LES APPRENTIS CONFERENCIERS DE LA REPUBLIQUE DU SAVOIR

Ils s’appellent Igor, Léanna, Pierre, Joris, Lisa, Ella, Alicia, Eva, Khwalla et François. Ils sont élèves de 1ère ou de terminale des Lycées Angellier, de L’Europe, du Noordover ou  Sophie Berthelot. Ils ont rencontré Romain Ducoulombier, Président de la République du Savoir. Et les voilà, grâce à leur enthousiaste mentor,  propulsés conférenciers l’espace d’une journée à la Halle aux Sucres… Entre Rêves et Cauchemars, la jeunesse s’invite à la table des savoirs…

Invitation

La République du Savoir est née de l’envie de transmettre. Pas seulement des savoirs, mais aussi un savoir faire : l’art de la conférence. Se pencher sur un sujet, problématiser, explorer des univers et des bibliographies, structurer une pensée et construire une intervention devant un public. Mieux qu’une épreuve orale de bac.  C’est à cet art que se sont livrés quelques lycéens du littoral. D’abord afin de soumettre leur projet au conseil de la République du Savoir. Ensuite, pour les 9 élèves sélectionnés, afin de préparer leur conférence du mercredi 28 mars prochain. Pour leurs professeurs, engagés dans cette République-là, c’est donner l’envie de s’interroger, de se passionner et de transmettre. Arnaud Dubois et Loïc Figoureux du Lycée Angellier. Stanislas Kuttner-Homs du Lycée Sophie Berthelot. Stéphanie Paix du Lycée du Noordover. Olivier Owczarek du Lycée de l’Europe. Enseignants en Histoire-Géographie et en Lettres classiques. Avec à leur tête  Romain Ducoulombier. Professeur agrégé d’histoire au Lycée Angellier, ce passionné, et spécialiste incontesté, de la question communiste (il a publié 5 ouvrages sur le thème à retrouver ici), souhaite sortir de la classe, emmener ses élèves, et ses collègues, plus loin que l’horizon des examens.

L’édition 2017 fut un succès. Héros et Monstres avaient permis aux élus de l’année dernière d’explorer ce thème dans tous les sens de l’histoire, de la littérature et de la société : de Héraklès à Harry Potter, entre États Unis et Europe, de Wonder Woman à Jean Jaurès… Et cerise sur le gâteau :  c’est Annette Wieviorka, historienne et directrice de recherches émérite du CNRS, qui avait clôturé la journée par une intervention sur « Héros et Monstres : l’exemple de la Shoah ». Les actes de ce colloque sont d’ailleurs publiés et disponibles ici.

Cette année, les lycéens, guidés par leurs professeurs, se sont attelés aux « Rêves et Cauchemars »… À travers la musique, le langage, l’histoire, le climat, les migrations… Demandez le programme :

Programme

L’ambition de la République du Savoir ? Étendre son action à l’ensemble des lycées du département… pourquoi pas de la Région. Même si l’association, et les professeurs, ont reçu le soutien de la D.A.A.C. (Délégation Académique aux Arts et à la Culture), et des proviseurs des lycées concernés (notamment de M. Feryn, proviseur du Lycée Angellier), il leur manque des moyens pour mettre en œuvre cette ambition. D’où la possibilité de devenir adhérent de l’association en prenant contact . D’où la possibilité d’acheter les actes du colloque de l’année dernière, ici. D’où la possibilité d’assister à cette manifestation, pacifique, de la République du Savoir et d’en rencontrer tous les admirables ministres : 

Mercredi 28 mars 2018, dès 9h00, à La Halle aux Sucres, http://www.halleauxsucres.fr

Page Facebook des Lycéens de la République du Savoir : .

 

FENETRE SUR COUR. QUAND CAMBRON REGARDE PROUST QUI REGARDE LES HOMMES

Cabaret Catleya. L’Étranger dans la maison. Les Souliers de la Duchesse. Et aujourd’hui : Fenêtre sur cour. 4ème opus proustien pour Maxence Cambron et la Cie des Arpenteurs. Cet arpentage-ci nous propose de nous mettre à la fenêtre et d’observer, comme le narrateur de La Recherche du Temps perdu, les allées et venues de tous les barons de Charlus qui peuplent notre humanité…

Évidemment, avec un titre pareil, on se figure immédiatement James Stewart coincé dans son appartement de Greenwich Village à cause d’une jambe cassée et témoin-enquêteur des drôles d’histoires qui agitent ses voisins d’en face. Les seuls points communs entre le film d’Hitchcock et cette création qui s’imprègne de Sodome et Gomorrhe, 4ème tome de La Recherche, c’est la position de voyeur du narrateur. Et les fenêtres, aussi. Évidemment. Celles-ci sont figurées par une douzaine de stores vénitiens, qui invitent aux différents points de vue…. Celui du narrateur  sur le Baron de Charlus. Celui de Charlus sur Jupien, giletier « qui n’aime que les vieux messieurs ». Celui du vieux baron sur le narrateur lui-même. Celui de Maxence Cambron sur ces 30 pages d’une œuvre qui en compte près de 2000. Celui des spectateurs sur le monde de l’homosexualité et sur les relations humaines plus généralement. Celui du public sur la création en cours. Celui des acteurs sur les spectateurs… Mise en abîme, de fenêtre en fenêtre… Dans ce spectacle,  l’éveil du regard et la notion de point de vue sont essentiels, vous l’aurez compris.

 

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Fenêtre sur cour, d’après Sodome et Gomorrhe de Marcel Proust

 

Regard et point de vue de l’individu sur l’autre. Maxence Cambron explore les zones d’ombre de l’être humain, entre les lignes de  Proust. La jalousie, l’infidélité dans Cabaret Catleya. L’antisémitisme, l’hypocrisie, la méchanceté dans L’Étranger dans la maison. L’antisémitisme, encore, la vanité, le cynisme, dans Les Souliers de la Duchesse. L’autre, cet inconnu qui fait peur. Parce qu’il est homosexuel, par exemple. Parce que sa sexualité est différente. Fenêtre sur cour. Il s’agit bien sûr de la cour de l’Hôtel de Guermantes, dans laquelle les trajets de Charlus sont épiés. Il s’agit aussi de la cour « galante » à laquelle l’ homme mûr se livre pour séduire de jeunes hommes. Cour, ou parade amoureuse, rendue sensible par une métaphore parlante : le bourdon butinant l’orchidée, par extension tout insecte butinant une fleur… 

 

Affiche
Fenêtre sur cour, Maxence Cambron, Cie des Arpenteurs, mars 2018.

 

Et la création vidéo de Félix Létot porte cette métaphore tout au long du spectacle. Les stores deviennent alors écran. Écran qui montre. Écran qui cache. Comme le souvenir écran freudien, qui montre des oiseaux, des insectes et des fleurs, la parade amoureuse et la sexualité de la nature … pour montrer en fait la nature de notre sexualité. Des indices sont aussi ostensiblement placés sur l’espace scénique conçu comme une installation à laquelle le spectateur est convié : oiseaux, orchidée en pot, ouvrages sur la faune et la flore,  ouvrages critiques sur Proust, et un livre sur Fra Angelico… « le peintre des anges » … Les anges n’ont pas de sexe… Ou sont androgynes, comme l’apparaît Simon Capelle, prodigieux interprète du Narrateur de La Recherche, troublant de féminité dans sa nudité d’homme…

Et quel tour de force pour l’acteur de mémoriser non seulement le texte proustien, mais aussi la phrase la plus longue de La Recherche, qui se trouve justement dans cette partie. 847 mots… Pour la lire dans son intégralité, cliquez ici.

Il y est question de dissimulation du « vice », mot qui désigne à l’époque de Proust les pratiques, notamment sexuelles, qui ne sont pas jugées morales ou normales. Il y est question de signes de reconnaissance des individus s’adonnant à ce « vice ». Il y est question de « races » au sens d’espèces naturelles particulières d’êtres humains, qui s’opposent par leurs pratiques. Il y est question d’hypocrisie, de haine de celui qui vit autrement, de comédie qu’on se joue, à soi-même autant qu’aux autres... Il y est question finalement de rejet de l’autre qui est différent. Ce qui résonne évidemment aujourd’hui, aussi fort qu’en ce début de XXème siècle proustien… 

Et pour résumer la Recherche de Maxence Cambron, théâtrale, depuis plus de 15 ans, ces quelques vers d‘Edmond Jabès,  qui commencent la Chanson de l’étranger :

Je suis à la recherche
d’un homme que je ne connais pas,
qui jamais ne fut tant moi-même
que depuis que je le cherche.

Ou du même Jabès, cet aphorisme tiré de Un étranger avec, sous le bras, un livre de petit format : 

L’étranger te permet d’être toi-même, en faisant, de toi, un étranger.  

Pour découvrir le travail d’imprégnation que nous offrent les Arpenteurs, l’intelligence de la mise en scène de Maxence Cambron, la finesse et la force d’interprétation de Simon Capelle, les images puissantes de Félix Létot, le tout mis en lumières par Pablo Rançon, c’est à l’Atelier Culture La Piscine, rue du Gouvernement à Dunkerque, mercredi 14 et jeudi 15 mars prochains. Réservation souhaitée au : 03 28 23 70 69 / lapiscine@univ-littoral.fr

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DUNKERQUE-MALO. BAIN DES GIVRES 2018 : QUI OSERA SE METTRE A L’EAU ?

Lundi 1er janvier 2018. On prévoit entre 7 et 9 degrés sur la plage de Malo. Un vent faible à 25km/h. De petites averses éparses possibles. On prévoit de la soupe à l’oignon et de la bière en abondance au Maloin, 66 bis Avenue de la Mer à Malo. On prévoit une affluence de touristes curieux et hilares aux alentours de 11h30 sur le sable. On prévoit un départ  tonitruant et enthousiasmé en bande bigarrée et joyeuse à 12h pile. On prévoit un moment de bonne humeur extraordinaire, inédit, vivifiant, comme seuls Dunkerque et ses carnavaleux savent offrir. Comme ça. Pour le plaisir de se retrouver. De rire ensemble. De se sentir vivants. Alors, qui osera se mettre à l’eau ? 

Un avant goût, en images, grâce au talent et à l’œil de génie du photographe Jean Jepi. Qu’il soit remercié pour avoir immortalisé ces beaux et bons moments !

 

 

DE SAINT NICOLAS AU PERE NOEL

Le 6 décembre, la plupart des pays du Nord de l’Europe fêteront Saint Nicolas… Alors que dans d’autres régions, on attend plutôt, et avec une impatience non  dissimulée, la venue du Père Noël. Beaucoup ne s’embarrassent pas de choix cornéliens et fêtent les deux figures tutélaires de l’enfance, de la famille et de la joie. Et si ces deux figures n’en faisaient qu’une… Portraits croisés…

QUI EST DONC CE NICOLAS SI SAINT ?

Nicolas est né en Lycie, province d’Anatolie. Bout de la Turquie d’aujourd’hui. Il devient évêque de Myre, ville turque, en l’an 300 de notre ère, succédant à son oncle, lui-même évêque. Jusque là, rien d’extraordinaire.  Pourquoi est-il donc devenu aussi populaire dans tout le Nord de l’Europe et dans certains pays des Balkans ? Ce qui rend ce personnage extraordinaire, c’est sa personnalité généreuse et déterminée. D’ailleurs, ce sont souvent les personnalités généreuses et déterminées qui entrent dans la légende. Souvenez-vous de l’autre évêque, devenu saint très populaire lui aussi, Martin, fêté le 10 novembre. Nicolas, lui, ne partage pas son manteau avec un indigent. Mais il partage. Et vient en aide à ceux qui sont dans le besoin. L’histoire, puis la légende, retiennent de lui qu’il a donné trois sacs d’or à son voisin, pour qu’il puisse constituer des dots à ses filles, et leur épargner ainsi la prostitution. On dit aussi qu’il sauva de la famine la ville de Myre en persuadant des marins de se délester d’une partie de leur cargaison de grains.

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Saint Nicolas sauve 3 condamnés à mort, innocents.

Il sauve aussi trois jeunes gens injustement condamnés à mort. Il sauve des pêcheurs de la noyade. Et dans la légende que tout le monde connaît, il aurait sauvé trois enfants, découpés en morceaux par un méchant boucher et jetés au saloir pendant 7 ans… Ça, c’est la légende que l’on colporte, mais elle symbolise bien les actes de charité accomplis par l’évêque  : le sel de la mer, sel de sagesse que diffuse le personnage. Les 3 enfants symbolisent peut-être aussi l’innocence de ces trois condamnés à mort injustement. Il nourrit, il libère, dans tous les sens des termes, ceux qui le côtoient. Et c’est peut-être pour cela qu’il est devenu le patron de beaucoup de corporations (marins et commerçants, entre autres) et des enfants. Des reliques sont conservées. Notamment une phalange, à Saint Nicolas de Port, en Lorraine, où Saint Nicolas est très populaire.

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Zwarte Piet, le double négatif de Saint Nicolas.

Le Père Fouettard qui l’accompagne, et qui punit les bêtises quand lui récompense la sagesse, est une invention plus tardive. Il rappelle le boucher de la légende. On raconte que ce sont les Lorrains qui auraient inventé la figure de son alter ego maléfique, Rubbelz, «Robert à la fourrure», que les Belges appellent Zwarte Piet. Enfin, la monture de l’évêque ajoute encore à l’humilité du personnage : l’âne de Saint Nicolas est aussi célèbre que celui de Jésus ou celui de Saint Martin… Il n’est pas trop tard pour que vos enfants écrivent une lettre à ce saint si populaire : un service de la poste belge leur répondra volontiers… Voici l’adresse : Saint Nicolas, Rue du Paradis no 1, 0612 CIEL…

QUAND SANTA CLAUS DEVIENT PÈRE NOËL

Après la Réforme protestante survenue au XVIe siècle, la fête de Saint Nicolas est abolie dans certains pays européens. Les Hollandais conservent cependant cette ancienne coutume catholique. Au début du XVIIe siècle, des Hollandais émigrent aux États-Unis et fondent une colonie, « Nieuw Amsterdam » qui, en 1664, devient New York. En quelques décennies, cette coutume néerlandaise de fêter la Saint-Nicolas se répand dans ces jeunes États. Pour les Américains, Sinter Klaas devient rapidement Santa Claus. Et on le fête de plus en plus tard, les catholiques du Nouveau Monde associant ce saint préféré des enfants à la fête de Noël. En 1821, un pasteur américain, Clément Clarke Moore écrit un conte de NOËL pour ses enfants. Un personnage sympathique y apparaît, dodu, jovial et souriant… Ainsi naît le Père Noël, dans son traîneau tiré par huit rennes. La mitre de Saint Nicolas devient bonnet, la crosse sucre d’orge. Et l’âne est remplacé par 8 rennes fringants.  En 1860, Thomas Nast, illustrateur et caricaturiste au journal new-yorkais Harper’s Illustrated Weekly, revêt Santa-Claus d’un costume rouge, garni de fourrure blanche et rehaussé d’un large ceinturon de cuir. C’est Coca Cola, en 1931, qui popularise la figure du Père Noël, telle que nous la connaissons aujourd’hui, dans une campagne de publicité incitant à consommer sa boisson gazeuse même en hiver…
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Coca Cola popularise la figure du Père Noel dans les années 1930…

 Saint Nicolas et le Père Noël offrent des cadeaux… à condition d’être bien sage… Mais la commercialisation à outrance de ces fêtes populaires contribue-t-elle à la sagesse des masses… Permettez-nous d’en douter…

 

11 NOVEMBRE A COUDEKERQUE BRANCHE

Le cortège se forme rue Guynemer. Georges Guynemer, aviateur français, né à Paris en 1894, et mort au combat, le 11 septembre 1917, à Poelkappelle, de l’autre côté de la frontière, en pays flamand. C’est dire que cette année 1917, outre qu’elle commémore la prise de pouvoir d’un autre Georges, Clémenceau, permet aux Coudekerquois et au Député Christian Hutin, amoureux de Saint Pol sur Mer, dont il fut le maire pendant des années, de rendre hommage à l’aviateur adopté par notre région.

 

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M. Christian Hutin, Député.

 

C’est l’occasion aussi pour M. Parents, adjoint aux Anciens Combattants, de rappeler quel rôle important Coudekerque Branche joua dans les combats aériens lors de la Première Guerre Mondiale… Saviez-vous, par exemple, que la Ferme Vernaelde fut, parmi d’autres lieux stratégiques de notre localité, un aérodrome qui regroupa les forces aériennes françaises et celles, britanniques,  qui allaient devenir, en 1918, la Royal Air Force ?

 

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M. Jean Paul Parents, Adjoint aux Anciens Combattants.

 

Moment émouvant aussi parce que la jeunesse coudekerquoise est présente pour se souvenir de tragédies qu’elle ne connaît que par les cours d’histoire. Le collège du Westhoek, et son porte drapeau. Les enfants de l’école Pagnol, et sa Marseillaise. Les jeunes du Conseil Municipal des Jeunes, dont c’est la dernière sortie officielle, puisque les élections auront lieu ce mois de novembre. Louise Minne, Maire, Samuel Dumey, 1er Adjoint, Angèle Julien, Simon Weber, et quelques autres, sous la houlette bienveillante de Jean Luc Decreton, responsable du CMJ. Les sortants du CMJ étaient de sortie pour la dernière fois…

 

M. Decreton et le CMJ sortant
M. Jean Luc Decreton et les jeunes élus « sortants » du CMJ.

 

Angèle Julien a lu un très beau texte sur les conditions de vie terribles des « poilus » pendant le conflit. Pour retrouver le portrait d’ Angèle Julien, cliquez ici. Pour retrouver celui de Samuel Dumey, 1er Adjoint, cliquez. Pour retrouver les portraits croisés des deux Maires de Coudekerque Branche, David Bailleul et Louise Minne, cliquez ici.

Angèle Julien et le CMJ sortant

M. le Maire, David Bailleul, n’a d’ailleurs pas manqué de saluer la présence toujours plus nombreuse des jeunes à ce genre de commémoration. Il se dit rassuré que « la relève soit assurée », pour perpétuer la mémoire de ceux qui ont donné leur vie pour combattre les nationalismes de tous bords, et pour tenir bien haut le flambeau de la Démocratie et de la République.

 

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M. David Bailleul, Maire de COudekerque Branche.

 

Le ciel semblait protéger la  générosité de tout le petit peuple coudekerquois : il n’a même pas plu…

images : photographies LeMag@zoom

SAINT MARTIN : DE L’INDIGNATION A L’AMOUR

En ce moment, ne demandez pas aux enfants ce qui se passe le 11 novembre. Ils vous rétorqueront que ce n’est pas le 11 novembre qui compte, mais le 10 ! La Saint Martin. Fête populaire dans le dunkerquois, certes, mais aussi un peu partout en Europe du Nord. Pourquoi un tel engouement ? Qu’est-ce qui dans la vie du personnage a retenu l’attention du temps et des hommes pour que la figure historique devienne légendaire ?

DU GLAIVE À LA CROSSE

Saint Martin, tout le monde le connaît… ou croit le connaître. En soutane épiscopale pourpre ou mauve, coiffé de sa mitre et tenant sa crosse, on le voit chaque dixième jour de novembre arpenter les rues de nos communes du nord du Nord, accompagné de son inénarrable âne. Et distribuant, pour le bonheur des enfants, croquendoules et folaerts, ou volaeren. Au son de la musique et  des chants que tous reprennent en chœur : « Saint Martin, boit du vin, dans la rue des Capucins ». Voilà la figure pittoresque que le folklore populaire a gardé en mémoire et met en scène chaque année depuis le XIXème siècle.

Mais Martin, dont la vie rocambolesque est racontée par Sulpice Sévère en 395, est un homme, avant tout, et un homme extraordinaire. Aujourd’hui, le Pape François, lui qui rejette les ors et les fastes de l’Église, en aurait fait son conseiller. Et nul doute, que Martin serait l’ami de Pierre Rabhi ou soutiendrait la cause des Indignés. En effet, ce soldat de l’Empire romain finissant (sa vie se déroule sur le IVème siècle), adopte la cause des pauvres et des déshérités par un geste qui en fait un saint avant même sa canonisation :

la cape de Martin

il partage sa cape avec un indigent qui est en train de mourir, littéralement, de froid. Vous me direz, il aurait pu lui filer la cape en entier. Sauf que Martin ne rigolait pas avec le règlement. Et la règle militaire à l’époque voulait que la moitié de l’habit appartînt à l’armée, l’autre au légionnaire. N’empêche qu’il donne, par cette moitié, la totalité de ce qui lui appartient… Pour la petite histoire, le bout de cape en question aurait été acheminé plus tard à la chapelle palatine d’Aix la Chapelle… Ce qui aurait donné d’ailleurs le nom « chapelle » (lieu où l’on garde la c/h/ape du Saint). De  même, Martin donneur de cape aurait été choisi comme patron protecteur des … Capé/tiens.

L’ÉVÊQUE DES PAUVRES

Il épouse alors l’église catholique, balbutiante encore, à cette époque où cultes romains et paganisme font bon ménage dans les campagnes françaises. Il s’entoure du clergé régulier (les moines, qui vivent selon des règles drastiques et dans la pauvreté, comprennent son combat). Le clergé séculier, celui des villes notamment, a trop tendance, à son goût, à s’installer dans le confort…. L’événement majeur pour lui, et pour la légende dorée qui naîtra ensuite, c’est sa nomination comme évêque de Tours. Quel chemin pour cet homme né en Hongrie et amené à présider le lourd évêché de Tours. Et quelle surprise pour les instances religieuses de Tours quand elles constatent que le nouvel évêque est un homme d’action, qui veut revenir à l’esprit de l’Évangile. Pauvreté et générosité. La loi d’amour quoi. Il se met alors en route. On le croise sur les routes de campagne, visitant les plus humbles, leur apportant la bonne parole. Ça ne vous rappelle pas quelqu’un ? Sauf que là, l’évêque Martin veut amener à cette loi d’amour des populations rustres, qui pratiquent encore des cultes païens et adhèrent à des croyances superstitieuses. Il arpente ainsi son évêché, mais pas que. Il sillonne les routes du nord, de la France et de l’Europe. Le culte de Saint Martin est très vivace en Belgique et en Allemagne. Comme le prouve cette sculpture contemporaine de Saint Martin, à Mayence, en Allemagne.

Saint Martin à Mayence L’évêque des pauvres n’est d’ailleurs pas mort sur son siège épiscopal. Il est mort en pleine mission d’évangélisation, à Candes, près de Tours.

UNE TRADITION DUNKERQUOISE

Et c’est au cours d’une de ses nombreuses campagnes d’évangélisation qu’il se serait retrouvé à …Dunkerque. Et là, vous connaissez la légende. Son âne, le cheval du pauvre comme chacun sait, se serait égaré dans les dunes. Les enfants, figures de l’innocence que Martin voulait raviver dans le culte chrétien, l’aident à retrouver la bête. En récompense de leur persévérance à avancer dans l’obscurité guidés par la lumière (celle de la foi ? de l’amour?), l’homme pieux accomplit un miracle : il transforme les crottes de l’humble animal en petits pains… Observez bien le cortège qui suit Saint Martin : bien souvent, il est emmené par 4 porteurs de flambeaux… Symboles des 4 Evangiles que voulait répandre autrefois l’homme saint et qui le guidaient dans les ténèbres de l’ignorance… ?

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ENTRE OMBRE ET LUMIÈRE

Une fête de la lumière. Aussi. Vaincre l’obscurité naissante de l’hiver qui s’approche en cheminant, lanterne à la main. C’est un avant goût du solstice d’hiver, au mitant de l’année, qui annonce le retour progressif de la lumière. La Saint Martin serait comme une répétition générale de ce grand spectacle. Alors, le 10 novembre, au cœur du cortège de lampions, de betteraves et des enfants illuminés de joie, souvenons-nous un peu de cet homme qui, avant d’être un frère de Saint Nicolas et un vieil oncle du père Noël, fut un homme d’amour qui savait s’indigner…

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POUR LUTTER CONTRE LA « PEDAGOGIE DE GARCON DE CAFE » : FIN DE LA COMPETENCE. RETOUR A LA PENSEE

Ce sont les vacances, et les profs en ont bien besoin. À l’heure où l’on reparle de réduire la durée des congés d’octobre, il est bon de rappeler que leurs missions, empilées façon millefeuille depuis deux décennies, s’accompagnent d’une fatigue mentale due à une dépense d’énergie folle pour capter l’attention et la concentration des élèves… Pourquoi ce déploiement d’énergie ?  En septembre 2011, le journal Le Monde publiait un entretien croisé entre Philippe Meirieu, pédagogue et essayiste, et Marcel Gauchet, historien et philosophe, qui apportent ensemble des réponses à ce phénomène d’éparpillement de l’attention de la jeunesse.  De l’enfant désiré à la marchandisation de nos désirs et de la société. Retour sur un processus qu’il est temps d’inverser si l’on veut instaurer à nouveau dans les classes le calme et la concentration nécessaires à la pensée…

Philippe Meirieu : Nous vivons, pour la première fois, dans une société où l’immense majorité des enfants qui viennent au monde sont des enfants désirés. Cela entraîne un renversement radical : jadis, la famille « faisait des enfants », aujourd’hui, c’est l’enfant qui fait la famille. En venant combler notre désir, l’enfant a changé de statut et est devenu notre maître : nous ne pouvons rien lui refuser, au risque de devenir de « mauvais parents »…
Ce phénomène a été enrôlé par le libéralisme marchand : la société de consommation met, en effet, à notre disposition une infinité de gadgets que nous n’avons qu’à acheter pour satisfaire les caprices de notre progéniture.
Cette conjonction entre un phénomène démographique et l’émergence du caprice mondialisé, dans une économie qui fait de la pulsion d’achat la matrice du comportement humain, ébranle les configurations traditionnelles du système scolaire.
Pour avoir enseigné récemment en CM2 après une interruption de plusieurs années, je n’ai pas tant été frappé par la baisse du niveau que par l’extraordinaire difficulté à contenir une classe qui s’apparente à une cocotte-minute.

Dessin de Jack (site Danger Ecole)

Dans l’ensemble, les élèves ne sont pas violents ou agressifs, mais ils ne tiennent pas en place. Le professeur doit passer son temps à tenter de construire ou de rétablir un cadre structurant. Il est souvent acculé à pratiquer une « pédagogie de garçon de café », courant de l’un à l’autre pour répéter individuellement une consigne pourtant donnée collectivement, calmant les uns, remettant les autres au travail.
Il est vampirisé par une demande permanente d’interlocution individuée. Il s’épuise à faire baisser la tension pour obtenir l’attention. Dans le monde du zapping et de la communication « en temps réel », avec une surenchère permanente des effets qui sollicite la réaction pulsionnelle immédiate, il devient de plus en plus difficile de « faire l’école ». Beaucoup de collègues buttent au quotidien sur l’impossibilité de procéder à ce que Gabriel Madinier définissait comme l’expression même de l’intelligence, « l’inversion de la dispersion ».
Dès lors que certains parents n’élèvent plus leurs enfants dans le souci du collectif, mais en vue de leur épanouissement personnel, faut-il déplorer que la culture ne soit plus une valeur partagée.

Marcel Gauchet : L’école est prise dans ce grand mouvement de déculturation et de désintellectualisation de nos sociétés qui ne lui rend pas la tâche facile. Les élèves ne font que le répercuter avec leur objection lancinante : à quoi ça sert ? Car c’est le grand paradoxe de nos sociétés qui se veulent des « sociétés de la connaissance » : elles ont perdu de vue la fonction véritable de la connaissance.

C’est pourquoi nous avons l’impression d’une société sans pilote. Il n’y a plus de tête pour essayer de comprendre ce qui se passe : on réagit, on gère, on s’adapte. Ce dont nous avons besoin, c’est de retrouver le sens des savoirs et de la culture.

Pour retrouver l’intégralité de l’entretien, c’est par ici.

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