Lundi 1er janvier 2018. On prévoit entre 7 et 9 degrés sur la plage de Malo. Un vent faible à 25km/h. De petites averses éparses possibles. On prévoit de la soupe à l’oignon et de la bière en abondance au Maloin, 66 bis Avenue de la Mer à Malo. On prévoit une affluence de touristes curieux et hilares aux alentours de 11h30 sur le sable. On prévoit un départ tonitruant et enthousiasmé en bande bigarrée et joyeuse à 12h pile. On prévoit un moment de bonne humeur extraordinaire, inédit, vivifiant, comme seuls Dunkerque et ses carnavaleux savent offrir. Comme ça. Pour le plaisir de se retrouver. De rire ensemble. De se sentir vivants. Alors, qui osera se mettre à l’eau ?
Un avant goût, en images, grâce au talent et à l’œil de génie du photographe Jean Jepi.Qu’il soit remercié pour avoir immortalisé ces beaux et bons moments !
Le cortège se forme rue Guynemer. Georges Guynemer, aviateur français, né à Paris en 1894, et mort au combat, le 11 septembre 1917, à Poelkappelle, de l’autre côté de la frontière, en pays flamand. C’est dire que cette année 1917, outre qu’elle commémore la prise de pouvoir d’un autre Georges, Clémenceau, permet aux Coudekerquois et au Député Christian Hutin, amoureux de Saint Pol sur Mer, dont il fut le maire pendant des années, de rendre hommage à l’aviateur adopté par notre région.
M. Christian Hutin, Député.
C’est l’occasion aussi pour M. Parents, adjoint aux Anciens Combattants, de rappeler quel rôle important Coudekerque Branche joua dans les combats aériens lors de la Première Guerre Mondiale… Saviez-vous, par exemple, que la Ferme Vernaelde fut, parmi d’autres lieux stratégiques de notre localité, un aérodrome qui regroupa les forces aériennes françaises et celles, britanniques, qui allaient devenir, en 1918, la Royal Air Force ?
M. Jean Paul Parents, Adjoint aux Anciens Combattants.
Moment émouvant aussi parce que la jeunesse coudekerquoise est présente pour se souvenir de tragédies qu’elle ne connaît que par les cours d’histoire. Le collège du Westhoek, et son porte drapeau. Les enfants de l’école Pagnol, et sa Marseillaise. Les jeunes du Conseil Municipal des Jeunes, dont c’est la dernière sortie officielle, puisque les élections auront lieu ce mois de novembre. Louise Minne, Maire, Samuel Dumey, 1er Adjoint, Angèle Julien, Simon Weber, et quelques autres, sous la houlette bienveillante de Jean Luc Decreton, responsable du CMJ. Les sortants du CMJ étaient de sortie pour la dernière fois…
M. Jean Luc Decreton et les jeunes élus « sortants » du CMJ.
Angèle Julien a lu un très beau texte sur les conditions de vie terribles des « poilus » pendant le conflit. Pour retrouver le portrait d’ Angèle Julien, cliquez ici. Pour retrouver celui de Samuel Dumey, 1er Adjoint, cliquez là. Pour retrouver les portraits croisés des deux Maires de Coudekerque Branche, David Bailleul et Louise Minne, cliquez ici.
M. le Maire,David Bailleul, n’a d’ailleurs pas manqué de saluer la présence toujours plus nombreuse des jeunes à ce genre de commémoration. Il se dit rassuré que « la relève soit assurée », pour perpétuer la mémoire de ceux qui ont donné leur vie pour combattre les nationalismes de tous bords, et pour tenir bien haut le flambeau de la Démocratie et de la République.
M. David Bailleul, Maire de COudekerque Branche.
Le ciel semblait protéger la générosité de tout le petit peuple coudekerquois : il n’a même pas plu…
En lisant cet article, vous allez certainement commettre trois bonnes actions. D’abord, vous réconcilier avec un artiste étiqueté « public jeunesse », à tort. Ensuite, participer, si vous êtes sur Paris entre le 18 octobre et le 14 novembre 2017, à la projection d’un film documentaire d’une grande qualité, au Cinéma Saint André des Arts. Enfin, faire la connaissance de deux artistes, qui méritent de l’être. Et tout ça, sans effort…. Vous êtes prêts ? Alors, lisez jusqu’au bout !
VOUS ÉTIEZ DANS DOROTHÉE ? NON, Á CÔTÉ…
Ça, c’est le titre plein d’humour de son autobiographie publiée en 2012. Celui qui était à côté de Dorothée, dans son illustre Club, de 1987 à 1996, c’est François Corbier. Vous voyez ? Le grand barbu avec une guitare ?
C’est l’émission qui l’a rendu populaire. Et pourtant, ce n’est pas ce qu’il a fait de mieux dans sa vie. Sa vie, il la raconte, donc, dans son autobiographie. Mais sa vie pourrait être vue aussi, dans un film documentaire qui lui est consacré. Et elle mérite d’être connue, sa vie. Et il mérite d’être reconnu, cet artiste, fils spirituel d’un croisement un peu étrange, mais très juteux, entre Brassens et Fluide Glacial. Saviez-vous, par exemple, qu’il a fréquenté tout un tas de cabarets à Paris et en province, avant de se retrouver au côté de Dorothée, d’Ariane, de Jacky et de Patrick ? Saviez-vous qu’il avait joué dans les usines en grève de 1968, avec Georges Moustaki et Maxime Le Forestier ? Saviez-vous qu’il avait plusieurs cordes à son arc (ou à sa guitare ?) : auteur, compositeur, interprète, chansonnier, acteur, poète quoi ! Saviez-vous que c’est un autre poète, méconnu lui aussi, François Villon, qui lui inspire son pseudonyme ? Saviez-vous que…. J’arrête là. Si vous voulez savoir, et même faire savoir, il vous suffit de lire la suite…
QUAND FÉLIX RENCONTRE FRANÇOIS
Félix Létot, c’est un jeune réalisateur de la région lilloise, plein de talent et d’humour, qui n’a peut-être pas eu le temps d’être conditionné par le Club Dorothée, mais qui a eu l’immense plaisir de croiser François Corbier, seul sur la scène de Bercy (!) en 2010. On peut dire que c’est un coup de foudre, comme il peut y en avoir de très beaux au cinéma. La rencontre entre le jeune fou de la caméra et le vieux lion de la scène a lieu.
Félix Létot et François Corbier
Et même, Félix réussit à engager Corbier pour un petit rôle, mais essentiel, dans son film Vent de Folie, présenté à Cannes en 2014. François Corbier accepte, avec humour, générosité et talent, d’y incarner le rôle d’un « père et maire ». La bande annonce de ce road movie comique d’une génération tragique ici :
Xilef Productions, c’est la boîte de prod’ de Félix. Il finance comme il peut ses métrages, courts et longs. Et c’est un peu difficile de financer une création artistique quand on veut rester indépendant. Dans tous les sens du terme. D’ailleurs, si vous voulez vous procurer le DVD de Vent de Folie, outre le fait que vous passerez un joyeux moment de méditation sur quelques folies de notre société, vous participerez au souffle vital qui anime la petite entreprise de Félix… Pour sauter ce pas joyeux, c’est par ici.
Un avant goût du documentaire poético-comico émouvant consacré à Corbier au titre évocateur : Des Traces dans la mémoire des masses :
CORBIER, des traces dans la mémoire des masses (documentaire, vf, 1h38)
Le Mag@zoom veut se faire la chambre d’écho de Damien Carême. Parce que le sort réservé aux réfugiés de France est indigne. Parce qu’à Grande Synthe, comme un peu partout sur le littoral, l’urgence humanitaire est criante. Cette lettre, retranscrite intégralement, est issue du blog du Maire de Grande Synthe. Pour le retrouver, suivre ce lien ici.
« Maire de Grande-Synthe, j’ai ouvert le premier de camp de réfugiés en France en mars 2016 pour faire face à une urgence humanitaire et au refus de l’Etat, à l’époque, de prendre en compte la situation extrême à laquelle j’étais confronté. Ce camp a complètement été détruit par un incendie le 10 avril dernier. Aujourd’hui, plus de 350 réfugiés sont à nouveau là. Depuis son élection, j’ai interpellé le nouveau gouvernement en vain.
Monsieur le Président de la République,
Si je m’adresse à vous aujourd’hui par le biais de cette lettre ouverte, c’est parce qu’en tant qu’élu de la République – au même titre que vous – je vous ai demandé un rendez-vous, à vous-même, à votre 1er ministre et à votre ministre de l’intérieur voilà déjà plusieurs semaines. Or, malgré l’urgence humanitaire à laquelle je dois à nouveau faire face dans ma commune, vous refusez de prendre en considération l’urgence extrême de ma sollicitation.
Je décide donc, aujourd’hui, de prendre la France à témoin de mon interpellation.
Pour mémoire : le 10 avril 2017, le lieu d’accueil humanitaire de Grande-Synthe brûlait.
C’était hier. C’était il y a trois mois. C’était il y a une éternité.
Ce lieu d’accueil a permis, pendant plus d’un an d’existence, de mettre à l’abri des milliers de personnes, hommes, femmes, enfants, essentiellement kurdes, puis afghans, venus d’horizons divers, souvent de zones de guerres ou en prise au terrorisme.
Si j’ai décidé, seul, de construire ce lieu d’accueil humanitaire en décembre 2015 avec l’aide de MSF, c’est parce que tout comme aujourd’hui, je n’obtenais aucune réponse du gouvernement de l’époque à mes interpellations face à un véritable drame humanitaire qui se jouait sur ma commune. Des centaines, puis de milliers de personnes venaient trouver refuge sur le sol de ma petite ville de 23 000 habitants. Quel choix s’offrait à moi, en tant que garant des valeurs de la république française ?
Dans mon monde, Monsieur le Président, celui que je m’échine à construire, les mots Liberté, Egalité, Fraternité ne sont pas des anagrammes hasardeux piochés à l’aveugle dans une pochette usagée d’un vulgaire jeu de société.
Est-ce que les mêmes causes devront produire les mêmes effets cet été 2017 ?
Notre lieu d’accueil, communément appelé La Linière, a permis pendant des mois d’être un lieu de premier secours humanitaire, offrant ce temps de répit et de récupération à toutes celles et ceux qui avaient tant risqué et déjà tant perdu pour arriver jusqu’à Grande-Synthe – à défaut de pouvoir passer en Angleterre par Calais – .
La Linière n’était pas « un point de fixation » Monsieur le Président, mais bien un point d’étape. Un lieu de transit sur la route de la migration qui pousse ces milliers de personnes vers l’Angleterre.
Il n’a créé aucun « appel d’air » contrairement à ce qu’affirme votre ministre de l’intérieur, puisqu’ils étaient déjà 2 500 sur ma ville avant que je décide de la construction du site !
Il y avait, jusqu’en octobre 2016, près de 6 000 réfugiés à Calais alors que rien n’avait été conçu pour les accueillir.
Ils étaient plus de 3 000 à Paris avant qu’Anne Hidalgo ne décide courageusement de créer un lieu d’accueil à La Chapelle et à Ivry.
Ils sont aujourd’hui, comme hier, plus de 100 à Steenvoorde, dans le nord, alors que rien n’existe pour eux.
Évoquer l’appel d’air n’est que prétexte à l’immobilisme !
Un immobilisme ravageur sur le plan humain.
Un immobilisme mortifère.
Un immobilisme indigne de la France, patrie dite des « Droits de l’Homme et du Citoyen ».
Un immobilisme contraire à vos récentes déclarations à Bruxelles et à Versailles.
De mars à août 2016, nous avons avec l’aide de l’état, du travail extraordinaire d’associations dévouées, des non moins remarquables ONG – Médecins Sans Frontières, Médecins du Monde, la Croix Rouge Française, Gynécologie Sans Frontières, Dentistes Sans Frontières – et des services de la ville, ramené le camp à une jauge « raisonnable» puisque la population sur le site est passée de 1 350 personnes à 700.
C’est le démantèlement de la Jungle de Calais qui est venu bousculer notre lieu d’accueil humanitaire et conduit à la fin que nous connaissons.
Je reçois aujourd’hui de nombreux témoignages, y compris de personnes antérieurement hostiles au camp, qui m’interpellent sur son rôle et son utilité pour tous ; les réfugiés évidemment, mais aussi les associations et à mots couverts les divers services de l’état qui voyaient dans ce camp un outil pour canaliser la pression et éviter ce que nous connaissons depuis sa disparition : l’étalement et l’éparpillement des migrants sur tout le littoral dans des conditions de vie indignes.
Expliquez-moi, Monsieur le Président, comment aujourd’hui peut-on prétendre contrôler quoi que ce soit, prévoir quoi que ce soit alors que ne prévaut qu’une politique de fermeté et d’intransigeance contre les réfugiés, secondée d’un mépris total envers les associations ?
Comment aujourd’hui pourrait-on se contenter de «disperser et ventiler» les réfugiés pour les condamner à errer sans but comme s’ils étaient par nature invisibles ?
Ces migrants, ces réfugiés ont tous une identité et une vie, Monsieur le Président.
Ils cherchent à Paris, Grande-Synthe, Calais, Steenvoorde ou ailleurs, un refuge.
Ne le voyez vous pas ? Ou peut-être ne le comprenez-vous pas ?
En les traquant comme des animaux, nous les transformons inévitablement en bêtes humaines.
On les traque de la sorte en espérant – peut-être ? – qu’ils craquent et commettent des méfaits qui justifieraient l’emploi de la force et les évacuations musclées. Vous pourrez alors, en bout de course, l’affirmer avec pédagogie – démagogie ?- « On vous l’avait bien dit ! »
Nous serions ainsi condamnés à l’impuissance et au cynisme en évitant de construire des lieux d’accueil humanitaires parce qu’ils provoqueraient « un appel d’air inévitable » ? Nous devrions choisir l’aveuglement, changer le prisme de notre conscience objective pour ne simplement plus voir ceux qui reconstituent des campements aujourd’hui, et demain, c’est certain, des jungles ?
Préfère-t-on les « jungles » à des lieux d’accueil humanitaires dans notre République française du 21ème siècle ?
Préfère-t-on nier les problèmes et s’en remettre à des recettes qui ont déjà toutes échouées ?
Préfère-t-on réellement bloquer ces migrants en Lybie, où la plupart d’entre eux se font violer ou torturer, loin de nos frontières et de nos yeux bien clos ?
Monsieur le Président, vous avez déclaré récemment à Bruxelles : « la France doit se montrer digne d’être la patrie des Droits de l’Homme en devenant un modèle d’hospitalité ».
Au même moment, votre ministre de l’intérieur fustigeait les associations à Calais en leur demandant « d’aller faire voir leur savoir-faire ailleurs ! ».
Ces discours étrangement contradictoires ne peuvent perdurer.
Mettez vos déclarations en actes !
Le gouvernement a choisi délibérément de tracer une frontière invisible, une ligne de démarcation organisant d’un côté la prise en charge des réfugiés via les Centres d’Accueil et d’Orientation (CAO) et laissant à l’abandon de l’autre côté, sur le littoral des Hauts de France, à la fois les migrants et les collectivités.
C’est, je vous l’écris Monsieur le Président, honteux et inacceptable !
J’ai croisé sur le lieu humanitaire de la Linière, bien des destins ; des destins meurtris, blessés mais toujours dignes.
D’aucuns diront peut-être que ma vision est « angélique ».
Je sais mieux que quiconque que La Linière était loin d’être parfaite. Mais notre lieu d’accueil était à l’époque la seule et indispensable réponse à l’urgence.
J’ai toujours soutenu depuis leur création la constitution de centres d’accueil et d’orientation et j’ai défendu les mérites de ces dispositifs dans tous mes déplacements ainsi qu’auprès de mes collègues maires.
Nombre d’entres eux témoignent d’ailleurs de la richesse qui en découle. Lorsqu’ils en ouvrent sur leur commune, tout se passe merveilleusement bien, avec les réfugiés, comme avec la population locale. En dépit quelquefois de manifestations préalables à l’annonce de l’ouverture des CAO.
Il faut les multiplier, les renforcer, asseoir davantage les fonctions d’accueil et d’orientation avec l’aide des associations, des citoyens locaux, plutôt que de s’en servir comme de lieux permettant d’y repousser les réfugiés.
Je souhaite que nous construisions une répartition territoriale du dispositif national d’accueil dans lequel le littoral Côte d’Opale devra aussi prendre sa part. Nous pourrons y créer des lieux d’accueil et de transit dans lesquels, celles et ceux qui arrivent sur le littoral, comme c’est le cas à Paris, se poseront quelques jours et réfléchiront à la suite de leur parcours. Car tant que l’Angleterre sera là, à portée de vue des falaises, des réfugiés voudront s’y rendre. – Et à cela, vous ne pourrez rien changer -.
Grande-Synthe est prête à accueillir dignement, à la hauteur d’un lieu dimensionné et respectueux des lois et des personnes y séjournant. Nous avons ici ou à Paris démontré que cela était possible, à la condition que l’Etat nous accompagne.
Il faudra que vous persuadiez d’autres maires d’accepter d’ouvrir des lieux, en les accompagnant financièrement au titre d’une «péréquation humanitaire ». Quelle magnifique mesure ce serait là ! Une mesure chargée de symbole !
Il faudra aussi, Monsieur le Président, réformer le droit d’asile, rendre plus rapide l’examen des demandes et élargir la notion de protections, alors que les procédures sont aujourd’hui décourageantes et malsaines.
Enfin parce que cela est une exigence absolue, nous devons tout faire pour lutter contre les réseaux de passeurs, comme je l’ai fait à Grande-Synthe. Je réaffirme au passage, que ce ne sont pas les lieux d’accueil qui favorisent les réseaux de passeurs, mais bel et bien les frontières, les murs, les barbelés et les garde-frontières que l’on multiplie qui donnent naissance à ces réseaux mafieux. Depuis toujours.
Il faudra donc, au-delà des réponses répressives de la police et de la justice, assécher ce trafic intarissable en créant des corridors humanitaires entre l’Europe et les pays de départ, aux frontières de ces pays, et accorder beaucoup plus de visas humanitaires. Visas qu’il faudra rendre européens.
Monsieur le Président, il fut un temps où la France a tristement organisé 54 000 traversées de l’Atlantique pour transporter 13 millions d’esclaves.
Il est venu l’heure de laver cet affront historique aux yeux du monde, en organisant un accueil avec le minimum d’hospitalité et de dignité qu’exige la vie de tout être humain. A fortiori dans ce beau pays qui nous/vous a été confié, où constitutionnellement «Tous les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits ».
Vous allez sortir un nouveau texte fixant de «nouvelles» directives, élaborer un «nouveau» plan. Un de plus. La liste est pourtant tristement longue.
Le problème, Monsieur le Président, c’est qu’aujourd’hui, la France est sur-administrée par des textes, et bien trop sous-administrée en moyens.
Il faut poser des actes.
Des actes audacieux.
Des actes courageux.
Dans l’espoir sincère que vous aurez le courage d’entendre ce que je tâche de vous écrire dans cette longue lettre et dans l’attente impatiente de vous lire,
Je vous prie d’agréer, Monsieur le Président, l’expression de mon profond respect.
Deux attentats terroristes en moins d’une semaine. Manchester. Fayoum. Deux fois l’horreur. D’autant plus insupportables que ce sont des enfants les principales victimes. Les uns sont engloutis par le feu, d’autres, chaque jour, par la mer… Les grandes douleurs sont muettes. Ces mots d’ Abdelatif Laâbi, poète marocain, en guise de prière…
« Pour mille et un enfants
Effacés
d’un trait de haine
à l’aube muette
des peuples fous de parole… »
«J’atteste qu’il n’y a d’Être humain que Celui dont le cœur tremble d’amour pour tous ses frères en humanité Celui qui désire ardemment plus pour eux que pour lui-même liberté paix dignité Celui qui considère que la Vie est encore plus sacrée que ses croyances et ses divinités J’atteste qu’il n’y a d’Être humain que Celui qui combat sans relâche la Haine en lui et autour de lui Celui qui dès qu’il ouvre les yeux au matin se pose la question : Que vais-je faire aujourd’hui pour ne pas perdre ma qualité et ma fierté d’être homme ?»
Le Massacre des Innocents, Nicolas Poussin, 1625-1629.
C’est en 1990 qu’il comprend sa vocation. Une femme arrive à son hôpital. Violée par 4 soldats, elle a le fémur et le bassin réduits en bouillie à cause d’un coup de feu provenant d’une arme enfoncée dans son vagin… Depuis cette époque, c’est presque 45 000 victimes que Denis Mukwege « répare ». Physiquement et psychologiquement. Des femmes, des jeunes filles, des enfants, et même des bébés, victimes de viols. Arme de guerre redoutable, destructrice. Arme de guerre dans un pays ravagé par des décennies de conflit, la République Démocratique du Congo. Docteur honoris causa de l’université d’Umeå en Suède depuis octobre 2010. Honoré par la médaille Wallenberg de l’université du Michigan. Élevé en 2008 au rang de Chevalier de la Légion d’Honneur en France. Honoré par le Prix des Droits de l’Homme des Nations Unies et le Prix Sakharov en 2014. Pourquoi les puissances occidentales, qui ont œuvré pour la fin des conflits au Rwanda, en Bosnie Herzégovine et ailleurs dans le monde, restent-elles sourdes aux cris d’alarme de ce bienfaiteur de l’humanité pourtant honni dans son propre pays ? Pourquoi n’assurent-elles plus sa protection ? Quels intérêts empêchent ainsi les nations d’empêcher le massacre d’une population ? Qui veut tuer Denis Mukwege ?
L’HOMME QUI RÉPARE LES FEMMES
Le Docteur Denis Mukwege en 2014.
Denis Mukwege est né en 1955 au sud Congo, à l’époque où le pays est encore colonie belge. Il se forme à la médecine à l’université du Burundi, et se spécialise en gynécologie en Europe, à l’université d’Angers puis à l’université libre de Bruxelles. Il est devenu «un ange qui soigne», comme le dit avec beaucoup de fierté sa maman dans le documentaire. Mais contrairement à d’autres Africains qui font carrière dans les pays dits développés, il décide de retourner dans son pays d’origine pour venir en aide aux populations les plus en détresse. Il devient ainsi médecin directeur de l’hôpital de Lemera dans le Sud Kivu. Hôpital violemment détruit lors de la Première Guerre du Congo en 1996. Le Docteur Denis Mukwege a la vie sauve. Il se réfugie à Nairobi, puis décide de retourner en RDC. Il y fonde l’hôpital Panzi à Bukavu. Si vous n’avez pas vu le film sorti en février 2016 qui lui est consacré, peut-être pourrez-vous revoir ce documentaire, réalisé par Thierry Michel, en replay sur la chaîne de Public Sénat. Un film choc qui permet de prendre conscience d’un drame humanitaire et « fémicide » qui se joue, depuis 20 ans maintenant, en République Démocratique du Congo.
UN « FÉMICIDE » ORGANISÉ
Carte de la RDC.
La géopolitique de la RDC est complexe, comme dans la plupart des pays d’Afrique. La situation troublée de la RDC s’enracine dans le conflit fratricide du Rwanda qui oppose Hutu et Tutsi d’une part ; et d’autre part dans l’opposition au régime autocratique du Président Mobutu, opposition menée par Laurent-Désiré Kabila. Son fils et successeur, Joseph Kabila, s’accroche au pouvoir, sourd aux revendications démocratiques des partis d’opposition. De là, des conflits incessants, notamment dans l’est du pays, à la frontière avec le Rwanda voisin. C’est dans cette zone que sont perpétrés des viols collectifs, de femmes mais aussi de très jeunes filles, parfois mineures. Le viol collectif comme arme de guerre.
QUI VEUT TUER DENIS MUKWEGE ?
Téléphone portable, tablette, ordinateur, console de jeux… Tous ces objets sont fabriqués à l’aide de minerais précieux car rares : étain, tungstène, or et coltan. Coltan : contraction de « colombite » et de « tantalite », pierre polymétallique contenant du fer, du manganèse, du tantale et du nobium. L’extraction et le commerce de ces minerais ont lieu essentiellement…en République Démocratique du Congo ! Esclavage moderne, qui masque une autre réalité plus horrible encore : la lutte que se livrent des groupes armés, profitant de l’instabilité politique, pour garder la main sur ce commerce juteux. Ce sont ces groupes armés qui font régner la terreur et s’adonnent, entre autres atrocités, aux viols de femmes et d’enfants pour assurer leur suprématie dans ce pays. Et le pouvoir en place ferme les yeux… Joseph Kabila devrait quitter le pouvoir avant la fin de l’année 2017… si les tergiversations constitutionnelles et les prétextes de tous ordres cessent…
Voici des extrait du dernier rapport d’Amnesty International concernant la situation en RDC (pour en lire l’intégralité, suivre : ce lien) :
L’incertitude politique a contribué à l’exacerbation des tensions dans l’est du pays, toujours en proie aux conflits armés. Les tensions accrues entre les différentes ethnies et communautés qui ont accompagné la longue période préélectorale, ainsi que le manque de réactivité de l’État sur les plans administratif et sécuritaire, ont favorisé les violences et de nouveaux recrutements dans les groupes armés. (…) L’aggravation de la crise économique a exacerbé la pauvreté, déjà forte, et le pays a été touché par des épidémies de choléra et de fièvre jaune qui ont fait des centaines de morts. (…) Plusieurs dizaines de journalistes ont été détenus arbitrairement. Les 19 et 20 septembre 2016, au moins huit journalistes de médias nationaux et internationaux ont été arrêtés et placés en détention pendant qu’ils couvraient les mouvements de protestation. Certains ont été harcelés, dévalisés et frappés par les forces de sécurité. (…) Au moins trois défenseurs des droits humains ont été tués par des membres avérés ou présumés des forces de sécurité dans les provinces du Maniema, du Nord-Kivu et du Sud-Kivu. (…) Les groupes armés ont perpétré toute une série d’exactions, parmi lesquelles des exécutions sommaires, des enlèvements, des traitements cruels, inhumains et dégradants, des viols et d’autres sévices sexuels, et des pillages de biens civils. Les FDLR, les Forces de résistance patriotique d’Ituri (FRPI) et plusieurs groupes armés maï maï (milices locales et communautaires) figuraient au nombre des responsables des atrocités commises contre la population civile. Les combattants de l’Armée de résistance du Seigneur (LRA) étaient toujours actifs et ont continué de se livrer à des atteintes aux droits humains dans les zones frontalières du Soudan du Sud et de la République centrafricaine. Dans le territoire de Beni (Nord-Kivu), des civils ont été massacrés au moyen généralement de machettes, de houes et de haches. Dans la nuit du 13 août 2016, 46 personnes ont été tuées à Rwangoma, un quartier de la ville de Beni, par des membres présumés du Front démocratique allié (ADF), groupe armé ougandais disposant de bases dans l’est de la RDC.
Plusieurs centaines de femmes et de filles ont subi des violences sexuelles dans les zones de conflit. Parmi les auteurs de ces violences figuraient des soldats et d’autres agents de l’État, mais aussi des combattants de groupes armés tels que les Raïa Mutomboki (coalition de groupes armés), les FRPI et les Maï Maï Nyatura (milice hutu).
Alors, qui a intérêt à ce que Denis Mukwege meure ?Joseph Kabila, pour effacer l’image ignoble que donne son pays à la face du monde ? Les groupes armés qui font régner la terreur et s’enrichissent par le commerce du « coltan » ? La communauté internationale, complice de ce commerce qui enrichit aussi les grandes firmes de l’industrie de l’électronique et de l’informatique ? La question est posée…
Non, on ne lave pas son linge sale en famille dans la cour du collège. On participe à « l’installation éphémère faite par tous tout autour de la Terre ». Rien que ça ! Créée en 2006 par la plasticienne Joëlle Gonthier, La Grande Lessive est une manifestation artistique internationale, qui adopte le principe d’un « accrochage » d’œuvres réalisées par des individus de tous âges, de toutes provenances, le temps d’une journée… Depuis sa création, 5 continents, 106 pays et des millions de personnes y ont participé. Cette année, il faudra compter aussi les collégiens de Jules Verne à Grande Synthe…
Affiche de l’édition de mars 2017.
Adieu cimaises et grilles. On tend des fils là où on peut. Cour d’école. Parc. Square. Hall d’immeuble. Et on accroche. Deux pinces à linge, et le tour est joué. Photo, dessin, collage, photo montage… la technique et les moyens utilisés sont libres. Et c’est beau ! Finalement, ce n’est pas difficile de créer de la beauté et de l’harmonie, à plusieurs, avec peu de moyens, beaucoup de créativité et d’imagination. Et deux pinces à linge… Voici quelques clichés capturés aux éditions précédentes ; voyez comme c’est beau :
Lausanne, Suisse.
La Réunion, France.
Iles Marquises.
Congo Kinshasa.
Côte d’Ivoire.
Côte d’Ivoire.
Finlande.
Grèce.
Maroc.
250 créations. Presqu’autant d’élèves. De la 6ème à la 3ème. Guidés par leur professeure d’arts plastiques, Cécile Cassard et motivés par leur professeure documentaliste, Madeleine Chaumette. Ma vie vue d’ici. Ça, c’est le thème pour cette année. Et leur vie, vue de Grande Synthe, ça donne ça :
La Grande Lessive des collégiens de Jules Verne, Grande Synthe.Ma Vie vue d’ici…
Laissons le mot de la fin à leur professeure d’arts plastiques, Cécile Cassard, maîtresse d’œuvre de ce projet internationalement pacifique et artistique. Sa vie de prof à elle vue d’ici, à Grande Synthe :
Je suis heureuse de faire participer nos élèves à ce projet international, de leur laisser, le temps de quelques heures, le matériel d’arts plastiques pour une expression graphique très libre. Comme un temps de récréation. La Grande Lessive est un joyeux prétexte qui permet aux talents de sortir de la classe ! Et c’est très poétique de voir ces farandoles de papier jouer avec le vent… mais si j’ai quand même un peu peur pour l’installation …
Le site officiel de La Grande Lessive, c’est ici. Les photos sont issues de ce site, sauf les deux dernières, confiées aimablement par Cécile Cassard. Qu’elle en soit remerciée !
Doofy, Tijo, Bout’, L’Étoilé, R Max, Géo, Kode, Le Belge et Mit’ch : les Ah ! C’est Hervé, c’est eux. Deux groupes de copains carnavaleux qui ne font plus qu’un. 6 ACR et le Club des V. ACRV. Ah ! C’est Hervé. Et ça y est, le groupe est créé. LeMag@zoom les avait rencontrés l’année dernière. Au risque d’en NRV plus d’un, les ACRV prennent du galon et s’offrent les Prout en seconde partie au Kursaal, le samedi 21 janvier prochain… Pour en savoir plus, suivez la clique…
AH ! C’EST QUOI ?
Un groupe qui tourne depuis quatre ans maintenant. Des titres originaux, travaillés et retravaillés. Mit’ch et Doofy, paroliers, au stylo et au papier. Tout le monde pour le style et le tempo. Un groupe est né. Un vrai. Qui partage la bonne humeur et l’humour autant que la musique. L’ année 2015 pour composer et faire exister les 6 titres de leur album. Financement ? Ah, c’est Ulule, plateforme de financement participatif. Arrangement et écriture des partitions ? Ah, c’est Ludovic Minne. Enregistrement et mixage ? Ah, c’est Pierre Thouvenot, de Orion Productions. Ah ! Y a un album alors ? Ah ! bien oui : et on le trouve chez tous les amoureux du carnaval…
AH ! C’EST QUI ?
On ne veut pas gagner d’argent. D’ailleurs, on a créé une association qui reversera tous les bénéfices sous forme de dons. On veut juste s’amuser, et partager le plaisir du carnaval.
C’est RMax, la tête pensante du groupe, qui l’affirme. Et tous sont d’accord : ce qu’ils aiment dans le carnaval, c’est la bonne ambiance, l’hospitalité, l’accueil, le partage, la fête. C’est ce qu’ils veulent transmettre à travers leurs chansons de chapelles.
Leur inspiration ? Ah, c’est Sert’che et Pierrotdes Blues Zoulous bien sûr. Et Les Prout, évidemment ! D’ailleurs, ils ont confié que leur chanson préférée, sur les six que contient l’album, est celle qu’ils dédient aux Prout. Comme un hommage à ceux qui leur ont donné envie de chanter. Ah ! C’est Hervé en première partie des Prout ? Et pourquoi pas les Prout en première partie des Ah ! C’est Hervé… La relève et l’humour sont assurés ! Et leur vœu exaucé, puisqu’ils assureront la première partie du concert des Prout, samedi 21 janvier 2017 au Kursaal de Dunkerque.
Le groupe, sans maquillage et sans clet’che…
Voilà le bel esprit de cette fine équipe. Dans le civil, ils sont kiné, policier ou travaillent dans l’industrie. Mais on trouve aussi un « gastronome goûteur de plats du Dyck et finisseur de plats ». Et ils sont tous buveurs de bière, évidemment… Et ils ont tous l’œil qui pétille, le rire facile et l’humour qui pointe comme les tet’ches d’une matante.
Musiciens ? À Dunkerque, on est tous musiciens ! Même si Cyril, alias L’Étoilé, a « doublé 5 fois sa deuxième année de solfège », ils sont tous plus ou moins tombés dans la marmite des fifres et des tromblons : un père cornemuseux pour l’un, une mère chanteuse pour l’autre, un père « chanteur syndicaliste de manif » pour un autre encore… Et des potes musiciens piliers de la clique en renfort. Pour l’enregistrement de l’album, la clique de Ludovic Minne. Pour les concerts « en live », la Bandas des Flandres : entre autres Mathieu Loisel et les 10 autres musiciens qui joindront leur talent à celui des ACRV. Sans oublier Dondon à l’accordéon…
En attendant de les découvrir sur scène, un avant goût, comme une avant bande… :
« Comme les Rois Mages / En Galilée / Suivaient des yeux l’étoile du Berger » lalala… Évidemment c’est une chanson de Sheila que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître ! Comme intro, j’aurais pu choisir quelque chose de plus universel. En même temps, si je cite l’Évangile de Matthieu, je risque de faire fuir tout le monde… Non, ne partez pas, chers lecteurs du Mag@zoom ! Cet article va vous permettre de vous sentir moins bêtes, ces prochains jours, lorsque vous serez confrontés à la sacro sainte tradition de la galette des rois. Beurre, frangipane ou aux pommes. Alors, qu’est-ce que l’Épiphanie ? Qui sont les Rois Mages ? Pourquoi la galette ? Et pourquoi j’ai jamais la fève ? Toutes les questions que vous vous posez depuis toujours sans avoir jamais osé l’avouer trouvent leurs réponses ici !
ÉPI… QUOI ?
L’épiphanie, sans majuscule, est la manifestation de quelque chose de sacré ou de divin. C’est le sens premier du mot. Et les Anciens polythéistes utilisaient volontiers ce mot, concurrent d’un autre, «théophanie», pour désigner les apparitions des dieux aux hommes. Avec une majuscule, le mot désigne la fête religieuse, faisant maintenant partie de notre culture au sens large du terme, qui commémore l’apparition du Christ aux rois mages venus pour l’honorer. La différence avec la culture antique païenne, c’est que cette « apparition » est en fait incarnation d’une divinité dans un enfant engendré d’une femme. Avec Noël, l’Épiphanie fait partie d’un cycle de fêtes de célébration du retour de la lumière, ayant pour pivot le solstice d’hiver. Capito ? non ? alors je vous invite à parcourir notre précédent article Noël c’est quoi ?Le retour de la lumière donc. 12 jours après Noël, l’Épiphanie, célébrée le 6 janvier (ou le deuxième dimanche après Noël quand le 6 janvier n’est pas férié), marque un réel et sensible allongement de la durée des jours. 12 jours, le nombre n’est pas choisi au hasard : symbolisant l’idée de totalité, il se réfère aux 12 mois de l’année ou aux 12 tribus d’Israël.
LES ROIS MAGES
Vélasquez, Adoration des Mages, 1619.
L’Évangile de Matthieu est le seul du Nouveau Testament à évoquer l’existence de rois mages, missionnés par Hérode, ou venus d’Orient selon d’autres textes apocryphes, pour rendre compte de la naissance du Christ, pour le moins exceptionnelle. Michel Tournier, dans son passionnant roman Gaspard, Melchior et Balthazar, revisite la légende. Il fait de Gaspard le roi de Méroé, ville de Nubie, Soudan actuel : « Je suis noir, mais je suis roi ». Melchior est prince de Palmyrène, contrée de Syrie. Et Balthazar est roi de Nippur, cité de l’actuelle Irak. Rois orientaux, sages, prêtres, hommes de sciences, astronomes et astrologues, sachant lire la carte du ciel et suivre l’étoile, ils sont appelés « mages » parce qu’ils ont une connaissance du sacré et de l’ésotérique. Ils offrent l’or, l’encens et la myrrhe, tout ce qu’il y a de plus précieux dans cet antique Orient. Leur identité est incertaine ; leur légende s’est tissée au fil des siècles, servie par la richesse et l’abondance des récits et de l’iconographie. Ainsi, pourrait-on voir dans le choix de leur nom une référence à une prière de bénédiction commençant par ces mots : « G/Christus Mansionem Benedicat ». Chaque initiale correspondant aux initiales des noms des mages.
FÈVE ET GALETTE
Pourquoi mange-t-on de la galette ? Pourquoi y placer une fève ? La fève, à l’origine, c’est une vraie fève. Un légume sec. Celui qui récupérait la fève était désigné roi. Eh bien figurez-vous que cette coutume est antérieure à l’histoire biblique, et le roi de la galette n’est d’abord pas un roi mage ! Je m’explique. Dans l’Antiquité, et avant la naissance du Christ, les Romains avaient pour habitude de célébrer le solstice d’hiver, aux alentours du 25 décembre. Les Saturnales. Cette fête se prolongeait sur une douzaine de jours (tiens, tiens, 12…) et était un peu l’équivalent de notre carnaval : la hiérarchie sociale, ainsi que toute logique, s’inversaient : les esclaves devenaient maîtres, ce qui était d’ordinaire défendu était permis… et les soldats avaient pour habitude de tirer au sort parmi les condamnés à mort celui qui serait roi d’un jour. Ils se partageaient alors un gâteau dans lequel ils avaient placé une fève, et le plus jeune décidait de l’attribution des parts. Cette tradition s’est d’abord répandue dans les familles romaines, avant d’intégrer le folklore lié à la religion chrétienne, à partir du XIVème siècle.
La traditionnelle galette des rois…
Les figurines en porcelaine remplacent les fèves à la fin du XIXème siècle, pour la joie des collectionneurs ! Et les variantes de la traditionnelle galette à la frangipane se multiplient : au beurre dans le dunkerquois, elle est brioche en forme de couronne dans le sud-ouest, et la même couronne briochée se pare de fruits confits dans le sud-est.
« Moi j’aime la galette, savez-vous comment ? quand elle est bien faite, avec du beurre dedans, lalala… »
Bon, la connaissez celle-là, hein ?! Et vous, vous l’aimez comment la galette ?