11 MARS 2011 : FUKUSHIMA

Au moment où on parle d’enfouir 80 000 tonnes de déchets radioactifs sur la zone de Bure dans la Meuse, il faut plus que jamais rappeler les dangers auxquels les populations s’exposent…. Souvenons-nous. Souvenez-vous…Vendredi 11 mars 2011. Début d’après-midi. Fukushima. Japon. La terre tremble. La mer mugit. Et c’est la catastrophe. Nucléaire. Fukushima, Récit d’un désastre, de Michaël Ferrier, raconte la descente aux enfers du peuple nippon. Témoin direct, involontaire, de la catastrophe, il raconte cette fin du monde en trois temps : séismes à répétition, tsunami, cataclysme nucléaire.

UNE CATASTROPHE ANNONCÉE

Ancien élève de l’École Normale Supérieure, agrégé de lettres, docteur ès-lettres de l’université Paris-Sorbonne, Michaël Ferrier est professeur à l’université Chuo de Tokyo, au Japon. Sa vie est là-bas. Son amour est là-bas : Jun, qui partage sa vie et sa passion pour le Japon.  Le 11 mars 2011, ils sont les témoins directs de la catastrophe. Le Récit d’un désastre est inédit. Il n’aurait pas dû exister. Il existe. Et c’est l’œuvre la plus diffusée de son auteur. Il aurait préféré peut-être que ce soit un autre de ses romans. Mais celui-ci raconte l’indicible. Extraits :

« Cela fait 80 millions d’années que ces plaques [les plaques tectoniques] se frictionnent. Aujourd’hui, ce vieux conflit s’est réveillé. Les répliques s’enchaînent à une cadence folle. La terre tremble. La terre tremble. Le vendredi 11 mars : 78 séismes. Le samedi 12 mars : 148 séismes. Le dimanche 13 : 117 séismes. (…) Paul Claudel, lui, trouve pour le dire les mots justes et l’image exacte : ″A tout moment, à midi, au théâtre, pendant le repas, la main mystérieuse intervient. Elle saisit le Japon au collet, elle lui rappelle qu’elle est là.″ Ici, en une semaine, on en est à plus de 400 répliques. Un tremblement de terre magnitude 5 minimum toutes les 17 minutes… Et c’est dans ce pays qu’on a construit 54 réacteurs nucléaires. » 

Michael Ferrier, Fukushima, Récit d'un désastre (2012)
Michael Ferrier, Fukushima, Récit d’un désastre (2012)

Inconscience meurtrière de ceux qui ont installé des centrales nucléaires sur une terre fragile. Ce mois de mars 2011, les éléments se déchaînent sur le Japon : la terre tremble, un tsunami engloutit tout ce qui vit sous un déluge d’eau, le feu brûle infiniment dans les réacteurs de la centrale, et l’air qu’on respire devient poison, et tue lentement.

L’île principale de l’archipel semble avoir glissé de plus de deux mètres et l’axe de rotation de la Terre s’être déplacé de dix centimètres, alors imaginez ce qui s’est passé avec les maisons (..) le séisme du Tohoku a libéré une énergie 24 mille fois plus forte que la bombe atomique larguée en 1945 à Nagasaki.

Les mots disent l’énormité, l’aberration, l’horreur aussi vécue pas les populations victimes à la fois du cataclysme naturel et de la catastrophe nucléaire. Énormité, aberration, horreur. La Terre. La Mer. Le Ciel. Ou comment le monde devient fou. Baudelaire et Claudel se cassent la figure de la bibliothèque. Des bouts du ciel nous tombent sur la tête. Les murs tremblent. Le sol tremble. Tout est sens dessus dessous. Et la mer vient engloutir le tout. Comment dire la vague haute de trois étages ? Comment dire ce déferlement vertigineux : la vitesse d’un tsunami est de 360 km /h pour 1km d’eau ; à 5 km du rivage, les vagues sont encore à 800 km/h … à 500 mètres, c’est l’équivalent d’un TGV ( 250 km/h) qui se lance sur la plage… Comment dire « les corps, les cris, la lente agonie (…) le bruit de l’eau (…) l’écharpe de boue, la strangulation liquide », les amas de voitures, de bateaux, de maisons, les objets, le verre, le bois, les métaux, toutes ces choses du quotidien des hommes entremêlées dans une danse stagnante et macabre. 25 millions de tonnes de débris, sans compter les véhicules… Comment ?  Cadavres à la dérive d’un déluge qui charrie êtres et choses dans son cortège boueux et funèbre.

Citons encore Michaël Ferrier :

À l’heure où je trace ces lignes, le tsunami continue son chemin à travers l’océan pacifique. Les vagues iront se perdre l’an prochain sur les côtes américaines, et arriveront jusqu’en Antarctique où, après un voyage de 13 000 km, elles feront encore trente centimètres et seront encore assez puissantes pour fissurer et faire s’effondrer de gros blocs de glace. Ou encore ce détail, que me rapporte un géologue rencontré dans un restaurant de Fukushima : les cartes de la région sont toutes à revoir, car de nombreux éléments du relief (côtes, criques, collines…) se sont déplacés.

LA DEMI-VIE

Et le récit s’achève ainsi, dans la poésie du tragique :

L’eau, le vent, les feuilles.

L’herbe, les champignons, les baies.

Se rouler dans l’herbe.

Sentir la pluie sur son visage, au petit matin – odeur de vin et d’algue – dans une rue de Tokyo.

Voici quelques échantillons de ce qui, petit à petit, nous devient de jour en jour un peu plus interdit. La pluie tombe, mais ce n’est plus la pluie. Le vent souffle, mais ce n’est plus le vent : il porte avec lui le césium et non le pollen, des bouffées de toxines et non des parfums. La mer, tout en continuant à rugir, devient muette de terreur.

Depuis le 11 mars, une expression s’est répandue comme une traînée de poudre : la « demi-vie ». Elle est autour de nous, on ne parle plus que de ça désormais. La demi-vie des éléments radioactifs que les réacteurs nucléaires diffusent par panaches. La demi-vie n’est pas une moitié de vie. La demi-vie est la période au terme de laquelle un de ces produits aura perdu la moitié de son efficacité ou de son danger. Cela peut se compter en jours, en années, en siècles ou en millénaires…

Une femme et sa fille priant pour les millions de victimes de la catastrophe de Fukushima. REUTERS/Kim Kyung-Hoon (JAPAN)
Une femme et sa fille priant pour les millions de victimes de la catastrophe de Fukushima. REUTERS/Kim Kyung-Hoon (JAPAN)

Il faut lire et relire le récit de Michaël Ferrier, paru aux éditions Gallimard en 2012, et disponible en format de poche. Il faut éveiller les consciences.

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CAVIAR, POISSON STAR

« Mémoire d’éléphant, voix cristalline, écailles scintillantes et sourire bright ». Voici le portrait de Caviar, star du dernier opus pour la jeunesse de Justine Jotham. Et pourquoi pas faire chanter un oiseau plutôt ? Trop facile ! Faire chanter un poisson, voilà un défi à la hauteur des talents de l’auteure dunkerquoise. Et défi relevé ! Depuis le 7 février dernier, Caviar chante et enchante tous ses lecteurs et a trouvé sa place dans la collection « Nos amies les sales bêtes » des Editions du Poulpe. Caviar… pas si sale et pas si bête que ça…

Portrait de Caviar, poisson star.

Caviar poisson star, c’est d’abord une photographie intéressante de notre société… Un père macho qui travaille beaucoup, Jean Bernard. Une maman qui travaille beaucoup, aussi, Prunelle… Une grand-mère qui ne s’entend pas avec son gendre et atteinte de la maladie d’Alzheimer, Mémé. A l’école, c’est pas mieux. Madame la Directrice ne connaît pas la bienveillance. Quand Léopold apporte son poisson en classe, elle invite les autres élèves à se moquer de ce pourtant si touchant duo. On appelle ça du harcèlement aujourd’hui. Ici, il est même encouragé :

« Caviar ? HA HA HA ! Vous avez entendu ça, les enfants ? Qu’est-ce que c’est que ce nom ?

– Bouh ! Léopold ! La honte ! HA HA HA !!! HA HA HA !!! s’esclaffent les élèves en pointant du doigt le marmot dépité.

Léopold observe ses pieds et ses baskets trop petites aux lacets défaits. Défait, il l’est aussi – abattu, rompu, vaincu. Ses iris joliment bleutés se noient dans les larmes et son regard est vague et translucide. Je sais bien que, par principe, je n’aime pas les mouflets, mais Léopold est différent dans sa fragilité. Différent…

Justine Jotham a des souvenirs malheureux de l’école maternelle, nous confie t elle… Enseignante quelques années en collège, elle a eu le temps de se forger une opinion : « Je ne suis pas sûre que les enfants soient heureux à l’école, heureux de ce qu’on leur propose. Malgré l’illusion de « bienveillance, d’ « ouverture »  » et de « confiance »…

Justine Jotham, Maître de Conférences en Littérature à l’ULCO Dunkerque, et auteure jeunesse.

Sous la plume de Justine, c’est Caviar qui raconte. Star de la chanson. Et star du récit. Poignante, la solitude du petit Léopold. C’est Mémé, qui perd la boule, et Goldy, rebaptisé Caviar, qui vont, vous l’avez compris, combler ce vide affectif.

Goldy, c’est son premier nom, nom d’artiste, du temps où il partageait la vie et la scène avec Miss Silver, vedette de la chanson, apporte gaieté et amour dans la vie du petit héros. Chaque chapitre s’ouvre en musique… Et on s’amuse à reconnaître ici ou là des airs connus cachés dans les paroles retravaillées de Caviar Poisson Star :

« C’est la java des aieux,

La plus belle des ritournelles… »


Comme chez Beaumarchais, tout finit avec de l’amour et des chansons…

Mais chut ! Je n’en dis pas plus. A vous de découvrir l’histoire…

Caviar… à déguster !

Un narrateur chanteur. Une auteure musicienne. Cela va de soi. Tromboniste à l’Orchestre Semper Fidelis, Justine Jotham voue une adoration pour Le Lac des Cygnes de Tchaïkovski. Elle passe du temps sur sa batterie électronique ; la Mémé de Léopold est d’ailleurs percussionniste sur batterie… de cuisine ! Cette Mémé est attachante dans sa folie douce ; elle est née des souvenirs que Justine a de sa propre grand-mère, qu’ un AVC a rendue aphasique, mais qui gardait une mémoire intacte pour fredonner les chansons de carnaval…

Pédagogue née (elle est Maître de Conférence en littérature à l’ULCO Dunkerque), Justine met aussi un point d’honneur à parsemer son récit de références scientifiques, littéraires, et culturelles d’une manière générale. Et toujours avec humour… Ainsi Caviar est un « cyprin doré », non un vulgaire poisson rouge, et son anatomie est détaillée au fil des pages, entre « branchies », « ouies » et « mâchoires pharyngiennes ». On apprend dans la bonne humeur que « ce qui monte doit nécessairement redescendre », et les notes de bas de pages sont succulentes :

Méphistophélique : adjectif qui veut dire diabolique, mais j’aime bien ce mot, parce qu’il fait peur et que ça en met plein la vue (…)

« les vieilles personnes qui « se hâtent avec lenteur » : c’est ce que dit La Fontaine de La Tortue qui se mesure au Lièvre dans sa fable (…)

« Alzheimer a ses raisons que la raison ignore, disait le philosophe… »

Le texte se suffirait à lui-même, Justine jouant aussi sur la taille et la morphologie des caractères utilisés… Mais il est rehaussé par les illustrations de Perceval Barrier, qui a su, sans concertation nous a confié Justine, trouver les images collant parfaitement aux mots…

Bref, ce récit, comme les précédents, est un régal pour les lecteurs de 7 à 77 ans. Vous ne connaissez pas les précédents ?! Allez vite voir, pour découvrir Qui veut la peau d’Otto Dafé ? Et ici vous serez tentés par les aventures de Zénobie Abernathy, dont le tome 2, A la Recherche du Big Louchard, est sorti récemment…

La suite des aventures de Zénobie Abernathy…

Et pour rencontrer la belle Justine, insomniaque qui écrit, pour peupler ses nuits et les imaginations de ses lecteurs de personnages plus attachants les uns que les autres, allez voir dans les librairies de la région… Elle s’y promène pas mal en ce moment…

Justine Jotham est à La Mare aux diables à Dunkerque, samedi 16 février. L’événement : ici.

Le site des Editions du Poulpe : .

La Page Facebook de Justine Jotham : ici.

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UN CHAT NOIR PRESQUE CENTENAIRE…

Enfin, pas tout à fait. C’est celle qui a créé l’incontournable Bal du Chat Noir qui fête ses 98 ans cette année. L’association Les Quat’Z’Arts est à ce jour la plus vieille société philanthropique dunkerquoise. Et la vieille dame se porte plutôt bien.. Portrait d’une association au grand cœur.

Le célèbre Chat de Geluck, parodié par Philippe Sagot.

Le célèbre Chat de Geluck, parodié par Philippe Sagot.

PLAISIR ET CHARITE

C’est la devise de l’asso depuis sa création en 1921. Plaisir et Charité. Ce sont les carnavaleux qui depuis tout ce temps permettent aux Quat’Z’Arts de financer tant de belles actions philanthropiques. En s’amusant au traditionnel Bal du Chat noir, et en se payant des pintes…

Le Bal du Chat noir, édition 2019.
Affiche 2016.

DES QUAT’Z’ARTS, UN CHAT NOIR, ET UNE ECOCUP POUR BOIRE…

Une belle surprise, et écologique en plus … Willy Moreews, Président par intérim depuis septembre 2018, et son équipe, innovent. Font preuve de créativité. Les Quat’z’arts  écolo : finis les verres jetables, on garde son verre … Le Chat noir se met au vert…

L’ecocup du Chat noir ou Quand le Chat noir se met au vert…

UNE HORLOGE, DOUZE COUPS DE MINUIT ET DES TAMBOURS MAJORS

Ce qui fait le charme du Bal du Chat Noir, c’est cette immense horloge qui décompte le temps jusqu’au lancement officiel de la saison carnavalesque. Majesté  des Tambours Majors et de la clique pour le chahut de minuit. Et ça, c’est le cadeau annuel des Quat’Z’Arts…

Les douze coups de minuit du Bal du Chat noir, édition 2018…

LE CHAT  VIEZ-VOUS ?

Que sont Les Quat’Z’Arts ? Pourquoi Le Chat Noir ? 1921. L’association naît à une époque où de grands auteurs comme Proust, Gide, Mauriac ou Colette font la une de l’actualité littéraire et artistique, aux côtés de Modigliani, Chagall ou du Douanier Rousseau. Et c’est Henri Ferrari qui la fonde. Convaincu par la devise latine : mens sana in corpore sano. Un esprit sain dans un corps sain. Les arts, oui. Le sport, aussi. Et le don de soi, par dessus tout. Un homme ne peut se réaliser, selon ce bienfaiteur de l’humanité, que s’il s’engage et milite pour autrui. Henri Ferrari s’était déjà illustré en créant en 1899 la première équipe de football dunkerquoise. Au lycée Jean Bart. Dont il était un ancien. Il est aussi à l’origine de la section cycliste du BACD Malo Rosendaël. Il invente même la presse sportive régionale !

Il décide donc de mettre en pratique sa foi en l’humanité en donnant naissance à une association philanthropique et en organisant un bal dont les bénéfices seront reversés aux plus démunis. En 1921, Montmartre est le creuset des arts. Tout le monde connaît le cabaret Le Chat noir, fondé par Rodolphe Salis en 1881. Cest tout naturellement, donc, que les pères fondateurs de l’association, étudiants aux Quat’Z’Arts (sculpture, peinture, architecture et gravure) lancent le thème du cabaret montmartrois comme décor à leurs premiers bals. À l’époque, d’ailleurs, les bals « du Chat Noir » ont lieu au Café George, Place du Théâtre à Dunkerque. Les Quat’Z’arts inventent le bal philanthropique. Et adoptent leur mascotte : le Chat noir.

Affiche du célèbre cabaret montmartrois LeCHat noir, fondé par Rodolphe Salis.

Affiche du célèbre cabaret montmartrois Le Chat noir, fondé par Rodolphe Salis.

Du Palais Jean Bart à la Salle de la Concorde, en passant par le Normandie Dancing, la Salle des Pompiers ou le Casino de Malo, Le Chat se promène et draine de plus en plus d’adeptes.  Les masquelours se retrouvent depuis 1984, et chaque année, au grand Kursaal. Michel Gadeyne, un des membres de l’association, publie un magnifique ouvrage en 1996, pour les 75 ans des Quat’Z’Arts, retraçant l’histoire de cette belle société. Il en rappelle les motivations :

Le philanthrope n’étudie ni ne disserte. Il apporte son aide aux plus démunis (…) L’association veut rendre à ceux qui l’ont perdue leur intégrité d’homme.

Et depuis 98 ans, portée par d’illustres figures dunkerquoises comme Paul Asseman, Gustave Fontaine ou Paul Verley, la générosité des Quat’Z’Arts soulage la difficulté de ceux qui sont dans le besoin. Les Resto du Cœur, La Banque alimentaire, les associations tournées vers le handicap ou le 3ème âge… Ce sont autant de dons pratiqués chaque année, et générés, entre autres, par les recettes du bal. Entre autres. Car les Quat’Z’Arts sont présents sur d’autres événements dunkerquois : les après-midis récréatifs du Petit Kursaal pour les personnes âgées, Dunkerque en Survêt’, les dons du sang, le traditionnel Salon du Vin et de la Bière ou  l’inénarrable Cô Pinard’s Cup. Ils ont même innové en 2016 en s’intégrant à l’action d’Octobre Rose, le mois de la lutte contre le cancer du sein. Car ils ont beau être 48 hommes membres de l’asso (pour huit femmes), derrière chaque homme, il y a une femme qui œuvre… Il n’y a qu’à voir qui sont les bénévoles présentes sur ces différents événements. 80 000 euros ainsi reversés en 2015. 60 000 en 2017. 80 000 euros à nouveau en 2018… Et pas seulement à des assos. À des particuliers aussi. Les Quat’Z’Arts financent par exemple des équipements plus ou moins lourds pour des personnes handicapées. Venir en aide aux plus démunis. Pascal Houdot insiste : si vous êtes dans la difficulté, n’hésitez pas à déposer une demande d’aide au siège de l’association Les Quat’Z’Arts : Bastion 32  Courtine 5 Route des Anciens Chantiers de France, 59140 Dunkerque.

98 ans, les Quat’Z’Arts ! Ce qu’on peut leur souhaiter pour leur anniversaire ? Laissons répondre Pascal Houdot :

Ce qu’on peut nous souhaiter ? Que chat va bien pour les années à venir !

La page Facebook des Quat’Z’Arts : ici.

Notre précédent article, pour le bal extraordinaire à l’occasion des 95 ans du Chat noir : là.

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galerie de 5 images : affiches du Bal du Chat Noir, aimablement transmises par Pascal Houdot, responsable de la Communication aux Quat’z’arts. Qu’il en soit remercié !

LA CHANDELEUR : PETIT COURS DE SYMBOLISME

Le 2 février, vous fêterez peut-être la chandeleur en faisant sauter des crêpes. Mais quelle est l’origine de cette tradition ? Et puis pourquoi des crêpes ? Et pourquoi tenir parfois une pièce dans la main ? Réponses dans cet article…

UN ENFANT ET DES CHANDELLES

La chandeleur, fête des chandelles, est une tradition très ancienne. Elle a lieu 40 jours exactement après Noël et commémore le jour où Marie et Joseph sont allés présenter leur premier né, Jésus, au Temple de Jérusalem. Marie, à l’instar de toutes les mères de confession juive, offre un sacrifice au dieu pour le remercier de lui avoir donné un enfant bien vivant.

Présentation de Jésus au Temple, Andrea Mantegna, 1465.
Présentation de Jésus au Temple, Andrea Mantegna, 1465.

Cette pratique rituelle fait référence à un autre épisode de la Bible : celui des Dix Plaies d’Égypte (cf le Livre de L’Exode). Les grenouilles, le Nil ensanglanté, les sauterelles…. vous connaissez. La dernière plaie : dieu fait mourir tous les nouveaux nés d’Égypte, sauf ceux des Hébreux. Ainsi, en mémoire de cet épisode, et dès le IVème siècle, toutes les jeunes mères pratiquent cette action de grâce et présentent leur enfant au Temple, en général 40 jours après leur naissance. Pourquoi 40 jours d’ailleurs ? Le nombre 40 est hautement symbolique et traditionnel. Jean Pierre Robin, dans un de ses anciens articles, en a étudié la récurrence dans nos sociétés et explique son origine : 40, la moitié d’une vie. Nombre de l’expiation, de la maturation nécessaire pour accéder à une sorte de sagesse…. Un extrait de son article :

Les 40 jours de pluie du déluge, les 40 ans du séjour du peuple hébreu dans le désert, les 40 jours passés par Moïse sur le mont Sinaï. C’est également la durée du séjour de Jésus dans le désert au lendemain de son baptême, et le temps pour enseigner ses disciples après sa Résurrection et jusqu’à son Ascension. Il n’y a pas que les durées qui soient en jeu : quand il faut décompter les étables du roi Salomon ou les vaches offertes par Jacob à Esaü, c’est immanquablement le 40 qui revient. La suite de l’article : ici.

Mais revenons à notre Chandeleur… La coutume s’étend rapidement dans le monde chrétien. Au VIIème siècle, à Rome, on organise des processions de pénitence,  à la lumière de cierges (que l’on bénit à partir du Xème siècle). Fête de la lumière :  de ces « chandelles » que sont les cierges. Fête de la lumière :  cet enfant Jésus que Syméon ou Simon, personnage de l’Évangile de Luc, présent le jour de la Présentation de Jésus au Temple, reconnaît  comme « Lumière pour éclairer les nations ».

Syméon, peint par Alexey Yegorov (1830-1840).
Syméon, peint par Alexey Yegorov (1830-1840).

DES PETITS SOLEILS DANS VOTRE ASSIETTE

La crêpe est ronde et dorée, comme un petit soleil, source de lumière. Elle annonce, comme la chandelle, le retour de la lumière qui s’est amorcé au Solstice d’hiver,  auquel est superposée la fête de Noël pour les chrétiens. Et puis, elle est faite, dès le Vème siècle où elle est associée à la fête des chandelles, de froment ou de blé : symbole des moissons futures. D’ailleurs, la pièce qu’on tient souvent dans la main pour faire sauter la première crêpe est une conjuration du mauvais sort, un appel à la prospérité et à l’abondance.

La crêpe ressemble à un petit soleil...
La crêpe ressemble à un petit soleil…

Et vous, comment préférez-vous vos crêpes ? À la bière ? Au rhum ? Sucrée ? Salée ? … Au moins, vous saurez maintenant pourquoi on fait des crêpes à la Chandeleur…

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LE BAIN DES GIVRES DU 1er JANVIER : CARNAMALO LES BAINS !

Un petit air de carnaval dunkerquois envahit la plage de Malo chaque 1er janvier depuis plus de 15 ans déjà. Coutume colorée et joyeuse qui habille l’hiver de rires et de chaleur. Mardi 1er janvier 2019, vers midi, il fera entre 5 et 9 degrés sur la plage, avec un vent de 15 km/h environ. Et l’eau sera à 10 degrés. Qui osera se mouiller ?

Bain des Givrés 2018. Photo de Jean Jepi.

1ER JANVIER : CARNAMALO

La Sirène goûte l’eau de la Mer du Nord avant de donner le départ… Photo de Jean Jepi.

Voici l’invitation de La Sirène, personnage phare de cet événement :

Le départ de cet amusant rendez-vous aura lieu à midi pile, sur la plage de Malo les bains face au « Malouin ». Et cette année encore, un ptit bol de soupe, un ptit certificat de taux de pénétration dans l’eau et des ptites surprises (en fonction de l’imagination disponible), seront offerts aux radieux baigneurs.

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UNE BRÈVE HISTOIRE DU BAIN DE MER

L’usage curatif des bains de mer est attesté dès le XIVème siècle. Mais c’est le seul cas où on ose se baigner. La mer, la plage, et les plaisirs qui y sont liés n’existent que depuis la fin du XIXème siècle. Avant cette date, la mer est considérée comme un élément plutôt hostile, sauvage. On ne s’y baigne pas. Encore, ose-t-on s’y promener, de loin.

C’est l’Angleterre qui invente la baignade, à la fin du XVIIème siècle. Le bain, prescription médicale, prend progressivement des allures d’opération commerciale. En 1753, le docteur Charles Russel publie Les effets des bains de mer sur les glandes, conseillant de boire l’eau de mer et s’y baigner pour des raisons médicales mais aussi religieuses. La Révolution Industrielle permet ensuite à la bourgeoisie et à la haute bourgeoisie anglaises, de s’adonner à ce loisir nouveau et considéré comme luxueux.

La France est touchée par cette nouvelle vague à la fin du XVIIIe : en 1785, Cléry de Bécourt fonde à Boulogne-sur-Mer le plus ancien établissement français de bains de mer chauds.    Dieppe, Le Croisic, La Rochelle, puis Cherbourg voient s’ouvrir des établissement de balnéothérapie. Le développement des transports ferroviaires, puis de l’automobile, va favoriser ce nouveau mode de villégiature. Réservé quand même à la haute société. C’est 1936, le Front populaire et les congés payés qui permettront à une plus large population de « partir à la mer ».

La plage de Malo les Bains suit la même évolution. Détachée de la commune de Rosendaël en 1891 et fusionnée avec Dunkerque en 1969, dont elle constitue aujourd’hui l’un des quartiers, Malo voit fleurir sa plage de touristes à partir de la fin du XIXème siècle.

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Malo-les-Bains est officiellement classée  « Station balnéaire et Touristique » en 1989.

Les costumes de bain ont, eux aussi, évolué… À la fin du XIXème siècle, et jusque dans les années 1930, les baigneurs sont couverts des pieds à la tête.

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La pudeur interdit encore de dévoiler le corps. Les cabines de plage permettent aux dames d’être transportées jusqu’au bord de l’eau, puis d’être ramenées sur la digue, sans atteinte aux bonnes mœurs…

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Mardi 1er janvier 2019, midi, plage de Malo, les costumes de bain auront une autre allure… Alors, qui osera se mouiller ?

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