CAVIAR, POISSON STAR

« Mémoire d’éléphant, voix cristalline, écailles scintillantes et sourire bright ». Voici le portrait de Caviar, star du dernier opus pour la jeunesse de Justine Jotham. Et pourquoi pas faire chanter un oiseau plutôt ? Trop facile ! Faire chanter un poisson, voilà un défi à la hauteur des talents de l’auteure dunkerquoise. Et défi relevé ! Depuis le 7 février dernier, Caviar chante et enchante tous ses lecteurs et a trouvé sa place dans la collection « Nos amies les sales bêtes » des Editions du Poulpe. Caviar… pas si sale et pas si bête que ça…

Portrait de Caviar, poisson star.

Caviar poisson star, c’est d’abord une photographie intéressante de notre société… Un père macho qui travaille beaucoup, Jean Bernard. Une maman qui travaille beaucoup, aussi, Prunelle… Une grand-mère qui ne s’entend pas avec son gendre et atteinte de la maladie d’Alzheimer, Mémé. A l’école, c’est pas mieux. Madame la Directrice ne connaît pas la bienveillance. Quand Léopold apporte son poisson en classe, elle invite les autres élèves à se moquer de ce pourtant si touchant duo. On appelle ça du harcèlement aujourd’hui. Ici, il est même encouragé :

« Caviar ? HA HA HA ! Vous avez entendu ça, les enfants ? Qu’est-ce que c’est que ce nom ?

– Bouh ! Léopold ! La honte ! HA HA HA !!! HA HA HA !!! s’esclaffent les élèves en pointant du doigt le marmot dépité.

Léopold observe ses pieds et ses baskets trop petites aux lacets défaits. Défait, il l’est aussi – abattu, rompu, vaincu. Ses iris joliment bleutés se noient dans les larmes et son regard est vague et translucide. Je sais bien que, par principe, je n’aime pas les mouflets, mais Léopold est différent dans sa fragilité. Différent…

Justine Jotham a des souvenirs malheureux de l’école maternelle, nous confie t elle… Enseignante quelques années en collège, elle a eu le temps de se forger une opinion : « Je ne suis pas sûre que les enfants soient heureux à l’école, heureux de ce qu’on leur propose. Malgré l’illusion de « bienveillance, d’ « ouverture »  » et de « confiance »…

Justine Jotham, Maître de Conférences en Littérature à l’ULCO Dunkerque, et auteure jeunesse.

Sous la plume de Justine, c’est Caviar qui raconte. Star de la chanson. Et star du récit. Poignante, la solitude du petit Léopold. C’est Mémé, qui perd la boule, et Goldy, rebaptisé Caviar, qui vont, vous l’avez compris, combler ce vide affectif.

Goldy, c’est son premier nom, nom d’artiste, du temps où il partageait la vie et la scène avec Miss Silver, vedette de la chanson, apporte gaieté et amour dans la vie du petit héros. Chaque chapitre s’ouvre en musique… Et on s’amuse à reconnaître ici ou là des airs connus cachés dans les paroles retravaillées de Caviar Poisson Star :

« C’est la java des aieux,

La plus belle des ritournelles… »


Comme chez Beaumarchais, tout finit avec de l’amour et des chansons…

Mais chut ! Je n’en dis pas plus. A vous de découvrir l’histoire…

Caviar… à déguster !

Un narrateur chanteur. Une auteure musicienne. Cela va de soi. Tromboniste à l’Orchestre Semper Fidelis, Justine Jotham voue une adoration pour Le Lac des Cygnes de Tchaïkovski. Elle passe du temps sur sa batterie électronique ; la Mémé de Léopold est d’ailleurs percussionniste sur batterie… de cuisine ! Cette Mémé est attachante dans sa folie douce ; elle est née des souvenirs que Justine a de sa propre grand-mère, qu’ un AVC a rendue aphasique, mais qui gardait une mémoire intacte pour fredonner les chansons de carnaval…

Pédagogue née (elle est Maître de Conférence en littérature à l’ULCO Dunkerque), Justine met aussi un point d’honneur à parsemer son récit de références scientifiques, littéraires, et culturelles d’une manière générale. Et toujours avec humour… Ainsi Caviar est un « cyprin doré », non un vulgaire poisson rouge, et son anatomie est détaillée au fil des pages, entre « branchies », « ouies » et « mâchoires pharyngiennes ». On apprend dans la bonne humeur que « ce qui monte doit nécessairement redescendre », et les notes de bas de pages sont succulentes :

Méphistophélique : adjectif qui veut dire diabolique, mais j’aime bien ce mot, parce qu’il fait peur et que ça en met plein la vue (…)

« les vieilles personnes qui « se hâtent avec lenteur » : c’est ce que dit La Fontaine de La Tortue qui se mesure au Lièvre dans sa fable (…)

« Alzheimer a ses raisons que la raison ignore, disait le philosophe… »

Le texte se suffirait à lui-même, Justine jouant aussi sur la taille et la morphologie des caractères utilisés… Mais il est rehaussé par les illustrations de Perceval Barrier, qui a su, sans concertation nous a confié Justine, trouver les images collant parfaitement aux mots…

Bref, ce récit, comme les précédents, est un régal pour les lecteurs de 7 à 77 ans. Vous ne connaissez pas les précédents ?! Allez vite voir, pour découvrir Qui veut la peau d’Otto Dafé ? Et ici vous serez tentés par les aventures de Zénobie Abernathy, dont le tome 2, A la Recherche du Big Louchard, est sorti récemment…

La suite des aventures de Zénobie Abernathy…

Et pour rencontrer la belle Justine, insomniaque qui écrit, pour peupler ses nuits et les imaginations de ses lecteurs de personnages plus attachants les uns que les autres, allez voir dans les librairies de la région… Elle s’y promène pas mal en ce moment…

Justine Jotham est à La Mare aux diables à Dunkerque, samedi 16 février. L’événement : ici.

Le site des Editions du Poulpe : .

La Page Facebook de Justine Jotham : ici.

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UN CHAT NOIR PRESQUE CENTENAIRE…

Enfin, pas tout à fait. C’est celle qui a créé l’incontournable Bal du Chat Noir qui fête ses 98 ans cette année. L’association Les Quat’Z’Arts est à ce jour la plus vieille société philanthropique dunkerquoise. Et la vieille dame se porte plutôt bien.. Portrait d’une association au grand cœur.

Le célèbre Chat de Geluck, parodié par Philippe Sagot.

Le célèbre Chat de Geluck, parodié par Philippe Sagot.

PLAISIR ET CHARITE

C’est la devise de l’asso depuis sa création en 1921. Plaisir et Charité. Ce sont les carnavaleux qui depuis tout ce temps permettent aux Quat’Z’Arts de financer tant de belles actions philanthropiques. En s’amusant au traditionnel Bal du Chat noir, et en se payant des pintes…

Le Bal du Chat noir, édition 2019.
Affiche 2016.

DES QUAT’Z’ARTS, UN CHAT NOIR, ET UNE ECOCUP POUR BOIRE…

Une belle surprise, et écologique en plus … Willy Moreews, Président par intérim depuis septembre 2018, et son équipe, innovent. Font preuve de créativité. Les Quat’z’arts  écolo : finis les verres jetables, on garde son verre … Le Chat noir se met au vert…

L’ecocup du Chat noir ou Quand le Chat noir se met au vert…

UNE HORLOGE, DOUZE COUPS DE MINUIT ET DES TAMBOURS MAJORS

Ce qui fait le charme du Bal du Chat Noir, c’est cette immense horloge qui décompte le temps jusqu’au lancement officiel de la saison carnavalesque. Majesté  des Tambours Majors et de la clique pour le chahut de minuit. Et ça, c’est le cadeau annuel des Quat’Z’Arts…

Les douze coups de minuit du Bal du Chat noir, édition 2018…

LE CHAT  VIEZ-VOUS ?

Que sont Les Quat’Z’Arts ? Pourquoi Le Chat Noir ? 1921. L’association naît à une époque où de grands auteurs comme Proust, Gide, Mauriac ou Colette font la une de l’actualité littéraire et artistique, aux côtés de Modigliani, Chagall ou du Douanier Rousseau. Et c’est Henri Ferrari qui la fonde. Convaincu par la devise latine : mens sana in corpore sano. Un esprit sain dans un corps sain. Les arts, oui. Le sport, aussi. Et le don de soi, par dessus tout. Un homme ne peut se réaliser, selon ce bienfaiteur de l’humanité, que s’il s’engage et milite pour autrui. Henri Ferrari s’était déjà illustré en créant en 1899 la première équipe de football dunkerquoise. Au lycée Jean Bart. Dont il était un ancien. Il est aussi à l’origine de la section cycliste du BACD Malo Rosendaël. Il invente même la presse sportive régionale !

Il décide donc de mettre en pratique sa foi en l’humanité en donnant naissance à une association philanthropique et en organisant un bal dont les bénéfices seront reversés aux plus démunis. En 1921, Montmartre est le creuset des arts. Tout le monde connaît le cabaret Le Chat noir, fondé par Rodolphe Salis en 1881. Cest tout naturellement, donc, que les pères fondateurs de l’association, étudiants aux Quat’Z’Arts (sculpture, peinture, architecture et gravure) lancent le thème du cabaret montmartrois comme décor à leurs premiers bals. À l’époque, d’ailleurs, les bals « du Chat Noir » ont lieu au Café George, Place du Théâtre à Dunkerque. Les Quat’Z’arts inventent le bal philanthropique. Et adoptent leur mascotte : le Chat noir.

Affiche du célèbre cabaret montmartrois LeCHat noir, fondé par Rodolphe Salis.

Affiche du célèbre cabaret montmartrois Le Chat noir, fondé par Rodolphe Salis.

Du Palais Jean Bart à la Salle de la Concorde, en passant par le Normandie Dancing, la Salle des Pompiers ou le Casino de Malo, Le Chat se promène et draine de plus en plus d’adeptes.  Les masquelours se retrouvent depuis 1984, et chaque année, au grand Kursaal. Michel Gadeyne, un des membres de l’association, publie un magnifique ouvrage en 1996, pour les 75 ans des Quat’Z’Arts, retraçant l’histoire de cette belle société. Il en rappelle les motivations :

Le philanthrope n’étudie ni ne disserte. Il apporte son aide aux plus démunis (…) L’association veut rendre à ceux qui l’ont perdue leur intégrité d’homme.

Et depuis 98 ans, portée par d’illustres figures dunkerquoises comme Paul Asseman, Gustave Fontaine ou Paul Verley, la générosité des Quat’Z’Arts soulage la difficulté de ceux qui sont dans le besoin. Les Resto du Cœur, La Banque alimentaire, les associations tournées vers le handicap ou le 3ème âge… Ce sont autant de dons pratiqués chaque année, et générés, entre autres, par les recettes du bal. Entre autres. Car les Quat’Z’Arts sont présents sur d’autres événements dunkerquois : les après-midis récréatifs du Petit Kursaal pour les personnes âgées, Dunkerque en Survêt’, les dons du sang, le traditionnel Salon du Vin et de la Bière ou  l’inénarrable Cô Pinard’s Cup. Ils ont même innové en 2016 en s’intégrant à l’action d’Octobre Rose, le mois de la lutte contre le cancer du sein. Car ils ont beau être 48 hommes membres de l’asso (pour huit femmes), derrière chaque homme, il y a une femme qui œuvre… Il n’y a qu’à voir qui sont les bénévoles présentes sur ces différents événements. 80 000 euros ainsi reversés en 2015. 60 000 en 2017. 80 000 euros à nouveau en 2018… Et pas seulement à des assos. À des particuliers aussi. Les Quat’Z’Arts financent par exemple des équipements plus ou moins lourds pour des personnes handicapées. Venir en aide aux plus démunis. Pascal Houdot insiste : si vous êtes dans la difficulté, n’hésitez pas à déposer une demande d’aide au siège de l’association Les Quat’Z’Arts : Bastion 32  Courtine 5 Route des Anciens Chantiers de France, 59140 Dunkerque.

98 ans, les Quat’Z’Arts ! Ce qu’on peut leur souhaiter pour leur anniversaire ? Laissons répondre Pascal Houdot :

Ce qu’on peut nous souhaiter ? Que chat va bien pour les années à venir !

La page Facebook des Quat’Z’Arts : ici.

Notre précédent article, pour le bal extraordinaire à l’occasion des 95 ans du Chat noir : là.

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galerie de 5 images : affiches du Bal du Chat Noir, aimablement transmises par Pascal Houdot, responsable de la Communication aux Quat’z’arts. Qu’il en soit remercié !

LE BAIN DES GIVRES DU 1er JANVIER : CARNAMALO LES BAINS !

Un petit air de carnaval dunkerquois envahit la plage de Malo chaque 1er janvier depuis plus de 15 ans déjà. Coutume colorée et joyeuse qui habille l’hiver de rires et de chaleur. Mardi 1er janvier 2019, vers midi, il fera entre 5 et 9 degrés sur la plage, avec un vent de 15 km/h environ. Et l’eau sera à 10 degrés. Qui osera se mouiller ?

Bain des Givrés 2018. Photo de Jean Jepi.

1ER JANVIER : CARNAMALO

La Sirène goûte l’eau de la Mer du Nord avant de donner le départ… Photo de Jean Jepi.

Voici l’invitation de La Sirène, personnage phare de cet événement :

Le départ de cet amusant rendez-vous aura lieu à midi pile, sur la plage de Malo les bains face au « Malouin ». Et cette année encore, un ptit bol de soupe, un ptit certificat de taux de pénétration dans l’eau et des ptites surprises (en fonction de l’imagination disponible), seront offerts aux radieux baigneurs.

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UNE BRÈVE HISTOIRE DU BAIN DE MER

L’usage curatif des bains de mer est attesté dès le XIVème siècle. Mais c’est le seul cas où on ose se baigner. La mer, la plage, et les plaisirs qui y sont liés n’existent que depuis la fin du XIXème siècle. Avant cette date, la mer est considérée comme un élément plutôt hostile, sauvage. On ne s’y baigne pas. Encore, ose-t-on s’y promener, de loin.

C’est l’Angleterre qui invente la baignade, à la fin du XVIIème siècle. Le bain, prescription médicale, prend progressivement des allures d’opération commerciale. En 1753, le docteur Charles Russel publie Les effets des bains de mer sur les glandes, conseillant de boire l’eau de mer et s’y baigner pour des raisons médicales mais aussi religieuses. La Révolution Industrielle permet ensuite à la bourgeoisie et à la haute bourgeoisie anglaises, de s’adonner à ce loisir nouveau et considéré comme luxueux.

La France est touchée par cette nouvelle vague à la fin du XVIIIe : en 1785, Cléry de Bécourt fonde à Boulogne-sur-Mer le plus ancien établissement français de bains de mer chauds.    Dieppe, Le Croisic, La Rochelle, puis Cherbourg voient s’ouvrir des établissement de balnéothérapie. Le développement des transports ferroviaires, puis de l’automobile, va favoriser ce nouveau mode de villégiature. Réservé quand même à la haute société. C’est 1936, le Front populaire et les congés payés qui permettront à une plus large population de « partir à la mer ».

La plage de Malo les Bains suit la même évolution. Détachée de la commune de Rosendaël en 1891 et fusionnée avec Dunkerque en 1969, dont elle constitue aujourd’hui l’un des quartiers, Malo voit fleurir sa plage de touristes à partir de la fin du XIXème siècle.

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Malo-les-Bains est officiellement classée  « Station balnéaire et Touristique » en 1989.

Les costumes de bain ont, eux aussi, évolué… À la fin du XIXème siècle, et jusque dans les années 1930, les baigneurs sont couverts des pieds à la tête.

costumes de bain

La pudeur interdit encore de dévoiler le corps. Les cabines de plage permettent aux dames d’être transportées jusqu’au bord de l’eau, puis d’être ramenées sur la digue, sans atteinte aux bonnes mœurs…

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Mardi 1er janvier 2019, midi, plage de Malo, les costumes de bain auront une autre allure… Alors, qui osera se mouiller ?

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SAINT MARTIN : DE L’INDIGNATION A L’AMOUR

En ce moment, ne demandez pas aux enfants ce qui se passe le 11 novembre. Ils vous rétorqueront que ce n’est pas le 11 novembre qui compte, mais le 10 ! La Saint Martin. Fête populaire dans le dunkerquois, certes, mais aussi un peu partout en Europe du Nord. Pourquoi un tel engouement ? Qu’est-ce qui dans la vie du personnage a retenu l’attention du temps et des hommes pour que la figure historique devienne légendaire ?

DU GLAIVE À LA CROSSE

Saint Martin, tout le monde le connaît… ou croit le connaître. En soutane épiscopale pourpre ou mauve, coiffé de sa mitre et tenant sa crosse, on le voit chaque dixième jour de novembre arpenter les rues de nos communes du nord du Nord, accompagné de son inénarrable âne. Et distribuant, pour le bonheur des enfants, croquendoules et folaerts, ou volaeren. Au son de la musique et  des chants que tous reprennent en chœur : « Saint Martin, boit du vin, dans la rue des Capucins ». Voilà la figure pittoresque que le folklore populaire a gardé en mémoire et met en scène chaque année depuis le XIXème siècle.

Mais Martin, dont la vie rocambolesque est racontée par Sulpice Sévère en 395, est un homme, avant tout, et un homme extraordinaire. Aujourd’hui, le Pape François, lui qui rejette les ors et les fastes de l’Église, en aurait fait son conseiller. Et nul doute, que Martin serait l’ami de Pierre Rabhi ou soutiendrait la cause des Indignés. En effet, ce soldat de l’Empire romain finissant (sa vie se déroule sur le IVème siècle), adopte la cause des pauvres et des déshérités par un geste qui en fait un saint avant même sa canonisation :

la cape de Martin

il partage sa cape avec un indigent qui est en train de mourir, littéralement, de froid. Vous me direz, il aurait pu lui filer la cape en entier. Sauf que Martin ne rigolait pas avec le règlement. Et la règle militaire à l’époque voulait que la moitié de l’habit appartînt à l’armée, l’autre au légionnaire. N’empêche qu’il donne, par cette moitié, la totalité de ce qui lui appartient… Pour la petite histoire, le bout de cape en question aurait été acheminé plus tard à la chapelle palatine d’Aix la Chapelle… Ce qui aurait donné d’ailleurs le nom « chapelle » (lieu où l’on garde la c/h/ape du Saint). De  même, Martin donneur de cape aurait été choisi comme patron protecteur des … Capé/tiens.

L’ÉVÊQUE DES PAUVRES

Il épouse alors l’église catholique, balbutiante encore, à cette époque où cultes romains et paganisme font bon ménage dans les campagnes françaises. Il s’entoure du clergé régulier (les moines, qui vivent selon des règles drastiques et dans la pauvreté, comprennent son combat). Le clergé séculier, celui des villes notamment, a trop tendance, à son goût, à

s’installer dans le confort…. L’événement majeur pour lui, et pour la légende dorée qui naîtra ensuite, c’est sa nomination comme évêque de Tours. Quel chemin pour cet homme né en Hongrie et amené à présider le lourd évêché de Tours. Et quelle surprise pour les instances religieuses de Tours quand elles constatent que le nouvel évêque est un homme d’action, qui veut revenir à l’esprit de l’Évangile. Pauvreté et générosité. La loi d’amour quoi. Il se met alors en route. On le croise sur les routes de campagne, visitant les plus humbles, leur apportant la bonne parole. Ça ne vous rappelle pas quelqu’un ? Sauf que là, l’évêque Martin veut amener à cette loi d’amour des populations rustres, qui pratiquent encore des cultes païens et adhèrent à des croyances superstitieuses. Il arpente ainsi son évêché, mais pas que. Il sillonne les routes du nord, de la France et de l’Europe. Le culte de Saint Martin est très vivace en Belgique et en Allemagne. Comme le prouve cette sculpture contemporaine de Saint Martin, à Mayence, en Allemagne.


Saint Martin à Mayence

L’évêque des pauvres n’est d’ailleurs pas mort sur son siège épiscopal. Il est mort en pleine mission d’évangélisation, à Candes, près de Tours.

UNE TRADITION DUNKERQUOISE

Et c’est au cours d’une de ses nombreuses campagnes d’évangélisation qu’il se serait retrouvé à …Dunkerque. Et là, vous connaissez la légende. Son âne, le cheval du pauvre comme chacun sait, se serait égaré dans les dunes. Les enfants, figures de l’innocence que Martin voulait raviver dans le culte chrétien, l’aident à retrouver la bête. En récompense de leur persévérance à avancer dans l’obscurité guidés par la lumière (celle de la foi ? de l’amour?), l’homme pieux accomplit un miracle : il transforme les crottes de l’humble animal en petits pains… Observez bien le cortège qui suit Saint Martin : bien souvent, il est emmené par 4 porteurs de flambeaux… Symboles des 4 Evangiles que voulait répandre autrefois l’homme saint et qui le guidaient dans les ténèbres de l’ignorance… ?


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ENTRE OMBRE ET LUMIÈRE

Une fête de la lumière. Aussi. Vaincre l’obscurité naissante de l’hiver qui s’approche en cheminant, lanterne à la main. C’est un avant goût du solstice d’hiver, au mitant de l’année, qui annonce le retour progressif de la lumière. La Saint Martin serait comme une répétition générale de ce grand spectacle. Alors, le 10 novembre, au cœur du cortège de lampions, de betteraves et des enfants illuminés de joie, souvenons-nous un peu de cet homme qui, avant d’être un frère de Saint Nicolas et un vieil oncle du père Noël, fut un homme d’amour qui savait s’indigner…

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LES OUBLIES DE LA MER NOIRE. 1918-1919. UN RECIT ET UNE EXPO.

Mer Noire. C’est le titre d’un récit décapant de César  Fauxbras, alias Gaston Kléber Sterckeman, Rosendaëlien né à Dunkerque en 1899 et mort en 1961. Dans ce récit inspiré de son expérience de marin pendant la Première Guerre mondiale, le narrateur personnage Vignes se fait le porte parole de l’auteur qui raconte cette drôle de campagne en Mer noire de juillet 1918 à mai 1919. Il dénonce les actes barbares de ce drôle d’épilogue à la Guerre qui devait être la Der des der,  les mensonges de Clémenceau, les aberrations d’une alliance contractée entre la France et la Russie blanche de Nicolas II qui se traduit par une mission impossible : mater la Révolution russe des Bolcheviks entamée en 1917. Dans cet ultime épisode de la Première Guerre mondiale, méconnue du grand public, les soldats de la Marine Française sympathisent avec le petit peuple russe et osent se mutiner. Mer noire. À lire, et à voir. Les étudiants de  2ème année de DUT TC de l’ULCO, sous la houlette de leur professeure Justine Jotham,  se sont emparés de ce récit pour nous proposer une exposition interactive. Images et son : aux photos et autres vestiges visibles, témoins de cette victoire de la fraternité entre les peuples contre les intérêts financiers des dirigeants, s’ajoutent de nombreux extraits du texte de Fauxbras enregistrés par les étudiants eux-mêmes…

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Et pour avoir un avant goût de ce qu’on pourra entendre, voici quelques extraits de ce récit incisif, lus par les étudiants…

Cet extrait, pour faire connaissance avec Vignes, et avec son insolence de soldat révolté par la mission qu’on leur a confiée, à lui et à ses frères d’armes :

 

 

Dans celui-ci, le récit de la mutinerie d’avril 1919…

 

Dans cet autre, on nous raconte comment l’amiral français envoie des troupes pour tirer sur ses propres hommes… :

 

Bilan de cette drôle de guerre…

 

« Camarades soldats français, vous êtes trompés par votre gouvernement impérialiste. Les bolcheviks ne sont pas des bandits, ils sont travailleurs, ouvriers, exactement vos frères de misère. Nous luttons contre la classe capitaliste qui est la cause des ennemis du peuple, aussi bien en Russie qu’en France. C’est à cette classe que votre gouvernement obéit, et quand vous combattez avec les volontaires qui sont la lie, la tourbe, les serviteurs de Nicolas deuxième, vous faites trahison à votre classe, la classe ouvrière. Vous devez, au contraire, aider la République des Soviets et la Révolution Rouge, elle vous délivrera de l’esclavage capitaliste. Nous vous disons, camarades soldats français prolétaires : Vive la Révolution Sociale, à bas les brigands capitalistes de toutes les Nations ! » Extrait de Mer Noire, César Fauxbras.

Un propos étrangement moderne, qui résonne avec encore beaucoup de justesse un siècle après…

Dunkerque, du 26 octobre au 22 novembre, découvrez l’exposition César Fauxbras : destination Mer noire. Vernissage le 5 novembre à  18h. 
Page facebook de la BULCO : ici.

 

KERITH

Que se cache-t-il sous ce nom mystérieux ? Moniales subjuguées, incubes et succubes, moine fascinant, mondes parallèles où une réalité médiévale fantasmée cohabite avec les rêves hallucinés générés par une plante mystérieuse… La jeune réalisatrice dunkerquoise Ysé Le Bellec s’est inspirée de l’essai de Jules Michelet,  La Sorcière, et du roman gothique  Le Moine de M.G. Lewis, pour nous proposer une web série originale et fascinante : Kerith . Un « made in » Dunkerque unique. Une web série pas comme les autres, à découvrir le mercredi 3 octobre à Lille au cinéma l’Univers à 19h30, le  dimanche 7 octobre à 18h au Studio 43 à Dunkerque, et le 8 octobre à 21h sur internet en direct sur Twitch, puis sur YouTube…

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Ghazal Zati dans le rôle de Kérith.

Une vingtaine de journées de tournage. Autant de figurants. Dix épisodes. Sept personnages. L’Atelier couture du CCAS de Dunkerque pour les costumes. La Chartreuse de Neuville sous Montreuil. Le Fort des Dunes de Leffrinckoucke. La plage. Les bois et les eaux de Clairmarais. Des crépuscules à couper le souffle. Un froid de canard. Bref, Kerith est une production 100% locale, qui met en valeur autant les lieux de notre région que les talents locaux.

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Kérith et Aavdi sur le site de Clairmarais

C’est aussi une « entreprise » familiale. Ysé Le Bellec à la conception, à l’écriture du scénario, à la caméra et au montage. Patrick, le papa, à l’éclairage, la régie et auprès de sa talentueuse fille pour le montage. Le matériel en partie prêté par Canasucre Productions. La maman, Nathalie Lagréga, à la régie,  à l’intendance, et dans un rôle de moniale. La petite sœur, Esther, dans la figuration. Et toute une troupe de copains et de copines pour assurer le reste. Ghazal Zati (Kerith), Félicien Graugnard (Isidore), Arthur Hubert (Ephialtès/Aavdi), Jeanne Duval (Aleka), Didier Cattoen (Burkhard)Cécile Deroubaix (Mara)Marjorie Tricot (Elvire). Des marionnettes et des masques d’une étrange beauté, réalisations de Pedro Cobra, Larissa Miyashiro, Romane Leleux et Aude Crépin. Et des musiques sublimes, originales, composées par Joshua Bousseau et  Franck Di Razza, qui n’ont pas à rougir des airs de Hildegarde de Bingen et de Bernard de Ventadour habillant d’un charme égal l’intrigue de Kerith

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A gauche, Patrick et Ysé Le Bellec

L’intrigue justement. Laissons Ysé nous raconter :  » Le point de départ du scénario est ma lecture de l’œuvre de Michelet, La Sorcière. Œuvre étrange qui oscille entre pertinences et lacunes historiques, pure fiction et essai sociétal. Cet aspect m’a beaucoup plu : emprunter à l’Histoire sans chercher l’exactitude historique. » Ysé a voulu « étudier le cas de la sorcière sous l’angle féministe. Pourquoi y a-t-il eu une chasse aux sorcières ? Qui étaient les victimes ? Pourquoi certaines femmes se revendiquent-elles sorcières ?
J’ai voulu raconter l’histoire d’une femme exploratrice de l’imaginaire. Puisque je remarque que la religion a une grande importance en fantasy et dans l’histoire de la sorcellerie, j’ai choisi de la mettre au cœur de cette première saison. Si elle tient une place évidente dans le genre c’est peut être, au delà du fait qu’elle joue un grand rôle dans l’accusation de sorcellerie, parce qu’elle crée ses propres monstres, ses propres miracles. Ce scénario est une sorte de récit initiatique de Kerith, sorcière en puissance, qui devra remettre en question ses certitude et essayer de sortir du monastère où les portes sont grandes ouvertes mais si difficiles à franchir. »

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Mara (Cécile Deroubaix), au Fort des Dunes

« On est allé jusqu’au bout du projet. Pas de barrière, pas de limite. On n’a pas cherché à plaire aux spectateurs. On a voulu montrer autre chose, autrement. On ne s’est pas préoccupé du comment le film allait être reçu. Décontenancer le spectateur, le laisser se perdre et se retrouver au fil de l’intrigue et des images, c’est respecter sa liberté. » Caméra portée avec lumière et son direct en décors réels. « Cette esthétique rend la caméra très présente, elle est impliquée dans le récit, elle n’est pas passive. Je ne souhaite pas créer de distance avec les situations et les acteurs mais au contraire avoir un filmage plutôt rentre-dedans. Je ne veux pas faire oublier au spectateur qu’il y a une équipe qui a œuvré à fabriquer cette série et je souhaite donc jouer avec les imperfections, les imprévus et les erreurs. Enfin, ce parti pris filmique permet de cadrer au plus proche des acteurs, d’avoir un filmage plus sensuel, plus charnel. Je souhaite dépasser les archétypes par un onirisme assumé à travers la lenteur, la contemplation et les trucages à l’ancienne inspirés du cinéma fantastique de Méliès, Carné et de Cocteau. Je propose donc un cadre d’expérimentation entre le récit d’un Moyen-Âge fantasmé et un filmage brutal et onirique. » De sa voix douce, posée, Ysé Le Bellec expose son intention. Calme légendaire et sérénité de cette toute jeune réalisatrice qui ne perd jamais son sang froid, même quand les aléas du quotidien la rattrapent et gênent parfois le tournage. « Quand on a tourné au Fort des Dunes, nous n’avions pas anticipé la présence d’un stand de tirs à proximité… Il a fallu beaucoup de patience et beaucoup de génie à Franck di Razza pour prendre le son puis retirer les scories au mixage… ». Une autre fois, c’est un piège à renards dissimulé dans une botte de paille qui donne un coup de sang à l’équipe… Une autre fois encore, c’est la perche qui se casse la figure… Et puis, il y a ces longues tirades -tour de force de mémorisation pour Jeanne Duval- qu’il faut répéter jusqu’à 14 fois, entre fous rires et cadrage à rectifier… Et puis, il y a les crépuscules du matin et du soir, soleil irradiant la plaine de sa rougeoyante clarté…

Jeanne Duval Soleil levant
Aleka (Jeanne Duval) au soleil couchant…

Le résultat est époustouflant. Intrigant. Étrange. Et vaut la peine d’être goûté. Rendez-vous le 6 octobre sur la chaîne YouTube de KERITH…

La page Facebook de Kérith : ici.

Le site de Canasucre Productions : .

Le site du Studio 43 : ici.

Images : Ysé Le Bellec et son équipe. Qu’ils en soient tous remerciés !

 

 

 

 

 

 

Z COMME ZENO. LA REVANCHE DES INTELLOS…

Zénobie Abernathy, pré ado HPI (au Haut Potentiel Intellectuel, dixit le gentil psy du récit) est entrée au collège, en 6ème Einstein. Cette fillette à l’  « hyperactivité intellectuelle » et à l’ « imagination débordante » est la nouvelle héroïne d’un univers créé par Justine Jotham dans son dernier opus dédié à la jeunesse : Moi, Zénobie Abernathy. De Z à A, ma vie à l’envers. Après le succès de Qui veut la peau d’Otto Dafé ? paru en mai 2016 (notre article sur l’ouvrage : ici), l’auteure aux multiples talents réitère avec ce récit, qui, à travers les préoccupations des adolescents, leurs rêves, leurs angoisses, leurs amours, leur rapport complexe aux autres et au monde, bat en brèche les clichés poussiéreux de l’  « intello » et du « cancre ». Pour découvrir Zénobie et son petit monde, c’est par ici …  

JustineJustine Jotham, agrégée de littérature, enseignante à l’ULCO et auteure jeunesse.

Justine Jotham a débuté sa carrière d’enseignante au collège Lucie Aubrac, Petite Synthe. Depuis qu’elle est auteure pour la jeunesse, elle multiplie les rencontres avec les lecteurs adolescents, à l’occasion de salons du livre, ou  plus sûrement lors des ateliers d’écriture qu’elle anime. Ainsi, elle n’a pas manqué de modèles pour donner vie à tout un peuple de collégiens aussi typés que criants de vérité : Léa, la bonne copine qui console et parle « cash » avec son amie « intello » rejetée par la masse des ados, Zénobie. Margot, la grande soeur fan de fringues et de mode, accrochée à un régime minceur,  à son portable ou  enfermée dans sa tour de dédain pour les autres. Hyppolyte, le « cancre » joueur de foot, qui crache par terre et qui éparpille les affaires de classe de Zéno sur le trottoir. Daphné, la voisine de classe, qui a « tout d’une splendide nymphe » et regarde d’un œil réprobateur Zéno, « cette mocheté » qui vient « faire de l’ombre » à sa beauté. Tristan, un grand nul de 3ème qui terrorise les petits de 6ème à la cantine et leur pique leurs desserts. Priscilla et Arthur, candidats à l’élection des délégués de classe, qui proposent la fin des interros surprises et l’utilisation des téléphones portables dans la cour de récré.  Et puis il y a Théodule, qui porte bien son nom : d’abord parce que ça rime avec « tarentule », et qu’il se passionne pour les araignées. Ensuite parce que c’est le chevalier servant de Zénobie, son « super héros », celui qui la sauve des griffes de tous ceux trop « normés » qui se moquent d’elle, la différente… C’est son premier amoureux…

 

 

Et les adultes aussi n’échappent pas non plus à ce passage en revue des types humains qui hantent les mondes adolescents : Mme Honoré, principale du collège, sévère à souhait, qui distribue les heures de colle à tour de bras. Aligaud, le surveillant pas sympa, qui prend en grippe les élèves, et les suspecte toujours. Big Louchard, le prof de sciences un peu bizarre, qui, comme Mme Honoré, fait peur aux élèves de 6ème… La maman de Zénobie, qui ne voit pas sa fille grandir, l’appelle « choupinette », l’habille en jupe et corsage citron fraise, et stimule le cerveau de sa fille en continu. Sans voir qu’elle passe à côté d’une étape cruciale de la vie de Zénobie. Une « vie d’ado en construction ».  Elle réagit d’ailleurs très mal quand Zénobie simule une crise de « cancrite virale » et décide de changer totalement de peau en se faisant passer pour la dernière des… cancres ! C’est le psy directement… qui comprend tout de suite que Zénobie a voulu se fondre dans le moule de la plupart des ados, faire comme tout le monde : répondre aux professeurs, pourrir un cours, falsifier la signature des parents, …

Et sachez lire entre les lignes… Justine Jotham n’a pas voulu faire pleurer dans les chaumières avec un portrait de l’élève harcelé(e). Ce sur quoi tentent de nous alerter les institutions scolaires et les associations de parents, et elles ont bien raison. Mais en filigrane dans ce récit léger, pointe cette question du harcèlement et de la banalité des violences à l’école. On l’insulte : « la naine », « grosse tête » et autres noms d’oiseaux. On raille ses vêtements. On tente de la racketter à la sortie du collège. On éparpille toutes les affaires contenues dans son cartable sur le trottoir. On lui prend régulièrement ses desserts à la cantine. Heureusement que Zéno est une fille équilibrée et aimée. D’autres, plus fragiles, n’auraient pas été de bons héros pour ce récit drôle autant qu’acidulé…

couverture du livre

D’ailleurs, ce qui sauve Zénobie, et le lecteur, du tragique, c’est l’humour de l’héroïne et de l’auteure. Et leur culture solide comme un roc. Voici, par exemple, la définition que Zénobie donne de la gente adolescente :

A ceux qui trouveraient étrange de comparer les ados à des mollusques, voici la justification scientifique de ma théorie en trois points :

  1. Ils n’ont qu’une tête (et encore, pour certains ados, ça reste à prouver).

  2. Ils ont des pieds (la « sole pédieuse » chez certaines espèces).

  3. Et entre la tête et les pieds, une masse viscérale (parfois on trouve une perle de nacre, mais la seule chose qui y ressemble de loin chez nos ados, c’est un petit pois remonté dans le crâne).

C’est un regard lucide et tendre porté sur l’espèce adolescente. Le prouve encore cet autre passage :

DEVINETTE : à votre avis, pourquoi les mots « cancre » et « crabe » ont la même racine ? RÉPONSE : ils sont pareils ! Une carapace sacrément coriace et des pinces effrayantes, mais ne vous y trompez pas, à l’intérieur, ils sont aussi tendres. Il faut juste apprendre à les cuisiner.

« Mode d’emploi du cancre », « Minute diététique » et autres « Questions existentielles »… Justine Jotham aborde ces chapitres de son récit, et de la vie des ados, avec légèreté et humour. Moi, Zénobie Abernathy. De Z à A, ma vie à l’envers invite à coup sûr à une lecture divertissante autant qu’à une méditation sur la vie des ados d’aujourd’hui…

 

Les photos sont issues du site web de Justine Jotham : ici …

… et de sa page Facebook : .