l’ONU visant à abolir la peine de mort. Mais combien sont-ils encore à pratiquer cet acte irréversible ?

Affiche de campagne pour l'abolition de la peine de mort d'Amnesty International
Affiche de campagne pour l’abolition de la peine de mort d’Amnesty International

Chine. Iran. Irak. Arabie Saoudite. États-Unis d’Amérique. Guinée. Mali. Sierra Leone. 58 pays pratiquent encore actuellement la peine de mort. 23 exécutions aux Étas-Unis en 2015. La dernière en date a eu lieu le 6 octobre dernier au Texas… Et bien d’autres dont vous trouverez la macabre liste sur le site d’Amnesty International et sur celui de La Peine de Mort dans le Monde.

Le 10 octobre est la journée internationale contre la peine de mort.

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