Z COMME ZENO. LA REVANCHE DES INTELLOS…

Zénobie Abernathy, pré ado HPI (au Haut Potentiel Intellectuel, dixit le gentil psy du récit) est entrée au collège, en 6ème Einstein. Cette fillette à l’  « hyperactivité intellectuelle » et à l’ « imagination débordante » est la nouvelle héroïne d’un univers créé par Justine Jotham dans son dernier opus dédié à la jeunesse : Moi, Zénobie Abernathy. De Z à A, ma vie à l’envers. Après le succès de Qui veut la peau d’Otto Dafé ? paru en mai 2016 (notre article sur l’ouvrage : ici), l’auteure aux multiples talents réitère avec ce récit, qui, à travers les préoccupations des adolescents, leurs rêves, leurs angoisses, leurs amours, leur rapport complexe aux autres et au monde, bat en brèche les clichés poussiéreux de l’  « intello » et du « cancre ». Pour découvrir Zénobie et son petit monde, c’est par ici …  

JustineJustine Jotham, agrégée de littérature, enseignante à l’ULCO et auteure jeunesse.

Justine Jotham a débuté sa carrière d’enseignante au collège Lucie Aubrac, Petite Synthe. Depuis qu’elle est auteure pour la jeunesse, elle multiplie les rencontres avec les lecteurs adolescents, à l’occasion de salons du livre, ou  plus sûrement lors des ateliers d’écriture qu’elle anime. Ainsi, elle n’a pas manqué de modèles pour donner vie à tout un peuple de collégiens aussi typés que criants de vérité : Léa, la bonne copine qui console et parle « cash » avec son amie « intello » rejetée par la masse des ados, Zénobie. Margot, la grande soeur fan de fringues et de mode, accrochée à un régime minceur,  à son portable ou  enfermée dans sa tour de dédain pour les autres. Hyppolyte, le « cancre » joueur de foot, qui crache par terre et qui éparpille les affaires de classe de Zéno sur le trottoir. Daphné, la voisine de classe, qui a « tout d’une splendide nymphe » et regarde d’un œil réprobateur Zéno, « cette mocheté » qui vient « faire de l’ombre » à sa beauté. Tristan, un grand nul de 3ème qui terrorise les petits de 6ème à la cantine et leur pique leurs desserts. Priscilla et Arthur, candidats à l’élection des délégués de classe, qui proposent la fin des interros surprises et l’utilisation des téléphones portables dans la cour de récré.  Et puis il y a Théodule, qui porte bien son nom : d’abord parce que ça rime avec « tarentule », et qu’il se passionne pour les araignées. Ensuite parce que c’est le chevalier servant de Zénobie, son « super héros », celui qui la sauve des griffes de tous ceux trop « normés » qui se moquent d’elle, la différente… C’est son premier amoureux…

 

 

Et les adultes aussi n’échappent pas non plus à ce passage en revue des types humains qui hantent les mondes adolescents : Mme Honoré, principale du collège, sévère à souhait, qui distribue les heures de colle à tour de bras. Aligaud, le surveillant pas sympa, qui prend en grippe les élèves, et les suspecte toujours. Big Louchard, le prof de sciences un peu bizarre, qui, comme Mme Honoré, fait peur aux élèves de 6ème… La maman de Zénobie, qui ne voit pas sa fille grandir, l’appelle « choupinette », l’habille en jupe et corsage citron fraise, et stimule le cerveau de sa fille en continu. Sans voir qu’elle passe à côté d’une étape cruciale de la vie de Zénobie. Une « vie d’ado en construction ».  Elle réagit d’ailleurs très mal quand Zénobie simule une crise de « cancrite virale » et décide de changer totalement de peau en se faisant passer pour la dernière des… cancres ! C’est le psy directement… qui comprend tout de suite que Zénobie a voulu se fondre dans le moule de la plupart des ados, faire comme tout le monde : répondre aux professeurs, pourrir un cours, falsifier la signature des parents, …

Et sachez lire entre les lignes… Justine Jotham n’a pas voulu faire pleurer dans les chaumières avec un portrait de l’élève harcelé(e). Ce sur quoi tentent de nous alerter les institutions scolaires et les associations de parents, et elles ont bien raison. Mais en filigrane dans ce récit léger, pointe cette question du harcèlement et de la banalité des violences à l’école. On l’insulte : « la naine », « grosse tête » et autres noms d’oiseaux. On raille ses vêtements. On tente de la racketter à la sortie du collège. On éparpille toutes les affaires contenues dans son cartable sur le trottoir. On lui prend régulièrement ses desserts à la cantine. Heureusement que Zéno est une fille équilibrée et aimée. D’autres, plus fragiles, n’auraient pas été de bons héros pour ce récit drôle autant qu’acidulé…

couverture du livre

D’ailleurs, ce qui sauve Zénobie, et le lecteur, du tragique, c’est l’humour de l’héroïne et de l’auteure. Et leur culture solide comme un roc. Voici, par exemple, la définition que Zénobie donne de la gente adolescente :

A ceux qui trouveraient étrange de comparer les ados à des mollusques, voici la justification scientifique de ma théorie en trois points :

  1. Ils n’ont qu’une tête (et encore, pour certains ados, ça reste à prouver).

  2. Ils ont des pieds (la « sole pédieuse » chez certaines espèces).

  3. Et entre la tête et les pieds, une masse viscérale (parfois on trouve une perle de nacre, mais la seule chose qui y ressemble de loin chez nos ados, c’est un petit pois remonté dans le crâne).

C’est un regard lucide et tendre porté sur l’espèce adolescente. Le prouve encore cet autre passage :

DEVINETTE : à votre avis, pourquoi les mots « cancre » et « crabe » ont la même racine ? RÉPONSE : ils sont pareils ! Une carapace sacrément coriace et des pinces effrayantes, mais ne vous y trompez pas, à l’intérieur, ils sont aussi tendres. Il faut juste apprendre à les cuisiner.

« Mode d’emploi du cancre », « Minute diététique » et autres « Questions existentielles »… Justine Jotham aborde ces chapitres de son récit, et de la vie des ados, avec légèreté et humour. Moi, Zénobie Abernathy. De Z à A, ma vie à l’envers invite à coup sûr à une lecture divertissante autant qu’à une méditation sur la vie des ados d’aujourd’hui…

 

Les photos sont issues du site web de Justine Jotham : ici …

… et de sa page Facebook : .

 

 

ROMEO ET JULIETTE, RATTRAPAGE…

50 musiciens, 50 choristes, 12 danseuses, 4 solistes et 3 Parques. Roméo et Juliette, Espace Jean Vilar de Coudekerque Branche. Si vous avez raté l’événement exceptionnel des 15 et 16 juin derniers, une séance unique de rattrapage, ici…

Photo de Pierre Thouvenot, Orion Productions

 

Montage réalisé par Amandine Plancke, photographe et vidéaste de la ville de Coudekerque Branche.

LOUISE ET LE PAPILLON

Ça pourrait être le titre d’une fable ou d’un conte pour enfants. C’est en fait une belle histoire de courage et de persévérance. Celle de Louise Isaert, 14 ans, nageuse émérite de Dunkerque Natation. Et qualifiée aux Championnats de France Jeunes de Rennes, en juillet prochain. Vous la remarquerez peut-être ce week end aux Championnats de France Promo à Dunkerque. Portrait…

 

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Louise Isaert

 

« Papillon, crawl, brasse, dos, 100 m, 200 m, distance, souffle, apnée, force, mental, volonté… » Ce sont les mots qui lui viennent à l’esprit quand on parle de natation à Louise. Son papa, lui, répond « volonté, courage, persévérance, et mérite ». Et elle en a, du mérite, cette petite Coudekerquoise d’1 m56. Elle en a parcouru, du chemin, depuis le Hérisson Nage Club de Coudekerque Branche, qu’elle fréquentait à l’âge de 7 ans. Éric Lefèvre, son entraîneur de l’époque, doit être fier de la voir  se hisser sur les premières marches du podium. 1ère au 200 / 4 nages et 2ème au 100 m papillon au Championnat Interrégional à Metz en 2016 (elle n’avait que 12 ans…). Invitée par Michel Lemoigne, son coach du club Dunkerque Natation, aux Championnats de France Jeunes, à Dunkerque, en juillet 2017. Elle y réalise de très bons temps au relais 4×50 m 4 nages, notamment au papillon, sa nage de prédilection… Elle participe ce week end aux Championnats de France Promo à Dunkerque. Et elle est qualifiée  aux Championnats de France Jeunes qui auront lieu à Rennes, du 18 au 22 juillet 2018. Chapeau bas…

 

 

 

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Louise Isaert, plot  5, aux Inter Régions, Metz, 2016

 

 

L’eau. Elle y plonge chaque matin de la semaine. 7h00-8h30. Elle y finit ses journées. 16h-18h. Elle y passe ses week end, ses vacances. Entraînement de championne pour cette jeune collégienne de 3ème. Entre deux, la journée de cours en section sportive à Guilleminot Dunkerque, s’étire de cours de maths en cours de français. En cours tout court pour préparer le Brevet des Collèges qui se rapproche dangereusement. Louise avoue « stresser » davantage pour cet examen qu’elle apprend à apprivoiser, que pour les compétitions de natation qui sont ses amies depuis si longtemps déjà…

 

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Dunkerque Natation en stage à Palma de Majorque, l’été dernier. Louise Isaert, tout sourire, en haut à droite…

 

Son secret pour « gérer le stress » ? Ranger sa chambre (Maman apprécie). Manger des pâtes de fruits. Bouger. Dormir 9 à 10h. Respirer profondément. Écouter de la musique. « Je me mets dans ma bulle ». Avec Columbine, Pierre, feuille, papier, ciseau. Avec OrelSan. Avec la Princesse de Nekfeu. Avec Eddy de Preto. Ça rappe pas mal dans la bulle de Louise quand elle se prépare mentalement pour une compète. Rythme binaire. Martelé. Son adrénaline pour fendre le couloir d’eau de ses bras papillon…

Piscine Maurice Mollet de Coudekerque Branche. Eric Lefèvre, champion du bassin et champion de pédagogie,  lui apprend les rudiments. Elle fréquente alors l’école élémentaire BrassensPiscine Paul Asseman de Dunkerque.  Elle a 10 ans. Elle s’entraîne, avec Marion Mesmaque d’abord, avec Michel Lemoigne désormais. Et Olivier Antoine, directeur sportif du club dunkerquois, jette un œil, à distance… Exigence et bienveillance, en plus de la maîtrise de leur art, sont les qualités de ces entraîneurs qui veillent sur leur petite protégée.

 

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Le petit bout à ses débuts…

 

Ça paie. Des performances d’abord. – de 2’31 au 200 m pap. – de 1’09 au 100 m pap. / bassin de 50 m.

Des qualifications ensuite. Louise dispute le 200 m papillon samedi 19 mai 2018. Et le 100 m papillon dimanche 20. On croise les doigts.

Des sourires enfin. Ceux de ses parents. De son frère Raphaël, qui nage dans les traces de sa sœur. Ceux de sa copine Laura, à qui elle pourra raconter, dans la cour de récré, ses histoires d’eau bleue et de papillon…  

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Affiche officielle des Championnats de France Promotionnels, Dunkerque, mai 2018.

Page Facebook du club Dunkerque Natation : ici. 

Images : Dunkerque Natation et Christophe Isaert. Merci à eux !

 

LE LUNDI A CASSEL

La saison carnavalesque est terminée ? Pas tout-à-fait. Il reste quelques bandes, ici ou là dans certains villages de la campagne flamande. Et surtout il reste un carnaval. Le dernier. Pas une bande. Ni un bal. Un événement particulier. Unique en Flandre. C’est un lundi. Et c’est pas la Citadelle. C’est le Lundi de Pâques à Cassel. Vous ne connaissez pas cette manifestation haute en couleurs et en bonne humeur ? On vous la fait découvrir ici.

Affiche ancienne pour le Carnaval d'été de Cassel.
Affiche ancienne pour le Carnaval d’été de Cassel.

UN LUNDI AU SOLEIL

Un carnaval d’été un lundi de Pâques ? Y’aurait pas comme un meshplek dans le calendrier ? C’est vrai que Pâques, c’est au printemps. Bernard Minne, Tambour Major au cœur gros comme ça, nous donne la clé de ce mystère calendaire : en 1929, quand les intempéries particulièrement rigoureuses de l’hiver empêchent les Casselois de sortir les géants pour le traditionnel carnaval de Mardi Gras, Les Amis du Reuze cherchent une date pour reporter les festivités. La seule qui convienne : le lundi de Pâques. Qu’à cela ne tienne : cette année-là, on fêtera le dernier jour avant Carême, quand celui-ci sera terminé ! Sauf que ce lundi de Pâques-là, il a fait plus de 30 degrés ! Au point que les brasseurs se sont retrouvés en rupture de stocks pour abreuver les carnavaleux déshydratés ! Depuis, non seulement on a conservé cette date pour « remettre ça » après le carnaval d’hiver, mais on a aussi conservé cette appellation de « carnaval d’été » au printemps !

LES CASSEROLES DE CASSEL

Et le premier  temps fort de cette pittoresque  journée est le Réveil. Pas de grasse matinée. À 6 heures précises, le Tambour Major lève sa canne, donne le coup de sifflet et le coup d’envoi de ce concert de tambours, de cymbales et autres casseroles en tous genres. Joyeuse bande bruyante, bigarrée et souriante qui défile dans les rues de la ville pour chasser les mauvais esprits et les esprits bougons. Ici, on sait se lever tôt pour perpétuer la tradition et faire la fête ! Un avant goût de cette très matinale avant bande :

Vous avez vu le sourire lumineux de la cantinière ? Isis Mahieu officie depuis 20 ans maintenant. Mais le plus rayonnant, c’est le Tambour Major : vous avez vu comme il est beau ? Et unique ! Rien à voir avec les autres meneurs de bandes, à chako poilu et redingote napoléonienne. Ici, le rouge est de rigueur. Et le chapeau exceptionnel. Sur le devant, l’effigie de Reuze Papa, Géant protecteur de Cassel, et sur l’arrière le fameux Pierrot des vieilles affiches carmin annonçant l’événement. Celui que porte Bernard Minne date de 1967 ; c’est son père, Marceau Minne, qui l’avait arrangé un peu avant de lui léguer à sa mort. Bernard se souvient de ses sœurs découpant des affichettes et les collant sur ce chef d’œuvre de couvre chef. Une affaire de famille.

Carnaval du Lundi de Paques - Reveil et Bande des Arlequins
Vincent Minne aide son père, Bernard, à ajuster cet unique couvre chef de Tambour Major.

LA DANSE DES GÉANTS

C’est vrai qu’il y a la bande des Arlequins, vers 10h ;  ainsi appelée parce qu’autrefois la plupart de ceux qui y prenaient part se déguisaient en Arlequin, personnage typique du carnaval de Venise.  C’est vrai qu’il y a le Four Merveilleux, qui promène à travers la cité  le docteur Kakiskoff, son diable, ses mitrons et ses musiciens pour rajeunir les vieux et redresser les bossus.

C’est vrai qu’il y a ces groupes venus de toute la Flandre, et parfois de contrées très lointaines,  harmonies, lanceurs de drapeaux, Gilles de Binche, majorettes et autres danseurs pour mêler au rouge et au blanc de Cassel les couleurs des autres traditions folkloriques.

C’est vrai. Mais la sortie des seigneurissimes Reuze Papa, le plus ancien des géants du Nord (créé en 1827), et Reuze Maman, géants de Cassel, classés par l’UNESCO au titre de Monuments Historiques depuis 2000, ça vous transporte et ça vous remplit de joie. Vous retrouvez votre âme d’enfant, et vous vous surprenez à chantonner la Reuze Lied, composée en 1882, par Auguste Taccoen, chef de l’Harmonie de l’époque. Pendant que les Grosses Têtes qui les précèdent s’amusent à effrayer les enfants, Reuze Papa et Reuze Maman dansent.

Et leur danse, solennelle et infiniment renouvelée, vous réconcilie avec les joies simples de la Tradition. Au sens premier du terme. Les valeurs qu’on porte et qu’on transmet. Alors on danse. Avec les géants. Et on danse le renouveau de la nature et de la vie dans ce printemps casselois. On danse l’amour et la joie de vivre. Tout simplement. Y en a qui dansent et qui transpirent : les porteurs. Ils sont une douzaine à se relayer. Toute la journée. Peut-être croiserez-vous Vincent Minne, le fils du Tambour Major, qui, en digne fils de son père,  promis à conduire le Réveil et la bande quand Bernard lui confiera sa canne, porte le Reuze.

Bernard Minne, Tambour Major, regarde avec fierté et bienveillance son fils Vincent qui prendra un jour la relève...
Bernard Minne, Tambour Major, regarde avec fierté et bienveillance son fils Vincent qui prendra un jour la relève…

Mais le plus beau, et ça c’est Bernard Minne lui-même qui le dit, c’est la rentrée des Géants. Je lui laisse la parole pour conclure :

A Cassel, y en a pour tous les goûts. Tout est beau. Mais le plus beau, c’est la rentrée des géants. Tout bon Flamand doit voir la rentrée des Géants pour ne pas mourir idiot. La lumière des torches dans le soir, les reflets des Géants sur les façades, c’est magnifique.

 Alors, rendez-vous à Cassel, lundi 28 mars dès 6h du matin, et jusqu’au soir, pour un carnaval d’été … au printemps !

image 1 : reproduction LeMag@zoom.

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ROMEO, JULIETTE ET TOUS LES AUTRES…

60 musiciens, 50 choristes, une douzaine de danseuses, quelques solistes… Ils sont donc tout un petit peuple de jeunes de l’École Municipale de Musique et de Danse de Coudekerque Branche à travailler depuis des semaines sur leur nouveau projet de spectacle musical. Roméo et Juliette. Dans les coulisses de l’événement… Par ici…

 

L’orchestre de l’Ecole Municipale de Musique et de Danse, sous la direction de Ludovic Minne.

 

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Sébastien Blanquart dirige la chorale.

 

 

chorale
Les enfants de la chorale chantent Roméo et Juliette…

 

Roméo et Juliette. Tout le monde connaît. Un amour fou. Un amour malheureux. Deux familles qui se haïssent depuis toujours. Montaigu. Capulet. Une lettre qui n’arrive jamais. Et deux jeunes gens qui en meurent. Depuis 1582, la pièce de Shakespeare a fait des émules. Des versions cinématographiques de Cukor (1936), de  Zefirelli (1968) et de Luhrmann (1996), aux 24 opéras que les amants de Vérone ont inspirés, en passant par l’adaptation géniale qu’en fut West Side Story en 1957 ou la populaire version française de Gérard Presgurvic en 2001. Les jeunes musiciens, chanteurs, danseurs et comédiens de l’École Municipale de Musique et de Danse de Coudekerque Branche avaient l’embarras du choix pour composer leur spectacle à eux… Sans trop dévoiler, disons qu’ils se sont abreuvés à ces différentes sources, pour préparer ainsi un spectacle unique. Exceptionnel.

 

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Les danseuses, sous la direction de la chorégraphe Valérie Pottier.

 

 

danseuses
Les danseuses écoutent les directives données…

 

Images. Voix. Chorégraphies. Chants. Musique. Tout y est. Les pièces du puzzle s’assemblent petit à petit. Les chants ici, sous la conduite du chef de chœur Sébastien Blanquart. Là les mélodies arrangées par Ludovic Minne et travaillées sous sa baguette par l’orchestre des jeunes de l’école. Plus loin les chorégraphies élaborées par Valérie Pottier. Les surprises en images concoctées par Amandine Plancke. Le travail d’interprétation des solistes, mené par Marjorie Tricot

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Les comédiens ont enregistré des voix off, sous la direction de Marjorie Tricot.
Enregistrement Roméo et Juliette 24-02-18 - Photo Pierre Thouvenot (48)
Emy, Apolline et Chiara en séance d’enregistrement.

Roméo. Julette. Tybalt. Mercutio. Capulet Père. Et même la Mort, qui s’invite dans un étrange trio…

Louis, Louise, Emy, Tristan, Prielle, Shirelle, Apolline, Chiara, Léonie, Maéva, Alicia, Rosie, Margot, Marius, Rose, Antoine, Léa, Baptiste, Ange, Timotée, Roméo, Juliette et tous les autres… Venez les  applaudir en juin…

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Roméo et Juliette, spectacle musical, vendredi 15 juin 2018, samedi 16 juin 2018, 20h, Espace Jean Vilar de Coudekerque Branche.

Photos de Amandine Plancke, photographe de la ville de Coudekerque Branche, et de Pierre Thouvenot, Studio d’enregistrement Orion Productions. Qu’ils en soient remerciés ! Affiche officielle, Service communication de la ville de Coudekerque Branche, merci à Madeleine Vandewalle !

 

LES APPRENTIS CONFERENCIERS DE LA REPUBLIQUE DU SAVOIR

Ils s’appellent Igor, Léanna, Pierre, Joris, Lisa, Ella, Alicia, Eva, Khwalla et François. Ils sont élèves de 1ère ou de terminale des Lycées Angellier, de L’Europe, du Noordover ou  Sophie Berthelot. Ils ont rencontré Romain Ducoulombier, Président de la République du Savoir. Et les voilà, grâce à leur enthousiaste mentor,  propulsés conférenciers l’espace d’une journée à la Halle aux Sucres… Entre Rêves et Cauchemars, la jeunesse s’invite à la table des savoirs…

Invitation

La République du Savoir est née de l’envie de transmettre. Pas seulement des savoirs, mais aussi un savoir faire : l’art de la conférence. Se pencher sur un sujet, problématiser, explorer des univers et des bibliographies, structurer une pensée et construire une intervention devant un public. Mieux qu’une épreuve orale de bac.  C’est à cet art que se sont livrés quelques lycéens du littoral. D’abord afin de soumettre leur projet au conseil de la République du Savoir. Ensuite, pour les 9 élèves sélectionnés, afin de préparer leur conférence du mercredi 28 mars prochain. Pour leurs professeurs, engagés dans cette République-là, c’est donner l’envie de s’interroger, de se passionner et de transmettre. Arnaud Dubois et Loïc Figoureux du Lycée Angellier. Stanislas Kuttner-Homs du Lycée Sophie Berthelot. Stéphanie Paix du Lycée du Noordover. Olivier Owczarek du Lycée de l’Europe. Enseignants en Histoire-Géographie et en Lettres classiques. Avec à leur tête  Romain Ducoulombier. Professeur agrégé d’histoire au Lycée Angellier, ce passionné, et spécialiste incontesté, de la question communiste (il a publié 5 ouvrages sur le thème à retrouver ici), souhaite sortir de la classe, emmener ses élèves, et ses collègues, plus loin que l’horizon des examens.

L’édition 2017 fut un succès. Héros et Monstres avaient permis aux élus de l’année dernière d’explorer ce thème dans tous les sens de l’histoire, de la littérature et de la société : de Héraklès à Harry Potter, entre États Unis et Europe, de Wonder Woman à Jean Jaurès… Et cerise sur le gâteau :  c’est Annette Wieviorka, historienne et directrice de recherches émérite du CNRS, qui avait clôturé la journée par une intervention sur « Héros et Monstres : l’exemple de la Shoah ». Les actes de ce colloque sont d’ailleurs publiés et disponibles ici.

Cette année, les lycéens, guidés par leurs professeurs, se sont attelés aux « Rêves et Cauchemars »… À travers la musique, le langage, l’histoire, le climat, les migrations… Demandez le programme :

Programme

L’ambition de la République du Savoir ? Étendre son action à l’ensemble des lycées du département… pourquoi pas de la Région. Même si l’association, et les professeurs, ont reçu le soutien de la D.A.A.C. (Délégation Académique aux Arts et à la Culture), et des proviseurs des lycées concernés (notamment de M. Feryn, proviseur du Lycée Angellier), il leur manque des moyens pour mettre en œuvre cette ambition. D’où la possibilité de devenir adhérent de l’association en prenant contact . D’où la possibilité d’acheter les actes du colloque de l’année dernière, ici. D’où la possibilité d’assister à cette manifestation, pacifique, de la République du Savoir et d’en rencontrer tous les admirables ministres : 

Mercredi 28 mars 2018, dès 9h00, à La Halle aux Sucres, http://www.halleauxsucres.fr

Page Facebook des Lycéens de la République du Savoir : .

 

FENETRE SUR COUR. QUAND CAMBRON REGARDE PROUST QUI REGARDE LES HOMMES

Cabaret Catleya. L’Étranger dans la maison. Les Souliers de la Duchesse. Et aujourd’hui : Fenêtre sur cour. 4ème opus proustien pour Maxence Cambron et la Cie des Arpenteurs. Cet arpentage-ci nous propose de nous mettre à la fenêtre et d’observer, comme le narrateur de La Recherche du Temps perdu, les allées et venues de tous les barons de Charlus qui peuplent notre humanité…

Évidemment, avec un titre pareil, on se figure immédiatement James Stewart coincé dans son appartement de Greenwich Village à cause d’une jambe cassée et témoin-enquêteur des drôles d’histoires qui agitent ses voisins d’en face. Les seuls points communs entre le film d’Hitchcock et cette création qui s’imprègne de Sodome et Gomorrhe, 4ème tome de La Recherche, c’est la position de voyeur du narrateur. Et les fenêtres, aussi. Évidemment. Celles-ci sont figurées par une douzaine de stores vénitiens, qui invitent aux différents points de vue…. Celui du narrateur  sur le Baron de Charlus. Celui de Charlus sur Jupien, giletier « qui n’aime que les vieux messieurs ». Celui du vieux baron sur le narrateur lui-même. Celui de Maxence Cambron sur ces 30 pages d’une œuvre qui en compte près de 2000. Celui des spectateurs sur le monde de l’homosexualité et sur les relations humaines plus généralement. Celui du public sur la création en cours. Celui des acteurs sur les spectateurs… Mise en abîme, de fenêtre en fenêtre… Dans ce spectacle,  l’éveil du regard et la notion de point de vue sont essentiels, vous l’aurez compris.

 

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Fenêtre sur cour, d’après Sodome et Gomorrhe de Marcel Proust

 

Regard et point de vue de l’individu sur l’autre. Maxence Cambron explore les zones d’ombre de l’être humain, entre les lignes de  Proust. La jalousie, l’infidélité dans Cabaret Catleya. L’antisémitisme, l’hypocrisie, la méchanceté dans L’Étranger dans la maison. L’antisémitisme, encore, la vanité, le cynisme, dans Les Souliers de la Duchesse. L’autre, cet inconnu qui fait peur. Parce qu’il est homosexuel, par exemple. Parce que sa sexualité est différente. Fenêtre sur cour. Il s’agit bien sûr de la cour de l’Hôtel de Guermantes, dans laquelle les trajets de Charlus sont épiés. Il s’agit aussi de la cour « galante » à laquelle l’ homme mûr se livre pour séduire de jeunes hommes. Cour, ou parade amoureuse, rendue sensible par une métaphore parlante : le bourdon butinant l’orchidée, par extension tout insecte butinant une fleur… 

 

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Fenêtre sur cour, Maxence Cambron, Cie des Arpenteurs, mars 2018.

 

Et la création vidéo de Félix Létot porte cette métaphore tout au long du spectacle. Les stores deviennent alors écran. Écran qui montre. Écran qui cache. Comme le souvenir écran freudien, qui montre des oiseaux, des insectes et des fleurs, la parade amoureuse et la sexualité de la nature … pour montrer en fait la nature de notre sexualité. Des indices sont aussi ostensiblement placés sur l’espace scénique conçu comme une installation à laquelle le spectateur est convié : oiseaux, orchidée en pot, ouvrages sur la faune et la flore,  ouvrages critiques sur Proust, et un livre sur Fra Angelico… « le peintre des anges » … Les anges n’ont pas de sexe… Ou sont androgynes, comme l’apparaît Simon Capelle, prodigieux interprète du Narrateur de La Recherche, troublant de féminité dans sa nudité d’homme…

Et quel tour de force pour l’acteur de mémoriser non seulement le texte proustien, mais aussi la phrase la plus longue de La Recherche, qui se trouve justement dans cette partie. 847 mots… Pour la lire dans son intégralité, cliquez ici.

Il y est question de dissimulation du « vice », mot qui désigne à l’époque de Proust les pratiques, notamment sexuelles, qui ne sont pas jugées morales ou normales. Il y est question de signes de reconnaissance des individus s’adonnant à ce « vice ». Il y est question de « races » au sens d’espèces naturelles particulières d’êtres humains, qui s’opposent par leurs pratiques. Il y est question d’hypocrisie, de haine de celui qui vit autrement, de comédie qu’on se joue, à soi-même autant qu’aux autres... Il y est question finalement de rejet de l’autre qui est différent. Ce qui résonne évidemment aujourd’hui, aussi fort qu’en ce début de XXème siècle proustien… 

Et pour résumer la Recherche de Maxence Cambron, théâtrale, depuis plus de 15 ans, ces quelques vers d‘Edmond Jabès,  qui commencent la Chanson de l’étranger :

Je suis à la recherche
d’un homme que je ne connais pas,
qui jamais ne fut tant moi-même
que depuis que je le cherche.

Ou du même Jabès, cet aphorisme tiré de Un étranger avec, sous le bras, un livre de petit format : 

L’étranger te permet d’être toi-même, en faisant, de toi, un étranger.  

Pour découvrir le travail d’imprégnation que nous offrent les Arpenteurs, l’intelligence de la mise en scène de Maxence Cambron, la finesse et la force d’interprétation de Simon Capelle, les images puissantes de Félix Létot, le tout mis en lumières par Pablo Rançon, c’est à l’Atelier Culture La Piscine, rue du Gouvernement à Dunkerque, mercredi 14 et jeudi 15 mars prochains. Réservation souhaitée au : 03 28 23 70 69 / lapiscine@univ-littoral.fr

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