MISERABLES ! EN CHANSONS, ET EN CHANTIER…

Vous connaissez l’œuvre magistrale de Victor Hugo, Les Misérables. Vous connaissez les personnages qui traversent le roman : Jean Valjean, Cosette, Fantine, Gavroche, les Thénardier…. Vous connaissez tous plus ou moins leur histoire. Mais connaissez-vous le spectacle musical écrit par Claude Michel Schönberg et Alain Boublil en 1980 ? C’est ce spectacle que l’École Municipale de Musique et de Danse de Coudekerque Branche prépare pour juin 2016. Et ça répète, ça répète… Visite du chantier, par ici..

Séance de répétition de Misérables ! à la salle Jean Vilar.
Séance de répétition de Misérables ! à la salle Jean Vilar.

60 musiciens, presqu’autant de danseuses, 1 danseur, une cinquantaine de choristes, 10 solistes. Tout ce petit monde a commencé à répéter dès septembre pour mettre sur pied une adaptation du spectacle musical digne d’un opéra, créé en 1980 par Robert Hossein et coécrit par Alain Boublil et Claude Michel Schönberg. Depuis sa création, cette comédie musicale a été jouée sur les plus belles scènes de Londres ou de New York, a été représentée  par 64 compagnies professionnelles dans le monde entier. Les paroles ont été traduites dans 21 langues et le spectacle représenté dans 38 pays. C’est donc à un morceau de choix que s’est attaquée toute cette petite troupe d’enfants de Coudekerque Branche, sous les houlettes bienveillantes  d’adultes enthousiastes. Ludovic Minne, chef d’orchestre, a adapté les prestigieuses partitions. Julie Delvart a imaginé les chorégraphies qui accompagnent les solistes. Sébastien Blanquart dirige la chorale. Marjorie Tricot met en scène, rassemblant toutes les pièces de ce puzzle géant. Car les groupes répétaient séparément jusqu’à cette semaine…

Sébastien Blanquart dirige la chorale.
Sébastien Blanquart dirige la chorale.

Cette semaine où ils se sont retrouvés sur la scène de ce petit bijou qu’est la salle Jean Vilar. Ils se sont retrouvés pour mettre en place les tableaux les plus complexes. Ceux qui rassemblent le plus. À l’usine de Jean Valjean devenu Monsieur Madeleine. Vous vous souvenez ? Quand Les ouvrières découvrent que Fantine a une enfant qu’elle cache, Cosette, et la renvoient ? Ou dans l’auberge des Thénardier. Vous vous souvenez ? Ces deux tenanciers peu scrupuleux qui exploitent et malmènent la petite Cosette que Fantine leur a confiée ? Ou encore sur les barricades. Vous vous souvenez ? Quand on retrouve tous ces personnages dans le Paris qui gronde de l’année 1832 ? Marius, l’étudiant idéaliste et révolutionnaire en première ligne. Avec le petit Gavroche qui se joue des balles en chantant sa mémorable chanson : « Je suis tombé par terre / C’est la faute à Voltaire… » Avec l’émouvante Éponine qui sacrifie son amour pour Marius et sa vie, pour que Cosette, devenue une belle jeune femme, épouse le bel étudiant. Quelle émotion de retrouver tous ces personnages, incarnés par des enfants, des adolescents et quelques adultes qui prêtent leurs voix à la partition du grand Hugo !

Julie Delvart a imaginé les chorégraphies.
Julie Delvart a imaginé les chorégraphies.
Quelques danseuses en répétition.
Quelques danseuses en répétition.

Et ils chantent la misère des peuples. Car le texte de Victor Hugo, enchanté et réactivé par les textes de Boublil, sonnent avec une étrange actualité.

Pauvreté, chômage, inégalités sociales, sort de la femme, droits de l’enfant, avenir de la jeunesse… Tous ces thèmes nous interpellent encore, plus de 150 ans après la publication du roman.

« Tant qu’il existera, par le fait des lois et des mœurs, une damnation sociale créant artificiellement, en pleine civilisation, des enfers ; tant que les trois problèmes du siècle, la dégradation de l’homme par le prolétariat, la déchéance de la femme par la faim, l’atrophie de l’enfant par la nuit, ne seront pas résolus ; tant que l’asphyxie sociale sera possible ; en d’autres termes, tant qu’il y aura sur la terre ignorance et misère, des livres de la nature de celui-ci pourront ne pas être inutiles. » Les Misérables, Préface, Victor Hugo, Hauteville-House, 1862.

Dans ce spectacle adapté pour la scène de Jean Vilar, la parole de Victor Hugo et son message humaniste sont portés par les chants, mais aussi par un habillage vidéo projeté. Et on peut saluer le travail d’Amandine Planke, photographe de la ville, qui assemble textes du roman et images pour assurer la cohésion narrative du spectacle.

La chorale en répétition.
La chorale en répétition.
L'orchestre en répétition.
L’orchestre en répétition.

Vous l’aurez compris : ce projet de l’EMMD de Coudekerque Branche est un véritable défi. Musical. Théâtral. Chorégraphié. Sonore et visuel. Un spectacle complet. Défi pour tous les participants. Défi à notre époque surtout : saura-t-elle entendre le message du visionnaire Hugo porté par toutes ces jeunes et talentueuses voix ? Rendez-vous les 18 et 19 juin…. Et dans d’autres articles pour suivre l’avancement du chantier…

Les photos sont d’Amandine Plancke, photographe de la ville de Coudekerque Branche. Avec son aimable autorisation et son incroyable talent. Qu’elle en soit remerciée !

 

 

NOORDOV’ART : LA JEUNESSE DE L’ART

Chaque année au printemps, le Lycée du Noordover de Grande Synthe prend un coup de jeune et s’expose, se projette, se déclame, chante, déambule, titille les fibres artistiques… Bref, c’est le Noordov’Art : la semaine culturelle pendant laquelle les jeunes des options artistiques proposent leurs travaux au public. Visite du chantier ici.

Affiche du Noordov'Art 2016, réalisée par les élèves de l'option arts plastiques.
Affiche du Noordov’Art 2016, réalisée par les élèves de l’option arts plastiques.

DES OPTIONS AU TOP !

Ce qui fait la spécificité du lycée du Noordover dans le dunkerquois : ses options artistiques, proposées aux élèves, dès la classe de seconde. C’est 3 heures par semaine. 3 heures de bonheur.

Le théâtre, c’est avec Céline Croquefer. On y apprend la confiance en soi, la maîtrise gestuelle, la maîtrise du souffle et de la parole. Pas besoin d’être fortiche en littérature pour intégrer l’option : être motivé suffit. On y apprend aussi à être spectateur et critique : 6 sorties dans l’année, au Bateau Feu surtout, partenaire du lycée. On fait venir des comédiens aussi, et des spectacles. Cet automne, les lycéens et les ateliers théâtre des collèges environnants ont eu la chance d’applaudir H6 au M2, le « petit format » d’Henry VI de Shakespeare, et de redécouvrir le théâtre de tréteaux.

Représentation de H6M2, par La Piccola Familia.
Représentation de H6M2, par La Piccola Familia.

Le cinéma, c’est avec Sébastien Türk. On regarde des films, on les analyse. On participe à des festivals. Écriture du scénario et des dialogues, tournage, montage, mixage son… Les apprentis réalisateurs s’exercent à ce métier qui s’apparente à un travail de fourmi, où la fantaisie côtoie la plus grande des rigueurs. Ils réalisent des courts métrages. Qui sont projetés parfois au Studio 43, partenaire officiel de l’option. Ils ont par exemple réalisé un clip pour le lancement de la Cô Pinard’s Cup 2016. Évidemment, ils ont réalisé aussi cette petite vidéo de présentation du Noordov’Art 2016 :

Les arts plastiques, c’est Marc Trotignon. Passionné d’arts sous toutes ses formes, il transmet sa passion aux élèves qui expérimentent, photographient, vidéoprojettent, peinturlurent, collent, détournent, réinventent, créent des œuvres ou des espaces d’expo éphémères, et savent argumenter, expliquer le parti pris de leurs créations. Époustouflant ! Là encore, pas besoin de savoir forcément dessiner. On apprend, des techniques. On crée quand on maîtrise ces techniques pour faire exister quelque chose qui plaît, interpelle le regard et la pensée…

Noordov'Art 2015.
Noordov’Art 2015.

La musique, c’est Nicolas Callens. Là aussi on apprend à écouter et à être critique. On apprend aussi à jouer ensemble. Une guitare, un piano, une basse, une flûte traversière, une clarinette, des voix. Et la magie commence. On crée, plus que jamais. Et on part à la rencontre de toutes les musiques. La Philharmonie de Paris. Ou L’ONL, plus près de chez nous.

Nicolas Callens et ses élèves.
Nicolas Callens et ses élèves.

DEMANDEZ LE PROGRAMME

Parce que « l’art est simplement la preuve d’une vie pleinement vécue », Stiv Bators (1990).

mardi 29 mars, à partir de 18h15 : soirée des secondes

mercredi 30 mars, 11h : les lycéens artistes de tous les niveaux présentent un florilège de leurs créations

jeudi 31 mars, à partir de 18h15 : soirée des premières

vendredi 1er avril, à partir de 19h30 : soirée des terminales, et grand spectacle à 20h15 !

Lycée du Noordover, 24 avenue de Suwalski, 59 760 Grande Synthe, 03 28 21 63 60

le site du lycée : ici.

la page Facebook de l’option ciné, CINOORDO : .

image 1 : flyer Noordov’Art 2016

image 2

image 3

image 4

 

QUAI DU PRELUDE… ACTION !

Moteur demandé. Ça tourne au son. Ça tourne à l’image. Annonce. Quai du Prélude, séquence 20, plan 1, 1ère. Sileeeennnnce…. Action ! Et ça tourne. Dans tous les sens du terme. Dans le bureau d’Olga. Dans le couloir. Dans l’espace cabaret aménagé près du bar. Sur la scène de La Piscine. Autour de Félix Létot, le réalisateur, pour poser câbles, combo et autre mandarine. Film noir. Quai de pluie, piano bar et tontons flingueurs. Quai du Prélude… Atmosphère…

photo 2

Régulièrement, l’Atelier culture de l’ULCO, La Piscine, offre la possibilité à des jeunes, et moins jeunes, passionés de pratiques artistiques de travailler avec des professionnels sur un projet. Danse. Théâtre. Chant. Et cinéma, cette fois, avec Félix Létot, jeune réalisateur, pionnier de XILEF Productions. Vous avez vu Vent de Folie ? Son premier long métrage ? Oui ? Non ?! Tant pis pour vous… Y aura peut-être rattrapage, avec la sortie d’un DVD… Pour l’heure, Félix a réuni une trentaine d’étudiants autour d’un projet de film. QUAI DU PRÉLUDE. Un projet dans sa totalité : écriture du scénario, tournage, montage, mixage. Scénaristes, dialoguistes, décorateurs,   accessoiristes, costumiers, preneurs de son, preneurs d’images, intendance… Il en faut, du monde, sur un tournage… On comprend l’importance, et la longueur, du générique. Pierre et JC au son. Pablo, partout où il faut un technicien. Donc partout. Vincent le chef op. Et puis les premiers rôles, tenus par des acteurs professionnels : Maxence Cambron et Christophe Jean. Et tous les autres, invités dans l’aventure. Conscients de cette chance exceptionnelle d’être dirigés par des pros.

Félix Létot, réalisateur.
Félix Létot, réalisateur.

Il y a dans le tournage quelque chose qui s’apparente à la vie dans une fourmilière. Un rituel bien huilé qui se répète à l’infini.

chef op
Vincent, chef opérateur.

Il faut d’abord préparer la scène : câblage pour les projos et les micros. Et puis, les acteurs répètent. Et puis on prend la lumière. On voit comme tout ça rend à l’image. On fait une « méca »… Comprenez une « mécanique » : on joue la scène et on vérifie que tout est ok : son, image, placement des acteurs dans le cadre. Et puis … ça tourne. Une prise. Une 2ème parce qu’y a un couac  au son. Une 3ème parce que le chef op a remarqué une ombre. On change la place d’un comédien. 4ème… 5ème… 6ème… 12ème  prise. Et c’est bon pour le réalisateur. Et pour tout le monde. Alors, on fait une « sécu ». Comprenez une « sécurité ». On assure une dernière prise. Pour être sûr de passer proprement à la postérité. Ici, l’artiste est aussi et d’abord  artisan. La technique est au service de l’esthétique.

Pierre au son
Pierre, ingénieur son.

Au bout d’une journée, tout le monde est vanné. Normal. On comprend. Et le lendemain, on recommence… Le tournage de Quai du Prélude a duré une semaine. Temps record. Défi au temps. D’autant qu’il a fallu faire avec une météo capricieuse.

tournage sur le môle

Le Môle 1 sous la pluie et dans le vent, c’est rude… Une semaine de tournage. Et puis maintenant, la tâche se poursuit : dérushage, montage, mixage… Autre travail de fourmi. Autour de Félix Létot et de ses apprentis réalisateurs de l’ULCO. Là encore un défi au temps. La projection aura lieu mercredi 27 et jeudi 28 avril 2016, à La Piscine.

Mais au fait, on ne vous a pas fait le pitch ? Le voici : ici.

Le site de Xilef Productions : .

Infos et réservation pour la projection : par ici.

images 1, 3, 4 et 5 : photographies réalisées par Laurent WILLIART. Qu’il soit remercié !

image 2

 

L’AMOUR : TOUT UN ART…

Pour les amateurs d’art, pour les amoureux de peinture ou de sculpture, pour les amoureux tout court, Le Mag@zoom fête à sa façon  la Saint Valentin…

Paul de Tarse, 1er siècle : « Si je n’ai pas d’amour je ne suis rien. L’amour est patient, il est plein de bonté ; l’amour n’est point envieux, il ne se vante point, il ne s’enfle pas d’orgueil. Il ne fait rien de malhonnête. Il ne cherche point son intérêt, il ne s’irrite point, il ne soupçonne point le mal. Il ne se réjouit point de l’injustice, mais il se réjouit de la vérité. Il excuse tout, il croit tout, il espère tout, il supporte tout. L’amour ne meurt jamais. »

image 1

image 2

image 3

image 4

image 5

LA CHANDELEUR : PETITE LEÇON DE SYMBOLISME

Le 2 février cette année, vous fêterez peut-être la chandeleur en faisant sauter des crêpes. Mais quelle est l’origine de cette tradition ? Et puis pourquoi des crêpes ? Et pourquoi tenir parfois une pièce dans la main ? Réponses dans cet article…

UN ENFANT ET DES CHANDELLES

La chandeleur, fête des chandelles, est une tradition très ancienne. Elle a lieu 40 jours exactement après Noël et commémore le jour où Marie et Joseph sont allés présenter leur premier né, Jésus, au Temple de Jérusalem. Marie, à l’instar de toutes les mères de confession juive, offre un sacrifice au dieu pour le remercier de lui avoir donné un enfant bien vivant.

Présentation de Jésus au Temple, Andrea Mantegna, 1465.
Présentation de Jésus au Temple, Andrea Mantegna, 1465.

Cette pratique rituelle fait référence à un autre épisode de la Bible : celui des Dix Plaies d’Égypte (cf le Livre de L’Exode). Les grenouilles, le Nil ensanglanté, les sauterelles…. vous connaissez. La dernière plaie : dieu fait mourir tous les nouveaux nés d’Égypte, sauf ceux des Hébreux. Ainsi, en mémoire de cet épisode, et dès le IVème siècle, toutes les jeunes mères pratiquent cette action de grâce et présentent leur enfant au Temple, en général 40 jours après leur naissance.

La coutume s’étend rapidement dans le monde chrétien. Au VIIème siècle, à Rome, on organise des processions de pénitence,  à la lumière de cierges (que l’on bénit à partir du Xème siècle). Fête de la lumière :  de ces « chandelles » que sont les cierges. Fête de la lumière :  cet enfant Jésus que Syméon ou Simon, personnage de l’Évangile de Luc, présent le jour de la Présentation de Jésus au Temple, reconnaît  comme « Lumière pour éclairer les nations ».

Syméon, peint par Alexey Yegorov (1830-1840).
Syméon, peint par Alexey Yegorov (1830-1840).

DES PETITS SOLEILS DANS VOTRE ASSIETTE

La crêpe est ronde et dorée, comme un petit soleil, source de lumière. Elle annonce, comme la chandelle, le retour de la lumière qui s’est amorcé au Solstice d’hiver,  auquel est superposée la fête de Noël pour les chrétiens. Et puis, elle est faite, dès le Vème siècle où elle est associée à la fête des chandelles, de froment ou de blé : symbole des moissons futures. D’ailleurs, la pièce qu’on tient souvent dans la main pour faire sauter la première crêpe est une conjuration du mauvais sort, un appel à la prospérité et à l’abondance.

La crêpe ressemble à un petit soleil...
La crêpe ressemble à un petit soleil…

image 1

image 2

image 3

 

UN CHAT DE 95 ANS !

Enfin, pas tout à fait. C’est celle qui a créé l’incontournable Bal du Chat Noir qui fête ses 95 ans cette année. L’association Les Quat’Z’Arts est à ce jour la plus vieille société philanthropique dunkerquoise. Et la vieille dame se porte plutôt bien, si l’on en croit les festivités et les surprises qu’elle prévoit pour honorer son grand âge. C’est leur anniversaire, mais ce sont eux qui offrent les cadeaux. Les cadeaux des Quat’Z’Arts ? On vous en parle ici… Portrait d’une association au grand cœur.

Le célèbre Chat de Geluck, parodié par Philippe Sagot.
Le célèbre Chat de Geluck, parodié par Philippe Sagot.

AU BAL : TOURNÉE GÉNÉRALE

Première surprise : une pinte ! Patrick Levoye, l’actuel Président de l’association, s’y est engagé : chaque carnavaleux présent au bal du Chat Noir le samedi 16 janvier 2016 se verra offrir un verre ! Comme ça. Pour le plaisir. Après tout, c’est la devise de l’asso depuis sa création en 1921 : Plaisir et Charité. Ce sont les carnavaleux qui depuis tout ce temps permettent aux Quat’Z’Arts de financer tant de belles actions philanthropiques. Ça, c’est le côté Charité. Alors les Quat’z’Arts remercient leurs bienfaiteurs en leur payant un verre. Le verre de l’amitié. Ça, c’est le côté Plaisir.

Affiche 2016.
Affiche 2016.

DES QUAT’Z’ARTS, UN CHAT NOIR, TOUTE UNE HISTOIRE

Vers 23h45, une autre surprise… Et là, ils innovent. Font preuve de créativité. Les Quat’Z’Arts vont projeter leurs 95 ans d’histoire sur les murs du Kursaal. Du mapping vidéo, ça s’appelle. De la projection d’images en 3D. C’est magnifique. Vous vous souvenez peut-être des projections vidéo qui ont illuminé les Bains Dunkerquois fin 2014 ? Ou celles qui rehaussent l’Église Saint Éloi pour les fêtes de Noël ?

Eh bien, c’est ça, mais version Quat’Z’Arts – Chat Noir. Ça promet d’être grandiose…

UN CHAT EN BOÎTE

Une autre surprise encore ! Vers 1h30 du matin, dans la petite salle cette fois… Ambiance discothèque. Boîte de nuit. Et là, nous avons eu beau tirer les moustaches du chat, il n’a pas daigné nous dévoiler vraiment la surprise… Patrick Hernandez chantera son tube interplanétaire Born to be alive ? Patrick Sébastien fera vraiment cette fois tourner les serviettes ? Des chippendales wale wale nous feront un numéro de nu intégral ? Pascal Houdot, chargé de communication de l’association, garde le secret…

DU MAPPING AUX MAJORS

Ce qui fait le charme du Bal du Chat Noir, c’est cette immense horloge qui décompte le temps jusqu’au lancement officiel de la saison carnavalesque. Majesté  des Tambours Majors et de la clique pour le chahut de minuit. Et ça, c’est le cadeau annuel des Quat’Z’Arts…

LE CHAT  VIEZ-VOUS ?

Que sont Les Quat’Z’Arts ? Pourquoi Le Chat Noir ? 1921. L’association naît à une époque où de grands auteurs comme Proust, Gide, Mauriac ou Colette font la une de l’actualité littéraire et artistique, aux côtés de Modigliani, Chagall ou du Douanier Rousseau. Et c’est Henri Ferrari qui la fonde. Convaincu par la devise latine : mens sana in corpore sano. Un esprit sain dans un corps sain. Les arts, oui. Le sport, aussi. Et le don de soi, par dessus tout. Un homme ne peut se réaliser, selon ce bienfaiteur de l’humanité, que s’il s’engage et milite pour autrui. Henri Ferrari s’était déjà illustré en créant en 1899 la première équipe de football dunkerquoise. Au lycée Jean Bart. Dont il était un ancien. Il est aussi à l’origine de la section cycliste du BACD Malo Rosendaël. Il invente même la presse sportive régionale !

Il décide donc de mettre en pratique sa foi en l’humanité en donnant naissance à une association philanthropique et en organisant un bal dont les bénéfices seront reversés aux plus démunis. En 1921, Montmartre est le creuset des arts. Tout le monde connaît le cabaret Le Chat noir, fondé par Rodolphe Salis en 1881. Cest tout naturellement, donc, que les pères fondateurs de l’association, étudiants aux Quat’Z’Arts (sculpture, peinture, architecture et gravure) lancent le thème du cabaret montmartrois comme décor à leurs premiers bals. À l’époque, d’ailleurs, les bals « du Chat Noir » ont lieu au Café George, Place du Théâtre à Dunkerque. Les Quat’Z’arts inventent le bal philanthropique. Et adoptent leur mascotte : le Chat noir.

Affiche du célèbre cabaret montmartrois LeCHat noir, fondé par Rodolphe Salis.
Affiche du célèbre cabaret montmartrois LeCHat noir, fondé par Rodolphe Salis.

Du Palais Jean Bart à la Salle de la Concorde, en passant par le Normandie Dancing, la Salle des Pompiers ou le Casino de Malo, Le Chat se promène et draine de plus en plus d’adeptes.  Les masquelours se retrouvent depuis 1984, et chaque année, au grand Kursaal. Michel Gadeyne, un des membres de l’association, publie un magnifique ouvrage en 1996, pour les 75 ans des Quat’Z’Arts, retraçant l’histoire de cette belle société. Il en rappelle les motivations :

Le philanthrope n’étudie ni ne disserte. Il apporte son aide aux plus démunis (…) L’association veut rendre à ceux qui l’ont perdue leur intégrité d’homme.

Et depuis 95 ans, portée par d’illustres figures dunkerquoises comme Paul Asseman, Gustave Fontaine ou Paul Verley, la générosité des Quat’Z’Arts soulage la difficulté de ceux qui sont dans le besoin. Les Resto du Cœur, La Banque alimentaire, les associations tournées vers le handicap ou le 3ème âge… Ce sont autant de dons pratiqués chaque année, et générés, entre autres, par les recettes du bal. Entre autres. Car les Quat’Z’Arts sont présents sur d’autres événements dunkerquois : les après-midis récréatifs du Petit Kursaal pour les personnes âgées, Dunkerque en Survêt’, le traditionnel Salon du Vin et de la Bière ou  l’inénarrable Cô Pinard’s Cup. Ils prévoient même d’innover en 2016 en s’intégrant à l’action d’Octobre Rose, le mois de la lutte contre le cancer du sein. Car ils ont beau être 48 hommes membres de l’asso (pour huit femmes), derrière chaque homme, il y a une femme qui œuvre… Il n’y a qu’à voir qui sont les bénévoles présentes sur ces différents événements. 80 000 euros ainsi reversés en 2015. Et pas seulement à des assos. À des particuliers aussi. Les Quat’Z’Arts financent par exemple des équipements plus ou moins lourds pour des personnes handicapées. Venir en aide aux plus démunis. Pascal Houdot insiste : si vous êtes dans la difficulté, n’hésitez pas à déposer une demande d’aide au siège de l’association Les Quat’Z’Arts : Bastion 32  Courtine 5 Route des Anciens Chantiers de France, 59140 Dunkerque.

95 ans, les Quat’Z’Arts ! Ce qu’on peut leur souhaiter pour leur anniversaire ? Laissons répondre Pascal Houdot :

Ce qu’on peut nous souhaiter ? Que chat va bien pour les années à venir !

 

La page Facebook des Quat’Z’Arts : ici.

image 1

image 2

image 3

galerie de 5 images : affiches du Bal du Chat Noir, aimablement transmises par Pascal Houdot.

 

UNE PRINCESSE PAS COMME LES AUTRES

Elle ne sait pas marcher avec des talons. Elle ne sait pas coudre. Elle attend le prince charmant.  Bref, elle ne sait pas se prendre en main. Elle n’est pas libre… D’ailleurs, elle vit au fond d’une grotte… Jusqu’au jour où elle comprend qu’elle ne peut compter que sur elle-même… Un conte initiatique ? Une princesse singulière. Une princesse plutôt sage qui va faire un carnage…

GENÈSE D’UNE PRINCESSE

Un spectacle pour les fêtes. Si possible avec des princes et des princesses, un peu comme dans La Reine des Neiges. Voilà un peu la commande qu’a reçue Nicolas Fabas, directeur de la Compagnie Noutique pour la commune de Béthune, où la jeune compagnie est implantée. Sauf que Nicolas n’avait pas très envie d’écrire un remake de Libérée, Délivrée, lui qui a été élevé plutôt à la sauce Shrek. Il s’attelle donc à sa table de travail. Et sur la page blanche, se dessinent les traits d’une princesse un peu singulière. Qui rêve d’un prince charmant bien sûr. Mais qui n’a pas les bonnes manières innées d’une Cendrillon.

photo couleur

PRINCESSE CARNAGE

Elle ne sait pas coudre. Elle ne sait pas marcher avec des talons hauts. Elle n’a pas le langage châtié d’une princesse. Elle vit au fond d’une grotte perdue au fin fond d’une contrée inaccessible. Ah ! et puis elle a pour seul ami un yeti prénommé Youpi. Voilà. Au fil du temps qui s’étire, à force d’attendre et d’attendre un prince charmant qui n’arrive jamais, Princesse Carnage (c’est son nom…) comprend que si elle veut être libre elle ne peut compter que sur elle-même. Princesse Carnage devient donc Princesse Courage… Et la fin, nous la taisons. Si vous voulez la connaître, si vous voulez voir, en famille, ce beau conte de fées moderne, rendez-vous le mardi 12 janvier, à 14h, au Théâtre Le Poche à  Béthune.

photo noir et blanc

Nicolas Fabas a écrit le spectacle et joue  le rôle de Youpi le yéti. Clément Bailleul a mis en scène. Suzanne Gellée joue le rôle de cette princesse pas comme les autres.

Réservations souhaitées : 06 40 78 69 88.

La page Facebook de la Cie Noutique : ici.

Le site de la Cie Noutique : .

image 1

image 2

L’EPI… QUOI ENCORE ?

 

« Comme les Rois Mages / En Galilée / Suivaient des yeux l’étoile du Berger » lalala… Évidemment c’est une chanson de Sheila que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître ! Comme intro, j’aurais pu choisir quelque chose de plus universel. En même temps, si je cite l’Évangile de Matthieu, je risque de faire fuir tout le monde… Non, ne partez pas, chers lecteurs du Mag@zoom ! Cet article va vous permettre de vous sentir moins bêtes, ces prochains jours, lorsque vous serez confrontés à la sacro sainte tradition de la galette des rois. Beurre, frangipane ou aux pommes. Alors, qu’est-ce que l’Épiphanie ? Qui sont les Rois Mages ? Pourquoi la galette ? Et pourquoi j’ai jamais la fève ? Toutes les questions que vous vous posez depuis toujours sans avoir jamais osé l’avouer  trouvent leurs réponses ici !

ÉPI… QUOI ?

L’épiphanie, sans majuscule, est la manifestation de quelque chose de sacré ou de divin. C’est le sens premier du mot. Et les Anciens polythéistes utilisaient volontiers ce mot, concurrent d’un autre, «théophanie», pour désigner les apparitions des dieux aux hommes. Avec une majuscule, le mot désigne la fête religieuse, faisant maintenant partie de notre culture au sens large du terme, qui commémore l’apparition du Christ aux rois mages venus pour l’honorer. La différence avec la culture antique païenne, c’est que cette « apparition  » est en fait incarnation d’une divinité dans un enfant engendré d’une femme. Avec Noël, l’Épiphanie fait partie d’un cycle de fêtes de célébration du retour de la lumière, ayant pour pivot le solstice d’hiver. Capito ? non ? alors je vous invite à parcourir notre précédent article Noël c’est quoi ? Le retour de la lumière donc. 12 jours après Noël, l’Épiphanie, célébrée le 6 janvier (ou le deuxième dimanche après Noël quand le 6 janvier n’est pas férié), marque un réel et sensible allongement de la durée des jours. 12 jours, le nombre n’est pas choisi au hasard : symbolisant l’idée de totalité, il se réfère aux 12 mois de l’année ou aux 12 tribus d’Israël.

LES ROIS MAGES

Vélasquez, Adoration des Mages, 1619
Vélasquez, Adoration des Mages, 1619

L’Évangile de Matthieu est le seul du Nouveau Testament à évoquer l’existence de rois mages, missionnés par Hérode, ou venus d’Orient selon d’autres textes apocryphes, pour rendre compte de la naissance du Christ, pour le moins exceptionnelle. Michel Tournier, dans son passionnant roman Gaspard, Melchior et Balthazar, revisite la légende. Il fait de Gaspard le roi de Méroé, ville de Nubie, Soudan actuel : « Je suis noir, mais je suis roi ». Melchior est prince de Palmyrène, contrée de Syrie. Et Balthazar est roi de Nippur, cité de l’actuelle Irak. Rois orientaux, sages, prêtres, hommes de sciences, astronomes et astrologues, sachant lire la carte du ciel et suivre l’étoile, ils sont appelés « mages » parce qu’ils ont une connaissance du sacré et de l’ésotérique. Ils offrent l’or, l’encens et la myrrhe, tout ce qu’il y a de plus précieux dans cet antique Orient. Leur identité est incertaine ; leur légende s’est tissée au fil des siècles, servie par la richesse et l’abondance des récits et de l’iconographie. Ainsi, pourrait-on voir dans le choix de leur nom une référence à une prière de bénédiction commençant par ces mots : « G/Christus Mansionem Benedicat ». Chaque initiale correspondant aux initiales des noms des mages.

FÈVE ET GALETTE

Pourquoi mange-t-on de la galette ? Pourquoi y placer une fève ? La fève, à l’origine, c’est une vraie fève. Un légume sec. Celui qui récupérait la fève était désigné roi. Eh bien figurez-vous que cette coutume est antérieure à l’histoire biblique, et le roi de la galette n’est d’abord pas un roi mage ! Je m’explique. Dans l’Antiquité, et avant la naissance du Christ, les Romains avaient pour habitude de célébrer le solstice d’hiver, aux alentours du 25 décembre. Les Saturnales. Cette fête se prolongeait sur une douzaine de jours (tiens, tiens, 12…) et était un peu l’équivalent de notre carnaval : la hiérarchie sociale, ainsi que toute logique, s’inversaient : les esclaves devenaient maîtres, ce qui était d’ordinaire défendu était permis… et les soldats avaient pour habitude de tirer au sort parmi les condamnés à mort celui qui serait roi d’un jour. Ils se partageaient alors un gâteau dans lequel ils avaient placé une fève, et le plus jeune décidait de l’attribution des parts. Cette tradition s’est d’abord répandue dans les familles romaines, avant d’intégrer le folklore lié à la religion chrétienne, à partir du XIVème siècle.

galette

Les figurines en porcelaine remplacent les fèves à la fin du XIXème siècle, pour la joie des collectionneurs ! Et les variantes de la traditionnelle galette à la frangipane se multiplient : au beurre dans le dunkerquois, elle est brioche en forme de couronne dans le sud-ouest, et la même couronne briochée se pare de fruits confits dans le sud-est.

« Moi j’aime la galette, savez-vous comment ? quand elle est bien faite, avec du beurre dedans, lalala… »

Bon, la connaissez celle-là, hein ?! Et vous, vous l’aimez comment la galette ?

image 1

image 2

AH ! C’EST HERVE EST ARRIVE … !

Doofy, Tijo, Bout’, L’Étoilé, R Max, Géo, Kode, Le Belge et Mit’ch : les C’est Hervé, c’est eux. Deux groupes de copains carnavaleux qui ne font plus qu’un. 6 ACR et le Club des V. ACRV. Ah ! C’est Hervé. Et ça y est, le groupe est créé. LeMag@zoom les a rencontrés.

AH ! C’EST QUOI ?

Un groupe qui tourne depuis trois ans. Des titres originaux,  travaillés et retravaillés. Mit’ch et Doofy, paroliers,  au stylo et au papier. Tout le monde pour le style et le tempo. Un groupe est né. Un vrai. Qui partage la bonne humeur et l’humour autant que la musique. Une année pour composer et faire exister les 6 titres de leur album. Financement ?  Ah, c’est Ulule, plateforme de financement participatif. Arrangement et écriture des partitions ? Ah, c’est Ludovic Minne. Enregistrement et mixage ? Ah, c’est Pierre Thouvenot, de Orion Productions. Lancement de l’album ? Ah, ben c’est bientôt… !

pochette

AH ! C’EST QUI ?

On ne veut pas gagner d’argent. D’ailleurs, on a créé une association qui reversera tous les bénéfices sous forme de dons. On veut juste s’amuser, et partager le plaisir du carnaval.

C’est RMax, la tête pensante du groupe, qui l’affirme. Et tous sont d’accord : ce qu’ils aiment dans le carnaval, c’est la bonne ambiance, l’hospitalité, l’accueil, le partage, la fête. C’est ce qu’ils veulent transmettre à travers leurs chansons de chapelles.

Leur inspiration ? Ah, c’est Sert’che et Pierrot des Blues Zoulous bien sûr. Et Les Prout, évidemment ! D’ailleurs, ils ont confié que leur chanson préférée, sur les six que contient l’album, est celle qu’ils dédient aux Prout. Comme un hommage à ceux qui leur ont donné envie de chanter. Ah ! C’est Hervé en première partie des Prout ? Et pourquoi pas les Prout en première partie des Ah ! C’est Hervé… La relève et l’humour sont assurés !

enregistrement

Voilà le bel esprit de cette fine équipe. Dans le civil, ils sont kiné, policier ou travaillent dans l’industrie. Mais on trouve aussi un « gastronome goûteur de plats du Dyck et finisseur de plats ». Et ils sont tous buveurs de bière, évidemment… Et ils ont tous l’œil qui pétille, le rire facile et l’humour  qui pointe comme les tet’ches d’une matante en permanence.

bout'Musiciens ? À Dunkerque, on est tous musiciens !  Même si Cyril, alias L’Étoilé, a « doublé 5 fois sa deuxième année de solfège »,nicolas ils sont tous plus ou moins tombés dans la marmite des fifres et des tromblons : un père cornemuseux pour l’un, une mère chanteuse pour l’autre, un père « chanteur syndicaliste de manif » pour un autre encore… Et des potes musiciens piliers de la clique en renfort. Pour l’enregistrement de l’album, la clique de Ludovic Minne. Pour les concerts « en live », la Bandas des Flandres : Mathieu Loisel, Pilou d’la Côte et les 10 autres  musiciens qui joindront leur talent à celui des ACRV. Sans oublier Dondon à l’accordéon…

En attendant de les découvrir sur scène, un avant goût, comme une avant bande… :

Pour découvrir l’album, la clique et l’univers des Ah ! Cest Hervé, rendez-vous le vendredi 8 janvier à 20h au Yachting Club. Ou le samedi 9 janvier, à Coudekerque Branche. Au Kiekeun Festival en février. Et dans toutes les bonnes chapelles du carnaval édition 2016 !

Toutes les dates et les infos : ici.

image 1

images 2, 3 et 4 : clichés de Orion Productions, merci à Pierre Thouvenot.

 

BAIN DES GIVRES A MALO : QUI OSERA SE METTRE A L’EAU ?

Un petit air de carnaval dunkerquois envahit la plage de Malo chaque 1er janvier depuis 15 ans déjà. Coutume colorée et joyeuse qui habille l’hiver de rires et de chaleur. Vendredi 1er janvier 2016, vers midi, il fera entre 6 et 8 degrés sur la plage, avec un vent de 18km/h environ. Et l’eau sera à 11 degrés. Qui osera se mouiller ?

BAIN-DK-14

1ER JANVIER : CARNAMALO

Voici l’invitation de La Sirène, personnage phare de cet événement :

Le départ de cet amusant rendez-vous aura lieu à midi pile, sur la plage de Malo les bains face au « Malouin ». Et cette année encore, un ptit bol de soupe, un ptit certificat de taux de pénétration dans l’eau et des ptites surprises (en fonction de l’imagination disponible), seront offerts aux radieux baigneurs.

BAIN-DK-4

UNE BRÈVE HISTOIRE DU BAIN DE MER

L’usage curatif des bains de mer est attesté dès le XIVème siècle. Mais c’est le seul cas où on ose se baigner. La mer, la plage, et les plaisirs qui y sont liés n’existent que depuis la fin du XIXème siècle. Avant cette date, la mer est considérée comme un élément plutôt hostile, sauvage. On ne s’y baigne pas. Encore, ose-t-on s’y promener, de loin.

C’est l’Angleterre qui invente la baignade, à la fin du XVIIème siècle. Le bain, prescription médicale, prend progressivement des allures d’opération commerciale. En 1753, le docteur Charles Russel publie Les effets des bains de mer sur les glandes, conseillant de boire l’eau de mer et s’y baigner pour des raisons médicales mais aussi religieuses. La Révolution Industrielle permet ensuite à la bourgeoisie et à la haute bourgeoisie anglaises, de s’adonner à ce loisir nouveau et considéré comme luxueux.

La France est touchée par cette nouvelle vague à la fin du XVIIIe : en 1785, Cléry de Bécourt fonde à Boulogne-sur-Mer le plus ancien établissement français de bains de mer chauds.    Dieppe, Le Croisic, La Rochelle, puis Cherbourg voient s’ouvrir des établissement de balnéothérapie. Le développement des transports ferroviaires, puis de l’automobile, va favoriser ce nouveau mode de villégiature. Réservé quand même à la haute société. C’est 1936, le Front populaire et les congés payés qui permettront à une plus large population de « partir à la mer ».

La plage de Malo les Bains suit la même évolution. Détachée de la commune de Rosendaël en 1891 et fusionnée avec Dunkerque en 1969, dont elle constitue aujourd’hui l’un des quartiers, Malo voit fleurir sa plage de touristes à partir de la fin du XIXème siècle.

affiche malo les bains

Malo-les-Bains est officiellement classée  « Station balnéaire et Touristique » en 1989.

Les costumes de bain ont, eux aussi, évolué… À la fin du XIXème siècle, et jusque dans les années 1930, les baigneurs sont couverts des pieds à la tête.

costumes de bain

La pudeur interdit encore de dévoiler le corps. Les cabines de plage permettent aux dames d’être transportées jusqu’au bord de l’eau, puis d’être ramenées sur la digue, sans atteinte aux bonnes mœurs…

photos-rares-20eme-siecle-maillot-de-bain

Vendredi 1er janvier 2016, midi, plage de Malo, les costumes de bain auront une autre allure… Alors, qui osera se mouiller ?

image 1

image 2

image 3

image 4

image 5