CONNAISSEZ-VOUS VRAIMENT SAINT MARTIN ?

En ce moment, ne demandez pas aux enfants ce qui se passe le 11 novembre. Ils vous rétorqueront que ce n’est pas le 11 novembre qui compte, mais le 10 ! La Saint Martin. Fête populaire dans le dunkerquois, certes, mais aussi un peu partout en Europe du Nord. Pourquoi un tel engouement ? Qu’est-ce qui dans la vie du personnage a retenu l’attention du temps et des hommes pour que la figure historique devienne légendaire ?

DU GLAIVE À LA CROSSE

Saint Martin, tout le monde le connaît… ou croit le connaître. En soutane épiscopale pourpre ou mauve, coiffé de sa mitre et tenant sa crosse, on le voit chaque dixième jour de novembre arpenter les rues de nos communes du nord du Nord, accompagné de son inénarrable âne. Et distribuant, pour le bonheur des enfants, croquendoules et folaerts, ou volaeren. Au son de la musique et  des chants que tous reprennent en chœur : « Saint Martin, boit du vin, dans la rue des Capucins ». Voilà la figure pittoresque que le folklore populaire a gardé en mémoire et met en scène chaque année depuis le XIXème siècle.

Mais Martin, dont la vie rocambolesque est racontée par Sulpice Sévère en 395, est un homme, avant tout, et un homme extraordinaire. Aujourd’hui, le Pape François, lui qui rejette les ors et les fastes de l’Église, en aurait fait son conseiller. Et nul doute, que Martin serait l’ami de Pierre Rabhi ou soutiendrait la cause des Indignés. En effet, ce soldat de l’Empire romain finissant (sa vie se déroule sur le IVème siècle), adopte la cause des pauvres et des déshérités par un geste qui en fait un saint avant même sa canonisation :

la cape de Martin

 il partage sa cape avec un indigent qui est en train de mourir, littéralement, de froid. Vous me direz, il aurait pu lui filer la cape en entier. Sauf que Martin ne rigolait pas avec le règlement. Et la règle militaire à l’époque voulait que la moitié de l’habit appartînt à l’armée, l’autre au légionnaire. N’empêche qu’il donne, par cette moitié, la totalité de ce qui lui appartient… Pour la petite histoire, le bout de cape en question aurait été acheminé plus tard à la chapelle palatine d’Aix la Chapelle… Ce qui aurait donné d’ailleurs le nom « chapelle » (lieu où l’on garde la c/h/ape du Saint). De  même, Martin donneur de cape aurait été choisi comme patron protecteur des … Capé/tiens.

L’ÉVÊQUE DES PAUVRES

Il épouse alors l’église catholique, balbutiante encore, à cette époque où cultes romains et paganisme font bon ménage dans les campagnes françaises. Il s’entoure du clergé régulier (les moines, qui vivent selon des règles drastiques et dans la pauvreté, comprennent son combat). Le clergé séculier, celui des villes notamment, a trop tendance, à son goût, à s’installer dans le confort…. L’événement majeur pour lui, et pour la légende dorée qui naîtra ensuite, c’est sa nomination comme évêque de Tours. Quel chemin pour cet homme né en Hongrie et amené à présider le lourd évêché de Tours. Et quelle surprise pour les instances religieuses de Tours quand elles constatent que le nouvel évêque est un homme d’action, qui veut revenir à l’esprit de l’Évangile. Pauvreté et générosité. La loi d’amour quoi. Il se met alors en route. On le croise sur les routes de campagne, visitant les plus humbles, leur apportant la bonne parole. Ça ne vous rappelle pas quelqu’un ? Sauf que là, l’évêque Martin veut amener à cette loi d’amour des populations rustres, qui pratiquent encore des cultes païens et adhèrent à des croyances superstitieuses. Il arpente ainsi son évêché, mais pas que. Il sillonne les routes du nord, de la France et de l’Europe. Le culte de Saint Martin est très vivace en Belgique et en Allemagne. Comme le prouve cette sculpture contemporaine de Saint Martin, à Mayence, en Allemagne.

Saint Martin à Mayence

L’évêque des pauvres n’est d’ailleurs pas mort sur son siège épiscopal. Il est mort en pleine mission d’évangélisation, à Candes, près de Tours.

UNE TRADITION DUNKERQUOISE

Et c’est au cours d’une de ses nombreuses campagnes d’évangélisation qu’il se serait retrouvé à …Dunkerque. Et là, vous connaissez la légende. Son âne, le cheval du pauvre comme chacun sait, se serait égaré dans les dunes. Les enfants, figures de l’innocence que Martin voulait raviver dans le culte chrétien, l’aident à retrouver la bête. En récompense de leur persévérance à avancer dans l’obscurité guidés par la lumière (celle de la foi ? de l’amour?), l’homme pieux accomplit un miracle : il transforme les crottes de l’humble animal en petits pains…

La_fete SAINT MARTIN_a_Dunkerque

ENTRE OMBRE ET LUMIÈRE

Une fête de la lumière. Aussi. Vaincre l’obscurité naissante de l’hiver qui s’approche en cheminant, lanterne à la main. C’est un avant goût du solstice d’hiver, au mitant de l’année, qui annonce le retour progressif de la lumière. La Saint Martin serait comme une répétition générale de ce grand spectacle. Alors, le 10 novembre, au cœur du cortège de lampions, de betteraves et des enfants illuminés de joie, souvenons-nous un peu de cet homme qui, avant d’être un frère de Saint Nicolas et un vieil oncle du père Noël, fut un homme d’amour qui savait s’indigner…

image 1

image 2

image 3

 

COUD’POUCE S’AFFICHE

Vous les avez certainement déjà aperçues. Dans la rue. Au stop ou au feu rouge. Dans votre voiture. Ou en flânant. Elles sont grandes. Belles. Esthétiques. On dirait presque des photographies d’art. En noir et blanc. Sobres. Classes. Je veux parler des affiches qui fleurissent un peu partout sur les murs de Coudekerque Branche et de l’agglomération dunkerquoise. Des affiches CV. Une innovation Coud’Pouce. À l’emploi, évidemment… Tenez, en voici une :

alicia

UN PHOTOGRAPHE DE TALENT, UNE FONDATION ET UNE RENCONTRE

En 2012, Manuel Lagos Cid, artiste photographe, habitué au glamour de Paris Match, décide de photographier des anonymes. Pour changer de monde. Et de valeurs. Il rencontre Pascal Rohart, Directeur de Coud’Pouce, et Laurent Vanrechem, son Président, et grâce au soutien de la Fondation Gloria Mundi (qui finance des projets basés sur l’image, pourvus qu’ils soient vertueux et solidaires…) un shooting des salariés en réinsertion professionnelle de Coud’Pouce est organisé. Et ça donne ça :

repasseusemachine à laver

 

 

 

 

 

 

DE CV STREET MARSEILLE À CV PHOTO COUDEKERQUE

L’asso coudekerquoise s’inspire alors d’un projet marseillais : le CV Street, qui affiche les CV de centaines de demandeurs d’emplois, anonymes, dans les rues.

cv street marseilleLe concept marseillais, le talent de Manuel Lagos Cid et l’enthousiasme de 15 employés de Coud’Pouce, et ça donne ça :

frédéric

louisa

La campagne a débuté le 15 octobre dernier, et deux propositions d’embauches sont arrivées aux oreilles bienveillantes de Céline Everaer, responsable de l’opération. Quand l’art, le talent, et l’enthousiasme sont au service de l’emploi…

Page facebook de Coud’Pouce : ici.

Site de Manuel Lagos Cid :

Site de la Fondation Gloria Mundi : par ici.

Site de CV Street : par là.

image 1

image 2

image 3

image 4

image 5

image 6

LANO

IMAGE 0 LA UNE

LANO ou les trois sœurs. Pas de Tchekhov. D’Arneke. Trois voix cristallines. Trois voix enchanteresses. À l’harmonie parfaite. Aux accents folk et blues purs et chauds. Trois toutes jeunes filles au talent prodigieux et prometteur. A découvrir ici.

LE CLAN

LANO. Parce que dans la famille, on est fan du Seigneur des Anneaux. Parce que LANO, ça sonne folk et blues, et qu’on aime. Parce qu’on y retrouve aussi les prénoms des trois protagonistes : Zoé, Noémie et Luna. Elles sortent à peine de l’enfance. Zoé a 20 ans. Noémie 18 et Luna 16. Mais, comme a dit l’autre, aux âmes bien nées la valeur n’attend point le nombre des années. Corneille. Pas le chanteur, l’autre, le grand auteur français. Et ça, elles connaissent aussi ; avec une maman prof de lettres à Grande Synthe et un papa enseignant chercheur à l’Université de Lille, ces trois petites ont grandi dans l’amour du beau, des arts et de la culture. D’ailleurs, les études, c’est primordial ; entre les cours de médecine, ceux du lycée des Flandres à Hazebrouck ou du conservatoire de Lille, les parents-agents veillent au grain. De voix, évidemment ! On pense aux études, mais on rêve de scènes et d’albums. Et même si Maman a du mal à dire « oui » aux propositions qui arrivent toujours plus nombreuses, elle y est quand même pour beaucoup dans la passion qui anime ses filles : elle-même faisait partie du groupe Parcimude, que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître, certes, mais qui avait quand même sorti un album en son temps…

photo des 3 filles noir et blanc

LE CLIP

Trois ans d’existence déjà. Repérées, lors d’une scène ouverte, par Bastien Godin, producteur de DM Productions, directeur du Macadam Ramdam, elles ont eu l’opportunité de participer à l’Imagine Festival, organisé par les Jeunesses Musicales de France. Elles ont fait vibrer la scène des 4 Écluses de Dunkerque, et ont remporté le gros lot : l’enregistrement de deux de leurs titres au studio de l’ARA de Roubaix. Ainsi, l’été dernier est sorti leur CD deux titres : la reprise époustouflante de Enjoy the silence du légendaire groupe Depeche Mode ; et une composition originale, Cliffs, inspirée de mélodies irlandaises. Un bijou. Tellement brillant que Paul Duhamel,  le patron de RéalisAction, boîte de réalisation basée à Hazebrouck, leur a offert le tournage du clip. Regardez et écoutez :

LE CLAP

Les filles, musiciennes et chanteuses, travaillent de façon artisanale. On est imprégné d’influences diverses : Moriarty, Alela Diane, Camille, les chants polyphoniques italiens, et même Haendel ! On improvise. On enregistre. On note. On chante. Noémie écrit. Zoé compose à la guitare. Et l’émotion peut naître. Des titres sont à écouter sur la page Facebook de LANO ou sur le site soundcloud. Le reste… ne demande qu’à être entendu et enregistré ! Elles ont ravi le public de plusieurs scènes de la région depuis trois ans.

Si vous voulez découvrir LANO. Si vous voulez entendre Aujourd’hui, The Road ou Seule, rendez-vous ou dans les bars de la région, le Kerelshof de Cassel, le O’Waaven de Lille ou le  Ô Chic & Choc d’Arneke où elles se produisent régulièrement. Notez aussi leur présence à ces événements :

  • le FIBA  (Festival International de la Bière Artisanale), à Sainte Marie Cappel, samedi 26 et dimanche 27 septembre 2015
  • le Winnezik Rock Festival de Winnezeele, le samedi 7 novembre 2015
  • le festival Label Guit’Art à Esquelbecq, en juin 2016

La page Facebook de Lano : ici.

Pour le plaisir, une compo originale, enregistrée… à la maison !

image 1

image 2

INDIGNEZ-VOUS !

image à la une

Horrible. Insoutenable. Inhumaine. L’image de ce petit enfant mort sur une plage de Turquie. Je suis sûre que chacun, chacune d’entre vous qui êtes parent a dû se dire : « Ce petit enfant aurait pu être le mien… » Et parce que c’est un enfant, le tragédie de la fuite, de l’exil, de l’urgence saute aux yeux subitement avec d’autant plus de cruauté. Depuis des années, les migrants souffrent à nos frontières. Depuis des années, certaines associations se battent pour leur venir en aide et leur apporter le peu de dignité. L’une d’entre elles a été mise à l’honneur ce dimanche 6 septembre, au JT de 13h de France 2. Terre d’Errance. Zoom sur cette association.

 ACCUEIL ? QUEL ACCUEIL ?

Des bâches. Des tôles. Des toiles de tente. Par tous les temps. Dans la boue. Dans le froid. Des jungles. Insalubrité. Maladies. L’État français est incapable d’accueillir dignement ces milliers d’êtres qui fuient les guerres et les persécutions. La France, Nation Mère des Droits de l’Homme ? On construit des murs. On multiplie la présence policière. On tisse le ciel de barbelés. La terre pour matelas. Les étoiles pour couverture. Les  images qui peuplent télévisions et écrans d’ordinateurs en disent plus que tous les mots. Il suffirait peut-être d’agir sur le plan international pour faire cesser les conflits meurtriers qui gangrènent l’Afrique et le Moyen Orient. Ne plus se réjouir des succès de Dassault par la vente d’avions de combat à l’Égypte ou au Qatar. Penser les relations humaines autrement que par la violence guerrière. Ne plus exposer les civils, des gens comme vous et moi, à la folie meurtrière de dirigeants représentants d’un commerce immonde. Ceux qui sont dans l’erreur ou dans l’errance ne sont pas toujours ceux qu’on croient…

TERRE D’ERRANCE

Que faire ? Mettre en lumière l’action d’une association qui œuvre pour que ces hommes, ces femmes et ces enfants vivent avec un minimum de dignité leur exil. Les bénévoles viennent de tous les horizons politiques et philosophiques. Ce qui les rapproche : le respect de la personne humaine. Leur action est simple, mais relève de l’impossible pour des familles qui ont tout perdu : offrir un toit, de quoi s’habiller, se laver, manger ;  entretenir la propreté des vêtements, soigner, écouter, aider à rassembler des documents pour les demandes d’asile ; et même enseigner le français. Terre d’errance s’est implantée à Steenvoorde en 2008. Son programme, elle le trouve dans ces paroles de Stéphane Hessel :

Je vous souhaite à tous, à chacun, d’avoir votre motif d’indignation. C’est précieux. Quand quelque chose vous indigne, alors on devient militant, fort et engagé. On rejoint ce courant de l’’Histoire et le grand courant de l’’Histoire doit se poursuivre grâce à chacun. Et ce courant va vers plus de justice, plus de liberté…. Ces droits, dont la Déclaration universelle a rédigé le programme en 1948, sont universels. Si vous rencontrez quelqu’’un qui n’’en bénéficie pas, plaignez-le, aidez-le à les conquérir. Indignez-vous !

 logo associationAlors, si l’image d’un petit garçon étendu sans vie sur nos plages vous insupporte et vous indigne, vous pouvez agir, même un peu, en rejoignant cette association.

Le lien vers son site : ici.

Sa page facebook : ici.

image 1

image 2