SASSOU ASSASSIN. FRANCE A FRIC COMPLICE.

Titre d’article qui en dit long sur une colère. Ou une exaspération. Ou un sentiment d’impuissance face à une politique mondiale assujettie aux lois de la finance. Politique occidentale qui ne voit que ses intérêts. Financiers bien évidemment. Au mépris de vies humaines. Au mépris des Droits de l’Homme que ce même Occident veut transmettre de façon universelle aux pays du monde entier. Quel cynisme ! Après les Panama Papers, voici la Brazzaville Terreur. Avec une France à fric complice. On se calme, et on vous explique…

Carte du Congo Brazzaville.
Carte du Congo Brazzaville.
Drapeau du Congo Brazzaville.
Drapeau du Congo Brazzaville.

PRÉSIDENT DIDACTEUR, RETOUR SUR UN COUP D’ÉTAT CONSTITUTIONNEL

Denis Sassou Nguesso, Président du Congo Brazzaville depuis plus de 32 ans maintenant, organise en octobre dernier un référendum pour consulter la population sur une modification de la Constitution du pays. Ceci malgré  la mise en garde  de la présidente de l’Union africaine, Nkosazana Dlamini-Zuma, qui avait appelé au respect de la Charte africaine de la démocratie, des élections et de la gouvernance. Charte qui interdit les changements constitutionnels à des fins personnelles… La modification est évidemment votée et entérinée, à l’issue de ce suffrage aux allures de mascarade. Et personne ne proteste. Nulle part. Sassou Nguesso fait ainsi  sauter les deux verrous lui interdisant de briguer un troisième mandat présidentiel en 2016 : la limite d’âge et celle du nombre des mandats. (relire notre article à ce sujet : ici).

PRÉSIDENT SANGUINAIRE

Les élections présidentielles ont donc eu lieu en mars 2016. Autre mascarade électorale. Sassou est élu, évidemment. Les candidats de l’opposition, comme le Général du peuple, Jean-Marie Michel MOKOKO (originaire du nord comme Sassou-Nguesso), dont la candidature à la présidentielle a rencontré l’adhésion d’une partie importante dans le sud du pays, contestent les résultats. Ils sont nombreux à appeler à des mouvements de «désobéissance civile». Sorte de « Nuit debout » à la congolaise. Sauf que là-bas, Sassou ne plaisante pas. Il fait massacrer toute une partie de la population du sud de Brazzaville. Des scènes de tueries à Pointe Noire aussi. Afin de terroriser la population bien sûr. Afin de créer le chaos dans le pays. Et transformer ces luttes électorales en un véritable conflit Nord Sud au cœur du pays. Voire un conflit ethnique…

Les citadins fuient les quartiers éloignés pour se réfugier dans les campagnes.
Les citadins fuient les quartiers éloignés pour se réfugier dans les campagnes.

Cela ne vous rappelle pas de vieux souvenirs ? Des milices armées jusqu’aux dents, précédées par des hélicoptères (pilotés par des Blancs…) tirent sur tout ce qui bouge. Les populations, hommes femmes, enfants, se réfugient où ils peuvent. Et sont massacrés sur place… Ci-dessous la manifestation de la diaspora congolaise de France à Paris, dimanche 10 avril 2016 :

LA FRANCE À FRIC COMPLICE

Pas d’autoflagellation mal placée. Juste un constat : la République Française a tergiversé longtemps lors du référendum sur la modification de la Constitution. Arguant du « Droit des peuples à disposer d’eux-mêmes », ou quelque chose d’approchant… Quel cynisme… En effet, François Hollande déclarait, félicitant en passant la population du Burkina Faso d’avoir empêché un coup d’État en 2014, qu’il fallait « faire respecter le droit et permettre que l’on empêche de réviser une Constitution, une loi fondamentale pour une convenance personnelle ». Ça, c’était en 2014… Quelques jours avant le référendum d’octobre 2015, en reconnaissant à son homologue congolais « le droit de consulter son peuple », François Hollande s’était attiré les foudres de la presse africaine francophone. Il a rectifié  ensuite en disant souhaiter « que les Constitutions soient respectées et que les consultations électorales se tiennent dans des conditions de transparence incontestables ». N’empêche que par son indécision et son manque de courage, la France ne dit rien. Elle ne fait qu’encourager une dictature. Et continue à se servir au passage. Ah si ! elle fait quand même quelque chose : elle met quand même en garde les ressortissants Français du Congo Brazzaville. Voici le communiqué du Quai d’Orsay, daté du 4 avril 2016 :

Après l’incursion cette nuit d’éléments armés au sud de Brazzaville, des opérations sont en cours dans la capitale. A Pointe Noire, des heurts ont actuellement lieu en périphérie de la ville avec la Police. A Brazzaville, il est demandé à tous les ressortissants français de demeurer confinés à leur domicile, en particulier dans les quartiers Sud. Le lycée Saint Exupéry et l’Institut français sont fermés. A Pointe Noire, il est fortement recommandé d’éviter les quartiers périphériques ainsi que les déplacements non indispensables. Il convient de se tenir éloigné des lieux de rassemblement et de garder la plus grande vigilance. Source : http://www.diplomatie.gouv.fr/fr/conseils-aux-voyageurs/conseils-par-pays/congo/

La France a plutôt intérêt à être amie ami avec Sassou. Voici un article, datant de août 2015 publié sur le site de l’Ambassade de France à Brazzaville, sous l’égide du Ministère des Affaires Étrangères :

Les entreprises françaises jouent un rôle de premier plan dans l’économie congolaise. Le groupe pétrolier Total a investi plus de deux milliards d’euros dans les trois dernières années et investira vraisemblablement autant dans les trois prochaines années. Le groupe Bolloré s’est engagé à aménager le terminal conteneurs de Pointe Noire ce qui représente un investissement de 570 millions d’euros. L’ensemble de ces chantiers induisent à leur tour des investissements de fournisseurs et sous-traitants et majorent de 50% les chiffres précédents. (…) la France bénéficie à plein des investissements en cours pour reconstruire le pays et développer ses ressources. Les entreprises françaises disposent de près de 120 implantations dont la moitié sous forme de filiales qui emploient plus d’un millier d’expatriés – dont nombre de double nationaux – en premier lieu à Pointe Noire où réside plus de la moitié d’entre eux. (…) les statistiques internationales (balances des paiements des banques centrales) continuent de placer la France en tête des pays investisseurs (en stock comme en flux). La France demeure également le premier fournisseur du pays. Les exportations françaises ont doublé en quatre ans à 456 millions d’euros en 2009. Elles sont tirées autant par une poignée de grands contrats d’équipement pétroliers ou d’infrastructures, que par de nombreuses petits courants d’affaires. Elles bénéficient de l’antériorité d’une communauté française en croissance, de 5500 personnes. (voir la totalité de l’article ici.)

Le ministre de la Défense français, Jean-Yves Le Drian, et Sassou Nguesso, lors de la COP 21 (en partie financée par le dictateur...)
Le ministre de la Défense français, Jean-Yves Le Drian, et Sassou Nguesso, lors de la COP 21 (en partie financée par le dictateur…)

Et pour achever ce tableau cynique d’une France qui ferme les yeux sur un génocide balbutiant pour continuer son commerce, voici un autre exemple, édifiant aussi, relaté par L’OBS du 30 mars 2016. Anne Gravoin, l’épouse du Premier Ministre Emmanuel Valls, est depuis 2013 à la tête d’un orchestre, l’Alma Chamber Orchestra, qui dit vouloir « diffuser un message de paix et de fraternité« . Il s’est déjà produit au Maghreb, en Afrique du Sud, au Moyen-Orient, et le 8 janvier dernier, à la Philharmonie de Paris. Anne Gravoin en est le premier violon et la directrice artistique. L’OBS révèle les noms de ceux qui ont permis à la presque première dame de se hisser à la tête de cette formation et lui organisent des concerts à travers le monde. On y trouve, entre autres, Jean-Yves Ollivier, figure de la Françafriquehomme de confiance du président du Congo-Brazzaville, Denis Sassou-Nguesso ;  il a aidé à l’organisation de la tournée de l’Alma Chamber Orchestra en Afrique du Sud, en avril 2015. Avec la Fondation Brazzaville, qu’il préside, il a aussi parrainé le concert de l’orchestre à la Philharmonie de Paris. Il a reçu les insignes d’officier de la Légion d’honneur des mains de Manuel Valls en juin 2015, deux mois après la tournée sud-africaine… Un éclairage sur ce personnage, ici.

Jean Yves Ollivier. Pour en savoir plus sur cet étrange personnage : https://blogs.mediapart.fr/jecmaus/blog/281113/sassou-nguesso-et-jean-yves-ollivier-en-mal-de-propagande
Jean Yves Ollivier, conseiller de Sassou Nguesso.

On y trouve aussi Ivor Ichikowitz, président de Paramount, le plus important groupe d’armement en Afrique, principal fournisseur d’armes (blindés, avions de combat) de Denis Sassou Nguesso. Sa Fondation Ichikowitz, partenaire de l’Alma Chamber Orchestra, a pris en charge la logistique et la promotion des concerts donnés à Johannesburg, à Durban et à Soweto.  Sassou et Mme Valls. Quel étonnant duo… La totalité de l’article publié par L’OBS : .

Voilà pourquoi tant de colère… Le politique n’est-il donc jamais vertueux ? La complaisance est-elle toujours l’alliée du pouvoir ? Un homme politique peut-il fermer les yeux sur ses intérêts financiers et sur un pouvoir étendu plutôt que de fermer les yeux sur les tragédies dont il se retrouve complice ?

Sources : page Facebook de Zenga Mambu Congo-Brazzaville ainsi que www.congo-liberty.com 

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QUI SE SOUCIE DU CONGO BRAZZAVILLE ?

Le Congo, kesako ? Qu’est-ce qui se passe ? On entend parler d’un référendum, de révoltes, d’ingérence de la France mais aussi d’indifférence, voire de mépris. On vous explique ici.

sassou

CHRONIQUE D’UNE DICTATURE ANNONCÉE

Le Président Denis SASSOU NGUESSO a proposé un référendum, dimanche 25 octobre 2015, pour que la population de son pays donne son avis (oui, bulletin vert / non, bulletin rouge) concernant une modification de la Constitution. Ceci lui permettrait de faire sauter les verrous lui interdisant de briguer d’autres mandats présidentiels et de se maintenir, ainsi, indéfiniment au pouvoir. Démarche, et cumul des mandats, que la Constitution du CONGO-Brazzaville ne permet actuellement pas.  Le Président Denis SASSOUS NGUESSO totalise 32 ans d’exercice de la fonction de Président de la République et plus de 41 ans en tant que membre du Gouvernement … Ça ressemble à un Coup d’État constitutionnel…

LA POSITION DE LA FRANCE

Elle est floue et mouvante. C’est le moins qu’on puisse dire… Voilà ce que déclarait le Président Hollande le vendredi 21 novembre 2014, lorsqu’il remettait le prix de la Fondation Chirac pour la prévention des conflits, à la blogueuse et militante tunisienne des Droits de l’Homme, Amira Yahyaoui :

« L’Afrique, elle, a besoin aussi que l’on promeuve partout les valeurs démocratiques. Et encore ces derniers jours, la population du Burkina Faso a fait une belle démonstration qui doit, à mon avis, faire réfléchir ceux qui voudraient se maintenir au-delà du temps nécessaire à la tête de leur pays en violant l’ordre constitutionnel. Parce que ce qu’a fait la population du Burkina Faso, c’est tout simplement de faire respecter le droit et de permettre que l’on empêche de réviser une Constitution, une loi fondamentale pour une convenance personnelle ». Ça, c’était en 2014…

Quelques jours avant le référendum, en reconnaissant à son homologue congolais « le droit de consulter son peuple », François Hollande s’était attiré les foudres de la presse africaine francophone. Il a rectifié  depuis en disant souhaiter « que les Constitutions soient respectées et que les consultations électorales se tiennent dans des conditions de transparence incontestables ».

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L’Union Européenne, tout comme la présidente de l’Union africaine, Nkosazana Dlamini-Zuma, ont, quant à elles, appelé au respect de la Charte africaine de la démocratie, des élections et de la gouvernance. Une charte qui interdit les changements constitutionnels à des fins personnelles…

LE VOTE

Pour le pouvoir congolais, la victoire est pourtant sans appel : 92,96 % des votants se sont prononcés en faveur de la nouvelle Loi fondamentale, qui permet au président, Denis Sassou-Nguesso, de se représenter en 2016. 72,44 % du corps électoral aurait participé au scrutin.

L’opposition, qui s’est empressée de dénoncer une « tricherie », a appelé à « la désobéissance civile » pour faire obstacle au texte. Tous les observateurs sur place ont en effet constaté que la population avait déserté les bureaux de vote. Le Front républicain pour le respect de l’ordre constitutionnel et l’alternance démocratique (Frocad), une des deux principales plates-formes de l’opposition, estimait lundi la participation à  10 % …

Le projet soumis au référendum fait sauter les deux verrous interdisant à Denis Sassou-Nguesso de briguer un troisième mandat présidentiel en 2016 : la limite d’âge et celle du nombre des mandats.

UN SOUTIEN QUI LAISSE PERPLEXE…

Le seul qui s’alarme de la dictature qui est en train de s’installer au Congo Brazaville, et qui doit sourire des tergiversations des partis républicains traditionnels, c’est …. Louis Aliot ! Député Français au Parlement Européen (Groupe ENL – Europe des Nations et des Libertés), élu de la circonscription Sud-Ouest (Languedoc-Roussillon, Midi-Pyrénées, Aquitaine), Vice-Président du …. Front National !

Alors, Charybde ou Scylla ?

Pourquoi les Partis Républicains traditionnels, défenseurs de la démocratie, se taisent-ils ? Quel est l’intérêt du Président François Hollande à tergiverser et à ne pas se positionner efficacement ? Cautionne-t-il ? Pourquoi le Parti Socialiste, pour lequel de nombreux Africains ayant la nationalité française votent par conviction et par tradition, ne se prononce-t-il pas clairement ?

LA VOIX DU PEUPLE

Des morts, des blessés graves, des disparitions inexpliquées, des interrogatoires « musclés », pour ne pas dire des tortures… Voilà encore ce que les grands médias ne disent pas…

Pour conclure, laissons la parole à  un Congolais« Si les Congolais doivent mourir à cause de TOTAL, de Bolloré et autres intérêts de Mon-amie-la-France, alors, tant qu’à faire, les Congolais doivent mourir en vaillants combattants, en faisant très bien comprendre à  Mon-amie-la-France  que LA VIE HUMAINE EST PLUS SACRÉE QUE TOTAL, Bolloré et autres ». Marie-Louise ABIA, message diffusé le 28 octobre 2015, par www.congo-liberty.com

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Sources des informations : congo.liberty.com, RFI, le blog de La Voix du Peuple, Le Monde.fr

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