Voici la réponse à l’énigme 2 : qui est cette femme ?
Charlotte Cooper, 1ère femme médaillée d’or aux J.O., Paris, 1900.
Il s’agit de Charlotte Cooper, dite « Chatty », britannique, 1ère femme médaillée d’or aux Jeux Olympiques. C’était à Paris, en 1900. Pour en savoir plus, c’est par : là.
Énigme 3 : qui a écrit Qui veut la peau d’Otto Dafé ?
Voici la réponse à l’énigme 1 : de qui sont ces mots ?
Je vous souhaite à tous, à chacun, d’avoir votre motif d’indignation. C’est précieux. Quand quelque chose vous indigne, alors on devient militant, fort et engagé. On rejoint ce courant de l’Histoire et le grand courant de l’Histoire doit se poursuivre grâce à chacun. Et ce courant va vers plus de justice, plus de liberté . Ces droits, dont la Déclaration universelle a rédigé le programme en 1948, sont universels. Si vous rencontrez quelqu’un qui n’en bénéficie pas, plaignez-le, aidez-le à les conquérir. Indignez-vous !
Ces mots sont de Stéphane Hessel… résistant, diplomate et militant. Ce Berlinois né en 1917, arrivé en France à l’âge de 8 ans, s’engage dans les Forces Françaises Libres en 1941. Il connaît la déportation. À Buchenwald. Cette expérience de la guerre, de la Résistance, de la déportation, puis de l’action politique en tant que diplomate aux Nations Unies, le pousse à s’engager pour les « sans papiers » notamment. Jamais il ne renoncera à son indignation face à ceux qui bafouent les Droits de l’Homme. Son manifeste Indignez-vous ! paraît en 2010. Stéphane Hessel est mort en février 2013.
Je vous souhaite à tous, à chacun, d’avoir votre motif d’indignation. C’est précieux. Quand quelque chose vous indigne, alors on devient militant, fort et engagé. On rejoint ce courant de l’Histoire et le grand courant de l’Histoire doit se poursuivre grâce à chacun. Et ce courant va vers plus de justice, plus de liberté . Ces droits, dont la Déclaration universelle a rédigé le programme en 1948, sont universels. Si vous rencontrez quelqu’un qui n’en bénéficie pas, plaignez-le, aidez-le à les conquérir. Indignez-vous !
Rio 2016 : la présence des femmes aux J.O. semble une évidence. Il n’en a pas toujours été ainsi. Et même si le C.I.O. s’est engagé à promouvoir l’égalité des sexes au sein de l’olympisme, la présence des femmes est d’abord toute récente. La présence des femmes est ensuite, et encore, source de polémique. Femme, sport et islam ont du mal à trouver un terrain d’entente. Retour sur une lutte pour une place sur les podiums. Avers et revers de la médaille…
La première femme en or des Jeux Olympiques est Charlotte Reinagle Cooper. Britannique déterminée et raffinée, c’est à l’âge de 30 ans qu’elle accomplit déjà un premier exploit : le droit de participer à la IIème Olympiade moderne, depuis sa création 4 ans plus tôt à Athènes. Et ce, malgré les réticences de Pierre de Coubertin. Elles sont d’ailleurs 22femmes à se frayer un chemin sur le parcours de golf ou les courts de tennis, parmi les 975 hommes inscrits aux Jeux de Paris, en 1900. 22 femmes, pour 5 disciplines qui leur sont ouvertes : voile, croquet, équitation, golf et tennis.
Charlotte Cooper, 1ère femme médaillée d’or aux J.O., Paris, 1900.
C’est d’ailleurs sur un court de tennis que s’illustre notre Charlotte, affectueusement surnommée « Chatty« . Première femme des Jeux Olympiques à remporter une médaille d’or. C’est à Paris. En 1900. Elle la partage avec sa compatriote Reginald Doherty, pour leur performance commune en double mixte.
Depuis, les femmes se sont imposées. avec les encouragements du C.I.O.. On peut lire en effet dans la Charte olympique de 2015, Règle 2, paragraphe 7 : « le rôle du CIO est d’encourager et soutenir la promotion des femmes dans le sport, à tous les niveaux et dans toutes les structures, dans le but de mettre en œuvre le principe d’égalité entre hommes et femmes. » Depuis 1991, chaque sport voulant intégrer l’Olympe doit prévoir des épreuves féminines. 44% des athlètes aux J.O. de Londres en 2012 étaient des femmes. Elles n’étaient que 13% à Tokyo en 1964. Le C.I.O. montre d’ailleurs l’exemple au sein même de son administration. Pour la première fois, en 1990, une championne d’équitation, de tennis et de golf, membre de l’équipe équestre vénézuélienne aux Jeux de la XVIe Olympiade en 1956, est élue membre de la commission exécutive : Flor Isava Fonseca. Pionnière, elle ouvre la voie à d’autres femmes parties à l’assaut du sommet olympien. Anita L. DeFrantz, Gunilla Lindberg, Nawal El Moutawakel, Claudia Bokel. Toutes médaillées aux J.O. dans leurs disciplines respectives. Toutes œuvrant pour que les femmes aient leur place aux côtés des hommes dans la légende des Jeux.
Flor Isava Fonseca, 1ère femme élue membre de la commission exécutive du C.I.O.
Combien sont-elles à Rio ? Les comptes seront faits à l’heure du bilan. Il est un chiffre que l’on retient cependant tant il étonne, tant il montre que les progrès en matière d’égalité sont encore à fournir : 4. 4 athlètes saoudiennes ont été discrètement « invitées » à participer aux J.O. de Rio. Discrètement, car l’Arabie Saoudite ne veut pas s’attirer les foudres des autorités religieuses… Sarah al-Attar, qui a déjà participé aux J.O. de Londres en 2012, concourt pour le 800 mètres. Wujud Fahmi en judo. Lubna al-Omair en escrime. Cariman Abu al-Jadail sur le 100 mètres. Encore des pionnières… L’Arabie Saoudite a exigé du C.I.O. des conditions pour que ces 4 femmes puissent participer : elles doivent porter la tenue islamique, se couvrir de la tête aux pieds, obtenir l’accord d’un tuteur (père ou frère) qui devra les chaperonner tout au long de leur séjour à Rio… Un précédent avait déjà soulevé une polémique. La judokate saoudienne Wodjan Shahrkhani, qui accompagnait déjà Sarah al-Attar à Londres, avait pu fouler le tatami à condition d’avoir la tête couverte. Le voile étant banni pour raison de sécurité dans ce genre d’épreuve, elle avait porté un bonnet :
Sarah al-Attar avait pris part à l’épreuve du 400 m aux J.O. de Londres en 2012, voilée… :
Ces images ainsi que les compromis du C.I.O. suscitent des polémiques. On pourrait aussi sourire des images « floutées » des athlètes féminines diffusées sur certaines chaînes contrôlées par des autorités islamistes. Le C.I.O. s’est engagé, outre à promouvoir l’égalité homme-femme, à bannir toute « sorte de démonstration ou de propagande politique, religieuse ou raciale dans un lieu, site ou autre emplacement olympique » (article 50-2). Ces femmes qui se distinguent par leur tenue vestimentaire sont-elles le symbole d’une avancée en matière d’égalité des sexes dans les pays fortement islamisés ?Leur présence aux J.O. en serait la preuve suffisante. Ou sont-elles la preuve que la soumission des femmes aux diktats de certains hommes qui brandissent la religion comme un étendard de domination sur la moitié de l’humanité ? Comment doit-on interpréter le port de certains vêtements, voile, bonnet, burkini, dans les lieux voués au sport ? Certaines femmes elles-mêmes revendiquent ces tenues comme des remparts contre l’impudeur…
Femme, musulmane, arabe, Nawal el-Moutawakel, représentante du Maroc aux J.O. de Los Angeles en 1984, a pourtant couru le 400 mètres bras et jambes découverts…
Il semble que la femme soit depuis toujours un prétexte, un « terrain » de conflits. Conflits virtuels dans le sport, conflits réels en tant de guerre. La femme reste un objet symbolique de prise de pouvoir des hommes qui s’opposent dans une lutte pour une domination financière et territoriale du monde.
Si vous n’avez pas vu le film sorti en février 2016 qui lui est consacré, peut-être pourrez-vous revoir ce documentaire, réalisé par Thierry Michel, en replay sur la chaîne de Public Sénat. Un film choc qui permettra, autant que le souhaite cet article, de prendre conscience d’un drame humanitaire et « fémicide » qui se joue, depuis 20 ans maintenant, en République Démocratique du Congo. Et qui permettra de rendre hommage à un homme extraordinaire, dont l’action mérite d’être saluée unanimement : Denis Mukwege.
UN « FÉMICIDE » ORGANISÉ
La géopolitique de la RDC est complexe, comme dans la plupart des pays d’Afrique. La situation troublée de la RDC s’enracine dans le conflit fratricide du Rwanda qui oppose Hutu et Tutsi d’une part ; et d’autre part dans l’opposition au régime autocratique du Président Mobutu, opposition menée par Laurent-Désiré Kabila. De là, des conflits incessants, notamment dans l’est du pays, à la frontière avec le Rwanda voisin. C’est dans cette zone que sont perpétrés des viols collectifs, de femmes mais aussi de très jeunes filles, parfois mineures. Le viol collectif comme arme de guerre. Chouna Malgondo, journaliste congolaise réfugiée en France à la Maison des Journalistes en 2010, expliquait ainsi la situation de son pays :
Bien que le conflit soit officiellement terminé depuis la signature d’accords de paix en décembre 2002, l’est du pays continue d’être le théâtre de combats et de pillages, perpétrés par divers groupes armés. Les violences restent particulièrement fortes dans la région du Kivu, dans le Katanga, et en Ituri (…). Les différents groupes armés continuent de défendre leurs propres intérêts et leur lutte pour le contrôle d’un territoire s’accompagne souvent d’exactions sur les populations civiles, de pillages. Dans un pays où les structures de santé sont défaillantes ou inexistantes, la situation générale demeure très précaire. En RDC, des centaines de milliers de femmes sont violées depuis 1994, en marge de la guerre civile. Des crimes impunis, malgré la résolution de l’ONU votée en juin 2008 et qui considère le viol comme arme de guerre. Le viol peut donc constituer un crime de guerre, un crime contre l’humanité ou un élément constitutif de génocide.
Carte de la RDC.
Denis Mukwege et l’équipe de chirurgiens qu’il forme en RDC, dénoncent aussi les viols, de plus en plus nombreux, commis sur des enfants. Cette pratique tend à se répandre dans la société. Et ce sont des êtres abîmés que le professeur tente de «réparer»…
L’HOMME QUI RÉPARE LES FEMMES
Denis Mukwege est né en 1955 au sud Congo, à l’époque où le pays est encore colonie belge. Il se forme à la médecine à l’université du Burundi, et se spécialise en gynécologie en Europe, à l’université d’Angers puis à l’université libre de Bruxelles. Il est devenu «un ange qui soigne», comme le dit avec beaucoup de fierté sa maman dans le documentaire. Mais contrairement à d’autres Africains qui font carrière dans les pays dits développés, il décide de retourner dans son pays d’origine pour venir en aide aux populations les plus en détresse. Il devient ainsi médecin directeur de l’hôpital de Lemera dans le Sud Kivu. Hôpital violemment détruit lors de la Première Guerre du Congo en 1996. Le Docteur Denis Mukwege a la vie sauve. Il se réfugie à Nairobi, puis décide de retourner en RDC. Il y fonde l’hôpital Panzi à Bukavu.
Le Docteur Denis Mukwege en 2014.
C’est là qu’ il découvre avec horreur une pathologie nouvelle qui le marque et donne une nouvelle orientation à son action en faveur de l’humanité : la destruction volontaire et planifiée des organes génitaux des femmes. Il fait connaître au monde cette barbarie sexuelle dont les femmes sont victimes à l’Est du Congo où le viol collectif est utilisé comme arme de guerre. Il se spécialise dans la prise en charge des femmes victimes de viols collectifs. Prise en charge physique, psychique, économique et juridique. C’est à ce titre qu’il a reçu un doctorat honoris causa de l’université d’Umeå (Suède) en octobre 2010. Au cours de la même année, il a reçu la médaille Wallenberg de l’université du Michigan. Auparavant, en 2008, il a été élevé au rang de Chevalier de la Légion d’Honneur en France et a reçu le Prix des Droits de l’Homme des Nations Unies. En 2014, il reçoit le Prix Sakharov.
Ce médecin, ce bienfaiteur de l’humanité, est le sujet de ce film documentaire, de Thierry Michel et Colette Braeckman :L’homme qui répare les femmes. La colère d’Hippocrate. Il retrace l’histoire et le combat du docteur Denis Mukwege.
Le docteur profite de ce coup de projecteur donné à son action pour intervenir de plus en plus dans les médias. Ce qu’il dénonce : l’injustice. Les criminels, auteurs de viols, ne sont toujours pas jugés. Denis Mukwege réclame que justice soit faite. Denis Mukwege s’insurge contre les violences faites aux femmes, partout dans le monde, en cas de conflits. Denis Mukwege veut une réelle prise de conscience que ces crimes contre les femmes, et aujourd’hui contre les enfants, sont des crimes contre l’humanité. Nous l’entendons ici lors de son passage à Paris en mars 2016 :
Un regard bleu azur trempé comme l’acier de sa détermination. Un physique d’athlète forgé par des années de pratiques sportives et par un métier musclé. Des convictions pleines de bon sens et de générosité acquises par des années d’observation du monde et du monde du travail. À 45 ans, Bruno Isaert est devenu un artisan qui cultive un art de vivre et d’exister qui change le monde à sa mesure et avec mesure. Portrait.
Il a fondé son entreprise de peinture et de décoration du bâtiment il y a bientôt 20 ans. Après avoir exercé un métier hors du commun qui lui a permis d’approfondir la psychologie humaine et le comportement d’une certaine élite. Devant le comportement mesquin, sans humanité, voire irresponsable de ces élites du pouvoir et de l’argent, il a opéré un changement radical dans sa vie professionnelle. Artisan engagé. Aujourd’hui, il met son savoir faire au service de son art.Et au service des autres au sein de la CAPEB : Confédération de l’Artisanat et des Petites Entreprises du Bâtiment. C’est le syndicat patronal de l’artisanat du bâtiment. Pour les petites entreprises comprenant jusqu’à 11 employés. Un monde du travail à taille humaine.
Confédération de l’Artisanat et des Petites Entreprises du Bâtiment.
Sa raison de vivre, c’est ce combat pour défendre une profession parfois en butte à des décisions politiques ou à des désordres dus à un capitalisme échevelé qui méprisent l’être humain et l’environnement. Ses combats sont ceux de cette confédération, qui, depuis 70 ans, a fait progresser ces métiers. Dans une après guerre où tout est à reconstruire, les artisans se regroupent. Autour de Marcel Lecœur, un des pères fondateurs. Aujourd’hui, cette confédération est une « cathédrale » avec à sa tête Patrick Liébus, couvreur zingueur de formation. Et les combats ont porté leurs fruits. Formation en alternance et apprentissage. Prime à l’amélioration de l’habitat pour les propriétaires les plus modestes. Instauration du taux à 0%. Prise en compte des normes d’accessibilité des bâtiments par la marque Handibat. Lutte contre le travail clandestin. Aide à la création d’entreprises. Amélioration des conditions de travail des artisans. Reconnaissance du statut des épouses d’artisans. Catherine Foucher, Présidente de la Commission Nationale des Femmes d’Artisans, a d’ailleurs été élevée au rang de Chevalier dans l’Ordre national du mérite en juillet 2016, par Patrick Liébus lui-même. Promotion des métiers du bâtiment auprès des jeunes, et des filles.
Campagne de promotion des femmes au sein des métiers du bâtiment.
Combat écologique : la CAPEB a, par exemple, permis la baisse de la TVA sur les travaux d’isolation thermique de 10 à 5%. La CAPEB a lutté pour que ces travaux d’isolation, bénéfiques pour l’économie d’énergie et donc pour la protection de l’environnement, soient déductibles d’impôts… C’est la CAPEB qui est à l’origine d’une prise de conscience écologique dans les métiers du bâtiment. Avec par exemple la norme «éco artisan», et les réflexions menées pour une conception durable et écologique du bâtiment.
Bruno Isaert.
Le combat est humain aussi. C’est celui de la lutte contre les conditions d’emploi des «travailleurs détachés». C’est d’ailleurs une priorité du gouvernement français au sein de l’Europe. Explication : le travailleur détaché quitte son pays d’origine, souvent un pays de l’est de l’Europe, pour offrir ses compétences professionnelles dans un autre pays. Sauf que les cotisations sociales sont celles du pays d’origine et pas celles du pays d’accueil. Conséquences : une sorte d’esclavage moderne, des ouvriers issus des pays de l’est par exemple qui sont bien moins payés par les employeurs (en général de grosses entreprises du bâtiment). Ces ouvriers sont sous payés, malmenés le temps de leur contrat. Sans parler que cette pratique met en place une concurrence malsaine entre ces travailleurs détachés et les artisans du cru. Voir à ce propos l’article de La Voix du Nord de novembre 2014 qui évoque ce dossier et le combat de Bruno Isaert : ici.
Ces combats sont donc ceux que Bruno Isaert mène depuis 1998 au sein de la CAPEB. Autre cheval de bataille, toujours en lien avec l’environnement et l’écologie : le traitement des déchets. Notre Président de la Chambre des Peintres, élu de la CAPEB 59, s’insurge contre les déchetteries devenues payantes. Ce qui n’encourage pas, selon lui, le réflexe citoyen, et écologique, et qui est une charge financière de plus pour les artisans qui sont amenés à déblayer. Une sorte d’«impôt déguisé» pour notre représentant de Dunkerque Flandre Littoral qui n’a pas l’habitude de mâcher ses mots… . Voir à ce propos l’article de La Voix du Nord de septembre 2015 : là. Et ces combats, il les mène avec humanité et détermination. Et avec beaucoup de modestie aussi :
Je n’aime pas qu’on me mette en avant. Si je prends la parole, c’est pour aider ou défendre les collègues qui m’ont élu en tant que leur représentant. Je ne me contente pas de paroles. Je vais au charbon. Je suis une personne de terrain.
Il confie lui-même qu’il ne prend jamais de décisions sous le coup de l’émotion. Il prend le temps de la réflexion, en discute avec les «anciens», s’inspirant de leur expérience et de leur sagesse. Les prochains combats pour Bruno Isaert au sein de la CAPEB ? La protection sociale des artisans. La santé et la sécurité au travail. Une plus grande reconnaissance des épouses d’artisans, partenaires à égalité dans l’entreprise.
Amoureux de nature, il s’est épris des Antilles, notamment de la Guadeloupe où il n’hésite pas à se rendre dès que son planning plutôt chargé le lui permet. Pêche, plongée sous marine, conversations avec les autochtones. Ce contact contribue à maintenir en lui une réflexion constante sur les rapports que l’homme entretient avec le monde qui l’entoure.
L’eau est essentielle pour la vie. Dans nos pays développés, on ouvre un robinet, l’eau coule et on ne se rend pas compte de cette chance que nous avons. Nous ne nous rendons plus compte du confort dans lequel nous vivons. Dans certains pays du monde, ceux de l’Afrique, aux Antilles, à Cuba… on n’a pas ce confort. Ici, il faut faire prendre conscience aux jeunes de cette chance que nous avons de ne pas à avoir à nous battre pour notre survie. Et il faut faire en sorte de ne pas léguer tous nos déchets polluants aux générations futures…
Les jeunes, il les connaît bien. Il en a formé des dizaines au sein de son entreprise. Leur transmettre l’amour du métier, le goût de toujours bien faire, l’envie d’apprendre des techniques et de les affiner, le respect du contact humain…L’humain. C’est ce qui le fait se lever chaque matin. Il avoue qu’un de ses rêves aurait été de travailler dans l’humanitaire. Pour «apporter une pierre de gentillesse» dans ce monde qui en a besoin. Son métier lui permet d’entrer dans l’intimité des particuliers et de faire des rencontres enrichissantes. La sienne en est une. N’hésitez pas à faire appel au savoir faire de cet artisan qui sait aussi savoir être…
Elle est une des femmes auxquelles Michel Onfray rend hommage dans son récent ouvrage : La Force du sexe faible. Contre-histoire de la Révolution Française. Comme Olympe de Gouges, Charlotte Corday ou Mme Roland, elle fut une des premières féministes, et surtout l’une des nombreuses humanistes, de cette période troublée et sanglante de notre histoire. Fille spirituelle de Plutarque et de Condorcet, elle joua un rôle important pour donner à la Révolution un visage humain. Portrait de la « belle Liégeoise ».
Théroigne de Méricourt en 1791. Portrait de Jean Fouquet.
Elle naît Anne-Josèphe Terwagne en 1762, à Marcourt. Campagne de Liège. Aujourd’hui, elle serait Belge. Famille de paysans aisés. Mais très vite la catastrophe s’abat sur elle : orpheline de mère, elle devient le souffre douleur d’une belle mère acariâtre. Cendrillon dans un Siècle des Lumières. De couvent en parent maltraitant, de l’opulence originelle à la misère qui fait son lit, la jeune Terwagne doit son salut à une famille anglaise de passage, qui l’embauche comme dame de compagnie pour les enfants. Elle apprend alors à lire, à écrire, à chanter, à jouer du piano. Elle rencontre un jeune officier anglais. Cendrillon semble vivre son conte de fée.
Sauf que le jeune officier anglais l’emmène à Paris et lui montre son univers familier : celui du libertinage. Le XVIIIème siècle est aussi celui de Sade… Enfant maltraitée, elle devient objet sexuel. Y prend goût ? Elle attrape la syphilis. Et cette maladie la fera souffrir jusqu’à la mort. En passant par la folie.
Pour l’heure, elle prend un traitement à base de mercure qui la fait horriblement souffrir, mais qui éloigne encore la démence. C’est à Paris qu’elle devient Théroigne de Méricourt. C’est la presse royaliste qui l’appelle de cette façon : en l’affublant d’une particule, elle veut la faire passer pour une traîtresse à la cause du roi et comme une ennemie du peuple. Elle loue un logement à Versailles pour suivre les délibérations de l’Assemblée. Elle s’intéresse à l’élaboration de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen. Elle assiste aux débats entre députés. Elle reçoit chez elle Desmoulins, Sieyès, Brissot. Elle fonde en janvier 1790 la Société des amis de la Loi. Dans ce club, ils sont nombreux, les « think tanks » de l’époque, on propose des idées neuves pour réformer cette société sclérosée aux finances proches de la banqueroute, où la noblesse gaspille et où le peuple meurt de faim. Abrogation de la loi contraignant à payer pour être élu député, citoyenneté entière pour les juifs, « pour les musulmans et les hommes de toutes les sectes », liberté de la presse, égalité entre hommes et femmes.
La marche des femmes du 6 octobre 1789.
Ce club-là est dissout. Qu’à cela ne tienne, elle en fonde un autre : le club des Droits de l’Homme. Homme au sens d’être humain bien sûr. Les valeurs défendues ? Fraternité, justice, bonnes mœurs, vertu, défense des faibles par l’éducation. Hugo n’a rien inventé…
Théroigne attise les haines. À droite, la haine des ultra royalistes. À gauche, la haine des Montagnards, qui se révèleront d’ultra révolutionnaires sanguinaires. Les Montagnards accoucheront d’un monstre : la Terreur robespierriste. Elle continue son combat pacifiste. Elle fait sienne les idées de Condorcet : abolition de l’esclavage, abolition de la peine de mort, y compris celle du roi, égalité des droits entre hommes et femmes. Ces idées sont diffusées largement par les travaux d’un club mixte qui voit le jour en 1791 : la Société fraternelle des deux sexes. Théroigne en fait évidemment partie.
Fatiguée des attaques continuelles, elle se réfugie un temps en Belgique, sa terre natale, et y exporte les idées neuves de la Révolution. Elle se plonge à nouveau dans la lecture des philosophes antiques. Retour aux sources encore. Considérée comme une complotiste par les ennemis royalistes, elle est arrêtée et incarcérée dans une prison autrichienne. Elle y reste une année entière. Elle y découvre les textes de Rousseau.
De retour en France, celle que la presse royaliste surnomme la « charogne ambulante » est accueillie chaleureusement par les Girondins, les modérés de la Révolution. Ils l’invitent d’ailleurs à témoigner de son aventure à la tribune de l’Assemblée le 1er février 1792. Le procureur de la Commune dit d’elle :
Vous venez d’entendre une des premières amazones de la liberté. Elle a été martyre de la Constitution.
Brissot, leader de la frange girondine, parle d’elle comme d« une amie de la liberté ».Forte de ce soutien, elle crée des légions d’amazones, des phalanges féminines. Elle harangue les citoyennes, elle parle de
progrès des Lumières qui vous invitent à réfléchir (…) il faut prendre pour arbitre la raison(…) Il est temps que les femmes sortent de leur honteuse nullité, où l’ignorance, l’orgueil, et l’injustice des hommes les tiennent asservies depuis si longtemps (…) Nous aussi nous voulons mériter une couronne civique, et briguer l’honneur de mourir pour une liberté qui nous est peut-être plus chère qu’à eux, puisque les effets du despotisme s’appesantissent encore plus sur nos têtes que sur les leurs.
Quelle audace ! Quelle témérité ! Quels risques pris aussi dans une Révolution qui prend un tournant résolument machiste et terroriste…. Fessée publique. Insultes de plus en plus violentes dans les journaux hostiles à son action. Notamment de la part de François Suleau, journaliste aux Actes des Apôtres… Celui-ci finit mal : pris à partie et assassiné par une foule populaire animée de vengeance. Théroigne est dans cette foule. Elle ne tue pas. La violence est contre nature pour elle. Mais il n’en faut pas plus pour qu’elle soit arrêtée.
Théroigne de Méricourt en amazone. Auguste Raffet.
Elle n’est pas guillotinée. Elle est enfermée dans un asile, après avoir été déclarée folle… Sans traitement contre la syphilis, qu’elle porte en elle depuis sa jeunesse, folle elle le devient effectivement… Elle passe 23 années de sa vie dans une cellule… Quelle étrange fin pour cette passionnée de la raison…
Ses paroles comme un testament :
Citoyens, arrêtons-nous et réfléchissons, ou nous sommes perdus. Le moment est enfin arrivé où l’intérêt de tous veut que nous nous réunissions, que nous fassions le sacrifice de nos haines et de nos passions pour le salut public.
14 juillet. Les commémorations envahissent l’espace national. À l’heure où l’on célèbre les grands hommes qui ont fait la Révolution, on se rend compte que des femmes, grandes par leur pensée et leur action, sont oubliées. Les historiens ont souvent mis en avant les sanguinaires et les violents (Robespierre, Danton, Saint Just, parmi d’autres), passant sous silence l’œuvre des progressistes. Des femmes pour la plupart. Michel Onfray leur rend un hommage mérité dans La Force du sexe faible, sous-titré Contre histoire de la Révolution Française. Histoire de remettre les pendules à l’heure. Parmi ces femmes, Olympe de Gouges. Portrait.
Olympe de Gouges, pastel de Alexandre Kucharski.
Olympe naît Marie Olympe Gouze en 1748, et son père n’est pas son père. Son père biologique est le marquis de Pompignan, chef du parti des Antiphilosophes, chef du parti bigot mais troussant volontiers ses servantes (faites ce que je dis, pas ce que je fais). Son père adoptif, Gouze, est un boucher traiteur. Elle parle occitan, sait à peine écrire. Et on se demande comment cette jeune femme si éloignée des Lumières sera leur porte parole le plus actif, voire le plus téméraire, sous la Révolution. Veuve et mère à 20 ans, elle modifie alors son identité. Elle devient Olympe de Gouges. Refuse de se marier à nouveau. Mais pas d’aimer. Et elle sera la compagne d’un haut fonctionnaire du Ministère de la Marine, qui lui assurera, en partie, son indépendance financière. Et voilà. Comme le dit Onfray, la libéralité de certains hommes peut faire la liberté de certaines femmes.
Très vite Olympe se passionne pour la littérature, la philosophie. Elle emménage à Paris où tout se joue en ces années d’effervescence intellectuelle. Elle écrit des pièces de théâtre. Beaucoup. Sur les sujets qui lui tiennent à cœur : La Nécessité du divorce ; Molière chez Ninon ou le Siècle des grands hommes, pièce sur l’insoumission des femmes ; Zamore et Mirza ou l’heureux naufrage, pièce qui s’insurge contre l’esclavage. Brissot, député qui sera à l’origine de la formation des Girondins, est le premier Français à lutter contre l’esclavage ; il importe la Société des Amis des Noirs, créée à Londres en 1787. Olympe y adhère. En 1788, elle publie des Réflexions sur les hommes nègres.Elle y dénonce le colonialisme, l’esclavage et la discrimination. Étonnante modernité.
Elle se passionne pour son pays. Elle publie nombreuses Réflexions qui sont des propositions d’une incroyable modernité là encore. Elle propose de redistribuer plus équitablement les richesses fustigeant « les capitalistes calculateurs qui refusent d’ouvrir leurs trésors ». Elle propose d’ouvrir des maisons pour les plus démunis, maisons qu’elle appelle « maisons du cœur » (De Olympe à Coluche… deux siècles…). Elle propose d’ouvrir des maisons pour que les femmes enceintes puissent accoucher en toute hygiène et en toute quiétude, aidées par des sages femmes. Des maternités quoi. Elle propose une sorte d’assurance sur les catastrophe naturelles, qui préserverait les paysans en cas de mauvaises récoltes (la France est paysanne dans sa presque globalité à l’époque). Elle s’insurge contre la peine de mort. Elle dénonce les conditions de détention en prison.
Et puis, elle écrit et lutte en faveur de l’égalité entre les hommes et les femmes. Dans un siècle où les femmes sont considérées comme épouses et/ou comme mères, soumises à leur père ou à leur époux, Olympe, s’inspirant peut-être du Discours sur la servitude volontaire de La Boëtie, proclame que c’est aux femmes de se libérer de ce joug masculin sous lequel elles se sont librement tenues pendant des siècles. Elle fréquente les salons de Mme Helvétius, épouse de l’audacieux philosophe et parlementaire qui osa s’insurger contre la peine de mort. Elle fréquente le salon de Mme Condorcet, épouse d’un autre éminent penseur. Elle croise dans ces salons Diderot, Chamfort, Condorcet, Beccaria, D’Alembert… Elle s’inscrit au Club de la révolution. Et c’est là, au contact de ces esprits éclairés, humanistes, qu’elle forge son féminisme :
Quelles que soient les barrières que l’on vous oppose, il est en votre pouvoir de les affranchir ; vous n’avez qu’à le vouloir.
Et voilà ce qu’elle propose en faveur des femmes : droit de vote, éligibilité, partage des fortunes, droits des enfants à connaître leur père et à hériter, pension alimentaire, protection des prostituées, mariage des prêtres, égalité avec les gens de couleur. Toutes ces idées sont développées dans LE texte d’Olympe de Gouges que tout le monde connaît maintenant : La Déclaration des Droits de la Femme et de la Citoyenne (1791),sorte de pied de nez tout à fait sérieux dans son contenu à la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen, héritée de la Révolution Française.
Déclaration des Droits de la Femme et de la Citoyenne (1791)
Voilà encore ce qu’elle y écrit :
La femme a le droit de monter à l’échafaud ; elle doit avoir également celui de monter à la tribune.
Témérité, audace de cette femme qui n’hésita pas à placarder ses propositions dans les rues de Paris. Témérité, audace de cette femme qui n’hésita pas à soumettre ses propositions à la Reine Marie Antoinette… à les distribuer aux Députés qui présidaient alors à la destinée de la France. À une époque où l’un d’entre eux, Sylvain Maréchal pour ne pas le nommer, proposait une loi portant défense d’apprendre à lire aux femmes !
Préambule de la DDFC.
Le 3 novembre 1793, elle est guillotinée, Place de la République. 15 jours après Marie Antoinette.
Retenons encore cette réflexion sur l’humaine condition, qu’elle livre dans La Fierté de l’innocence ou Le silence du véritable patriotisme, et qui fait écho dans nos sociétés, où il s’en faut parfois de peu pour qu’une démocratie devienne tyrannie :
Le sang, disent les féroces agitateurs, fait les révolutions. Le sang même des coupables, versé avec profusion et cruauté, souille éternellement les révolutions, bouleverse tout à coup les cœurs, les esprits, les opinions et, d’un système de gouvernement, on passe rapidement à un autre.
Une mise en garde contre les sanguinaires et les violents de tous bords…
Avez-vous jamais rêvé de voir évoluer ensemble, dans une même aventure, Cyrano de Bergerac, Miss Marple, Peter Pan et Don quichotte ? Traversant les époques et les genres, ces personnages se rencontreraient par la grâce d’un Lazarillo responsable, sous l’égide d’un Pangloss très âgé mais très courageux, et mèneraient une guerre impitoyable à un tyran inculte, qui a détruit les livres de son pays, et dont le nom sonne comme un mauvais souvenir du nazisme : Otto Dafé. Ne rêvez plus : ce livre, Justine Jotham l’a écrit et il a été publié le 26 mai. Qui veut la peau d’Otto Dafé ? C’est le titre. Qui veut en savoir un peu plus sur son auteure, ses inspirations et ses aspirations ? C’est le sujet de cet article…
Justine Jotham.
Les amoureux de littérature, quel que soit leur âge, se régaleront. Les autres ? Aussi ! Les personnages : tous issus de romans, de pièces de théâtre, de récits très célèbres. Lucida, Ali Baba, Lazarillo, Nemo, Rouletabille, Pangloss, Shéhérazade, Miss Marple, Dr Jekyll, Cyrano de Bergerac, Peter Pan et le Capitaine Crochet… Ils ne se souviennent pas tous du terrible auto dafé de l’hiver 1984 qui a détruit tous les livres. 1984. Clin d’œil évidemment à George Orwell et à son roman de science fiction (paru en 1949…) qui décrit un modèle de société policière et dictatoriale. C’est un peu l’ambiance qui règne dans ce roman de littérature de jeunesse.
Le dernier roman de littérature jeunesse de Justine Jotham (mai 2016)
Roman. Et on y trouve un souffle romanesque indéniable. Aventures, secret, mystère à élucider, conciliabule et affrontement du bien contre le mal. Jeunesse. Comme celle qui anime tous les protagonistes de ce récit. Comme celle que veut rétablir Justine Jotham quand elle pense à ce cliché qui a la vie dure, encore, chez la plupart des enfants ou des adolescents. Dépoussiérer la littérature, montrer l’importance de la lecture dans le développement des imaginaires et des personnalités. Démonter ce stéréotype qui veut que la littérature soit une vieille dame poussiéreuse, compliquée et inaccessible.
J’ai découvert la littérature avec la Comtesse de Ségur. Les Malheurs de Sophie. Je me souviens encore de la couverture rose bonbon qui donnait envie de lire. Et puis, j’ai eu un coup de foudre pour la série des Alice. J’adore. Je parcours les brocantes pour reconstituer la collection. Et je me rends compte que c’est de la bonne littérature de jeunesse. Si j’écris, c’est un peu grâce à ma grand-mère… Elle me demandait de lui raconter le livre que j’avais lu avant de me l’emprunter… Raconter, c’est un peu écrire à nouveau…
Simples, les premiers émois. Et ça accroche. Et ça continue. Ça se poursuit. Le grand coup de foudre adolescent de Justine Jotham ? Un Cœur simple de Flaubert. L’histoire simple d’une vie. Celle de Félicité, jeune fille trahie, servante dévouée qui finit dans la solitude. Pour autant, Félicité n’est pas le prénom d’héroïne de roman que Justine Jotham aurait aimé porter. Non, décidément, c’est Sophie qui lui plaît… Peut-être à cause des malheurs qui l’accompagnent. Des malheurs, Justine en a connus, comme tout le monde. Une personnalité, la sienne, qu’elle qualifie de « marginale » ou « hors normes ». Une santé fragile, qui a blanchi la plupart de ses nuits. Et c’est, pas de hasard dans cette histoire-là, ce goût pour le silence de la nuit, et les plages immenses de solitude qu’elle offre, qui a poussé Justine à écrire. Elle écrit. Toutes les nuits.
Même à Noël. Même en vacances. J’ai mon rituel. Je me lève entre une et deux heures du matin. Et j’écris. Pas à mon bureau. Le bureau, c’est pour travailler. Je préfère le salon. Ou la salle de bains quand je suis à l’hôtel. Et toujours sur l’ordinateur, en général posé sur mes genoux.
Son bureau, elle y est le jour. Pour préparer ses cours à l’IUT de Techniques de Commercialisation. Elle y enseigne la communication et la culture. En fait, là encore elle dépoussière : elle veut amener les jeunes à la culture. À toutes les formes qu’elle revêt : expo, conférences, films, théâtre, musique, danse… Elle veut montrer que la culture est partout et accessible surtout. Son bureau encore, pour préparer les conférences qu’elle donne. Les figures de femmes dans le roman naturaliste. Chez les frères Goncourt notamment. Ses auteurs de thèse et de prédilection. Les peintres de Barbizon. Le XIXème siècle dans sa deuxième moitié, quoi. Dans sa volonté de peindre la société des petits, des bourgeois, des rêves malmenés et des existences exemplaires dans leur simplicité. Elle poursuit son œuvre de démocratisation de la littérature au sein et par l’association qu’elle a créée en 2009 : Les Littœrales. Les interventions nombreuses auprès des jeunes, d’écoles ou de collèges, ou des publics éloignés des livres, organisées par l’asso montrent cette volonté de transmettre le goût et le plaisir de la lecture. Pari fou à l’heure où les images envahissent les vies de promouvoir les mots ?« Qui vit sans folie n’est pas si sage qu’on croit ». La Rochefoucauld. Cité Pangloss en répartie à Rouletabille. Ou bien encore : « C’est bien la pire folie que de vouloir être sage dans un monde de fous. » Dixit le même Pangloss. Pas celui de Voltaire. Celui réinventé par Justine dans Qui veut la peau d’Otto Dafé ?
Justine Jotham « dépoussière » la littérature…
Il ne manque que Poil de Carotte et Tartarin de Tarascon dans cette aventure, nous confie l’auteure. Eux aussi auraient eu leur rôle à jouer dans cette lutte pour le rétablissement de la littérature. Elle nous avoue encore que si elle devait sauver trois livres d’un éventuel auto dafé, elle choisirait : Un Cœur simple bien sûr, La Vie devant soi de Romain Gary et L’Amour au temps du choléra de Gabriel Garcia Marquez. Et vous, quels livres sauveriez-vous du désastre ?
60 musiciens, presqu’autant de danseuses, 1 danseur, une cinquantaine de choristes, 10 solistes. Et un grand garçon de tout juste 10 ans, Tristan Spicht, qui tiendra un des rôles principaux : Gavroche. Cosette, Jean Valjean, Fantine, les Thénardier, Gavroche, Marius, Éponine… Vous avez deviné de quelle œuvre on parle ? Les Misérables, bien sûr ! Victor Hugo, évidemment. Tout ce petit monde, fréquentant assidûment l’École Municipale de Musique et de Danse de Coudekerque Branche, répète depuis septembre pour présenter la comédie musicale inspirée de ce monument de la littérature française : Misérables ! Et Tristan sera Gavroche…
Tristan Spicht sera Gavroche.
Un regard et un ton déterminés. Qui cachent mal une certaine timidité. Tristan est un enfant comme les autres, ou presque. Il fréquente l’école élémentaire Georges Brassens de Coudekerque Branche, et termine son année de CM2. Il aime bien sa maîtresse, Mme Deram. Ce qu’il préfère à l’école ? Le sport. Il a adoré le cycle consacré à la piscine. C’est même dommage que ce soit si vite fini… Et les arts plastiques aussi. Il a adoré fabriquer des oiseaux, avec de la paille, du bois et autres matériaux de récupération. Il a eu un coup de foudre pour Claude Monet. Impression Soleil levant, bien sûr. Un enfant comme les autres, donc…
Quoique… Tristan est aussi corniste… depuis trois ans. C’est déjà moins courant. Il suit les cours de Hervé Marescaux, professeur de cor à l’École Municipale de Musique et de Danse de Coudekerque Branche. Il fait donc maintenant partie de l’orchestre de jeunes de l’école. Moins courant encore. Et il a été repéré pour interpréter le rôle de Gavroche, dans le spectacle musical sur lequel les professeurs et les élèves travaillent depuis septembre. Et ça, c’est unique.
Ludovic Minne avait repéré la voix de Tristan. Il en parle à la maman, Amandine. Qui convainc, sans trop de difficulté, un Tristan enthousiaste !
Au début, j’avais le trac quand même. Et puis, dès la première séance de travail avec les danseuses, sur Bonjour Paris, je me suis senti plus à l’aise.
Et Tristan voyage. Beaucoup. D’une répétition à une autre. De l’espace Aragon pour répéter avec les petits du PDI (Parcours de Découverte Instrumentale), à l’Ancienne Mairie pour les répétitions avec l’orchestre. En passant de temps en temps au Maître de Poste. Pour répéter avec les danseuses de Julie Delvart.
Tristan répète avec les petits du PDI, et leur professeur Alain Fenet.Alain Fenet accompagnera Tristan et les enfants du PDI pour La Faute à Voltaire…
Il a conscience d’avoir un rôle important. Qu’il travaille avec beaucoup de sérieux et de concentration. Gavroche ? Il l’aime bien.
Il y a encore quelque temps, je ne connaissais rien des Misérables. Je ne connaissais pas l’histoire. Je ne connaissais pas Gavroche. C’est un petit garçon espiègle, qui fait des farces. Il aime bien taquiner les autres. Comme il est pauvre, il est obligé de voler. Et donc, il est poursuivi par les gendarmes.
En effet, on peut dire qu’il connaît bien le personnage qu’il interprète ! Même s’il ne comprend pas encore vraiment pourquoi Hugo en fait un martyre.
C’est vrai, c’est triste que Gavroche meure sur la barriacade. Mais c’est pour nous rappeler que toutes les choses ont une fin, et qu’un jour ou l’autre on doit mourir…
Tristan sera Gavroche.
Quelle maturité… Pas courant non plus. Un autre personnage le touche : Cosette bien sûr. D’ailleurs, il aurait bien aimé interpréter ce rôle. S’il avait été une fille évidemment !
Elle a de la chance. Le rôle principal, c’est elle. Et puis elle a le temps, que Gavroche n’a pas, car elle vit plus longtemps…
Amandine et Vincent, ses parents, peuvent être fiers… Et ils seront certainement émus en découvrant les qualités de chanteur et d’acteur de Tristan. Et de tous les autres ! Car ils seront nombreux sur la scène de Jean Vilar pour interpréter Misérables!
Tristan, Baptiste, et beaucoup d’autres chanteront Misérables !
Samedi 18 juin, 18h et dimanche 19 juin, 16h, à l’Espace Jean Vilar de Coudekerque Branche.
Photographies de Amandine Plancke, photographe de la Ville de Coudekerque Branche. Qu’elle en soit remerciée !