UNITED COLORS OF POUNKY LADY

Coloré, bucolique, utopique, rock and roll, et ténébreux. Voilà l’univers de Pounky Lady. Pounky Lady ? Belle comme une œuvre d’art vivante, qui semble tout droit sortie d’un film de Jeunet. Ou  de Tim Burton.  Qui a fait de son apparence la carte de visite de la vie qu’elle mène : joyeuse, enjouée, colorée, atypique, excentrique, chaleureuse. Et généreuse surtout. Peintre et plasticienne aux multiples talents, elle expose à Dunkerque. Jusqu’au 18 mars. Son portrait ici même. En couleurs, évidemment.

Une Lady chez une Miss.
Une Lady chez une Miss.

UNE LADY CHEZ UNE MISS

Pour Audrey's Cupcakes, Lady Pounky signe "JoAnne"
Pour Audrey’s Cupcakes, Lady Pounky signe « JoAnne »

Quand Miss Audrey’s Cupcakes rencontre Pounky Lady sur un salon de voitures anciennes, ça donne des envies et un projet. Celui d’exposer les œuvres de la Lady dans l’univers vintage et sucré de la Miss. Et ça fonctionne : l’Amérique des années 1950 prête son cadre léger aux explosions de couleurs et de lignes de l’univers de Pounky Lady

Cox, ska, rock, skull, Paris, Mexico
Cox, ska, rock, skull, Paris, Mexico

On retrouve dans les tourbillons de sa peinture les vagues de Hosukai, les contrastes de Diego Riviera ou de Van Gogh, les amoncellements engagés de Boltanski, le street art de Banksy, les prouesses lumineuses de Klimt, le chatoiement de Kehinde Wiley et la finesse féminine tout exotique de Frida Kahlo. Justement, le Mexique est une source d’inspiration. Notamment la façon dont les Mexicains fêtent leurs morts le 1er novembre de chaque année. Avec de la joie, de la couleur, des pique nique dans les cimetières, de la lumière et des chants. La Catrina, appelée à l’origine la Calavera Garbancera, figure populaire de la culture mexicaine, fascine Pounky Lady.  Et on retrouve un peu de ses traits dans les visages de femmes de la Lady. Squelette féminin, revêtu de riches atours et souvent chapeauté, ce personnage extraordinaire réconcilie les vivants avec l’étrangeté de la mort.

Skull Mexico.
Skull Mexico.

Étonnant pour une jeune femme pleine de vie et se réclamant du carpe diem des épicuriens ? Pas tellement. Pas du tout même, si on traverse un peu la toile, à la rencontre de l’intimité de Pounky Lady…

DE LADY À JOANNE

Des vampires, des monstres, des déclinaisons de Frankenstein, des squelettes et des crânes…. Des corps torturés à la Schiele ou à la Dürer dans son Apocalypse. Ce sont les vanités que Joanne Goudry, alias Pounky Lady, peint pour conjurer ou sublimer les angoisses de la mort. Celle de proches qu’elle a perdus au fil du temps. Celle des autres encore présents qu’elle aime et s’attend à perdre un jour. C’est peut-être ce qui fascine dans son univers : la représentation colorée et joyeuse d’images de notre finitude. Des vanités quoi. Rappelle-toi que tu es mortel, que tout a une fin. Et profite. Des êtres et de la vie. Elle cite volontiers Horace :

« Cueille le jour présent sans te soucier du lendemain »

Carpe diem. Voilà ce que semblent nous dire sa Vampire Lady, Skull Mexico ou les amours sacrilèges de Frankenstein. Mais avec légèreté et couleurs. Car la peinture, les collages, les créations d’objets design, sacs, badges ou pièces de mobilier,  de Joanne ne sont absolument pas morbides. Bien au contraire. Ils invitent à la vie. À l’enthousiasme. Au sens premier du terme : à se laisser emporter par un souffle qui nous ravit (dans tous les sens du terme), celui qui a animé Joanne au moment de créer. Cette enfant de Brassens et des Pogues, orpheline de père, fille de la mer, de Malo, peint quand et où ça lui chante. Pas besoin d’atelier. Elle peint là où il y a de la place. Chez elle. Et trimbale son matériel. Acrylique, Canard enchaîné ou  Charlie Hebdo. Et crée quand ça lui chante. Parce que la musique est extrêmement présente dans sa vie. Jim Morrison, par exemple : son premier portrait. Le rock and roll que sa mère lui a appris à danser. Jimmy Hendrix. Et  Patti Smith, la marraine du mouvement punk. Et de Pounky Lady, sa digne descendante

guitare basse
Guitare basse « customisée ».

Joanne avoue qu’elle aurait aimé parler anglais couramment, comme une de ses sœurs qu’elle admire. Pour se fondre encore plus dans cette génération de poètes chanteurs peintres des années 1960-70 née aux États unis ? Pour coller à la langue de Andy Warhol qu’elle admire aussi ? Pas besoin. Le dessin, les lignes et les couleurs sont un langage universel, compréhensible par tous.

Je crois en l’humain. Je suis une personne positive. Et je fais tout ce que je peux pour aider autour de moi, à pette échelle.

Joanne à l'oeuvre
Lady Joanne.

Ce qu’elle enseigne aux élèves dont elle a chaque année la charge. De collège en lycée. De la Sorbonne aux arts floraux, elle a

Lady Joanne...
Lady Joanne…

acquis cette expérience d’artisan et d’artiste, cet art de l’humain qu’elle transmet aux plus jeunes, dans l’amour de la vie et la joie.

Jean Pierre Jeunet ou Tim Burton ?
Jean Pierre Jeunet ou Tim Burton ?

Exposition de ses œuvres chez Audrey’s Cupcakes, 4 rue Dampierre à Dunkerque, du 18 février au 18 mars. Vernissage  jeudi 18 février à 19h.

Page Facebook de Pounky Lady : ici.

Site de Pounky Lady : .

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images 6, 7 et 8 : photos personnelles aimablement et généreusement prêtées par l’artiste. Qu’elle en soit remerciée !

 

PASCAL LEROUX : LES COULEURS DU CARNAVAL

La mer et le carnaval. Voilà ce qu’incarne ce grand gaillard au regard clair. L’âme dunkerquoise en fait. Pétrie de générosité sous un abord bourru. Pétrie de tempêtes au large et d’explosions de couleurs sous les cletches et les parapluies. Pascal Leroux, c’est tout ça à la fois. Un marin fier et tendre. Un artiste plein de lumières et de couleurs.

ARTISTE ET ARTISAN

Il est né place Jean Bart. Y a vécu son enfance, avant de s’expatrier à Malo. Enfant de Jean Bart, enfant de la mer, Pascal est d’abord fils de marin. Alors il le devient à son tour. Officier sur les remorqueurs. C’est ça son métier. Autrefois sur le bateau feu Le Sandettie. Aujourd’hui, il brave les tempêtes, en brave qu’il est. « Un métier de passion » comme il dit.

photo en mer
Photo prise du remorqueur par Pascal Leroux.

Et une passion à côté : la peinture. Enfin,  la couleur. Sous toutes ses formes. Toiles, vitrines, maquillages, tee-shirts, décors pour objets aussi éclectiques que des mugs ou des badges. Et puis il y a les figurines, grandes ou petites. Magnifiques ! Pour l’anniversaire des Stekebeilles, association philanthropique de Ghyvelde, les 29 Tambours Majors présents ont reçu chacun une des figurines de Pascal Leroux. Les créations de cette saison ?

figurine de Cacaille
Figurine réalisée pour les 30 ans de service de Cacaille, Tambour Major de Saint Pol sur Mer.

La figurine qu’il a réalisée pour les 30 ans de service de  Cacaille, Tambour Major de Saint Pol sur Mer. Celle de Pompon le Pompier, Tambour Major de Bergues.

Pascal Leroux a remis à Pompon, Tambour Major de Bergues, sa figurine.
Pascal Leroux a remis à Pompon, Tambour Major de Bergues, sa figurine.

Vous connaissez peut-être celle de  Bernard Minne, Tambour Major de Cassel

Figurine représentant Bernard Minne, Tambour Major de Cassel.
Figurine représentant Bernard Minne, Tambour Major de Cassel.

Entre autres. Avec leur aimable autorisation, comme on dit. Et même avec leur encouragement, et pour leur plus grande fierté ! Il a réalisé le logo des Rose Marie de Gravelines (seule association philanthropique carnavalesque féminine), des Hallebardes, et il est pote avec Les Petits Baigneurs et les Prouts ! On trouve ses créations à l‘Office de Tourisme de Dunkerque et à celui de Saint Pol sur Mer. Ainsi qu’au magasin Hon Fleurs à Rosendael. Et chez lui, bien sûr. Où il travaille. A Tétéghem. Fabrique la plupart de ses produits dans son atelier. A l’ancienne. Quand je l’ai rencontré, il était de permission. Il m’a dit « Demain, je fais des mugs » comme d’autres diraient « Demain j’ai piscine ». Sourire.

Pascal Leroux travaille chez lui, dans son atelier.
Pascal Leroux travaille chez lui, dans son atelier.

LES P’TITS BOUTCHES

On peut dire que sa petite entreprise ne connaît pas trop la crise. On retrouve ses badges dans des valises perdues en Savoie et ses porte clés jusqu’à New York ! Les P’tits Boutches, sa société créée en 2007, commence à être reconnue. Les « ptits boutches », pour ceux qui ne parlent pas couramment le dunkerquois, c’est « les petits gamins ». Pascal en a quatre. Qui ont sauté à pieds joints dans le carnaval étant petits. La chaîne WEO a d’ailleurs consacré tout un reportage à la petite famille.

Tahiti : maquillage de Pascal Leroux.
Tahiti : maquillage de Pascal Leroux.

On y voit Pascal Leroux se peindre sur le visage le sacro saint maquillage qui le caractérise. Un décor tahitien. Tahiti, il n’y est jamais allé. Mais son père, marin au long cours, si. Et ce maquillage, c’est comme un hommage au père. Et à la mer. Et à sa patrie : le carnaval. D’ailleurs un maquillage de Pascal Leroux, c’est comme le manuscrit d’un écrivain : c’est unique, et ça commence à valoir de l’or… Comme ses vitrines. Œuvres de l’éphémère.

Vitrine réalisée par Pascal Leroux.
Vitrine réalisée par Pascal Leroux.

Il se souvient avoir dessiné sur une nappe dans une chapelle (de carnaval, hein…) et un an après, le  bout de nappe avait été encadré au mur ! Si tu veux du durable, alors tu commandes un tableau. Allo les P’tits Boutches. Et tu demandes ce que tu veux. Sinon, promène-toi dans les différentes bandes à venir avec un bout de papier et un crayon dans ton cletche, et si tu rencontres l’homme au visage de Tahiti, paie-lui une pinte ! Et n’oublie pas de lui dire en partant « A Noste Kêe ! » Il paraît qu’il sera à la bande de Malo ce dimanche…

Tableau de Pascal Leroux.
Tableau de Pascal Leroux.

LES SECRETS D’UN ARTISTE

Pascal Leroux
Pascal Leroux

Bon vivant et triste aussi, parfois. La vie ne lui a pas fait de cadeaux. Cet autodidacte de 52 ans croit cependant « qu’il n’y a pas de hasard » et qu’on fait souvent « les rencontres dont on a besoin ». Loin des chahuts de la bande, chaque être a finalement ses secrets. Pascal aurait voulu par exemple être photographe, comme son ami Stéphane Rauzada, en première ligne au Paradis… Ou écrire, comme ses amis auteurs Mouna Toujani, Pascal Dessaint et Gilles Charpentier, alias Sam Gave. Même si ses photos, il se les garde pour lui, je peux vous dire qu’elles sont aussi dignes des murs d’une galerie que ses tableaux. Pascal Leroux sait capturer le moment présent. Et « la force des vagues et les couleurs du ciel ».  Il a l’œil. Celui de l’artiste. Et il aime créer. Partir de rien. Du blanc de la toile. Et, à l’instar des fumigènes de son enfance qui illuminaient les vapeurs échappées du  rigodon de la place Jean Bart par un feu d’artifice, il fait exploser les couleurs sur la plage vierge de ses toiles. Je vous souhaite de rencontrer ce marin au cœur tendre et son carnaval de couleurs.

Page facebook des P’tits Boutches : ici.

Le site des Petits Boutches : ici.

Images : toutes les photos de cet article, ainsi que la vidéo, sont la propriété de Pascal Leroux. Qu’il soit remercié pour les avoir aimablement prêtées !

MONSIEUR CADRE ET LE CARNAVAL

Ça sonne comme le titre d’une fable ou d’un conte. Et on n’en est pas loin. C’est une belle histoire d’amour que vit Arnaud Feraille depuis quelques années maintenant. Avec le carnaval de Dunkerque. Arnaud Feraille… Monsieur Cadre… Allons bon, ça ne vous dit rien ? Il se promène sur les bandes et dans les chapelles pour vous tirer le portrait… En voilà un dont personne ne pourra dire qu’il ne peut pas l’encadrer ! Surtout les carnavaleux ! Ils sont plusieurs centaines déjà à s’être fait immortaliser, seuls ou en groupe, par ce photographe généreux. De la Place Jean Bart à la Citadelle, en passant par la bande de Malo, il promène son cadre depuis plusieurs années. Cette fois, c’est de lui qu’on fait le portrait …

ARNAUD FERAILLE, ADOPTÉ !

Ben oui, adopté… parce qu’il est Lillois… Mais attention : pas un de ces touristes qui montent en car pour se mettre minable au bar du bal ou dans une chapelle où qu’il est même pas invité (« où qu’il est » : dialecte dunkerquois ; comprenez « dans laquelle il n’est pas » !). Non, Arnaud Feraille est tombé dans le carnaval il y a longtemps déjà.  Et il a assimilé la rhétorique du carnaval mieux que certains natifs eux-mêmes ! Et à force de fréquenter la plupart des bandes, il est tombé amoureux de cette tradition unique. Son éternel chapeau fleuri sur la tête. Et  son cletche (« cletche » : dialecte dunkerquois ; comprenez « déguisement »)… Mais attention ! Cette année Arnaud innove : il porte désormais un kilt, à l’écossaise

Finie la vieille matante qui portait pourtant 17 ans d’odeurs de sueur, de bière et de hareng….

Arnaud Feraille alias Monsieur Cadre.
Arnaud Feraille alias Monsieur Cadre.

Autre indice : son maquillage représente ce fameux cadre qu’il promène partout… Autre innovation, et autre indice encore pour le reconnaître : il porte en bandoulière des badges et des écussons. Pas n’importe lesquels. Les siens. Fabrications artisanales. Signes distinctifs. Bannières petit format pour témoigner de son attachement à l’humour du carnaval dunkerquois.

ecusson-carnaval-de-dunkerque-va-laver-ta-moule-monsieur-cadre

Ses complices de bandes et de chapelles ? Son appareil photo et son cadre. Pour faire des images. Des photos. Des centaines de photos. Plus de 800 par année ! Qu’il ne vend pas. Qu’il offre. C’est que du leutche ! C’est gratuit (ndtr). Une pinte, peut-être, en échange… C’est son cadeau aux carnavaleux qui l’ont adopté. Des portraits. Dans un beau cadre fleuri, qu’il a fabriqué et qu’il rafistole au fil du temps. Cette année, vous y trouverez quelques plumes de faisan. Générosité. Offrir aux familles, aux inconnus, des souvenirs de ces moments festifs uniques. Sans rien en échange.

nous
Anonymes…

PHOTOMA…TANTE !

L’idée du cadre ? Elle vient des mariages. Vous avez tous vu un cadre se promener de groupe en groupe dans les vins d’honneur, et les invités laisser ainsi un souvenir joyeux aux époux. Arnaud Feraille est photographe professionnel. Sans studio. Alors il se déplace. Dans les mariages, essentiellement. Sa rencontre avec François Vandenbunder et Bernard Cartiaux, les auteurs de Photomatante, précise l’idée du cadre. Et son salaire ? Des mercis, plein de mercis, et des messages privés. Et des gens qui demandent même à le rencontrer pour se faire photographier. Tant son travail, qui confine à l’art, est reconnu. Son salaire ? Des amitiés, qui naissent et durent. L’Amicale des Sapeurs Pompiers l’a invité à sa chapelle, si courue ! Des amitiés de carnaval, de celles qui ne s’expliquent pas. Qui sont comme une évidence. Et pas avec n’importe qui : Pascal Leroux, les Prout, les Blues Zoulous, Casquelourd, rien que ça !

Sur la plage de Malo.
Sur la plage de Malo.
Les Noirs encadrés par Arnaud Feraille.
Les Noirs encadrés par Arnaud Feraille.

Yolande et Léon ne lui font même plus le coup de l’intrigue tant ils le connaissent bien. Il est complice évidemment avec Franck Talon et Jean Louis Burnod, autres photographes de génie du carnaval. Et il est copain avec deux tambours majors : Cô Bonnt’che, Tambour Major de Dunkerque s’il vous plaît, et Pouche Lô de Loon Plage. Du beau monde, quoi…  Et les Noirs ! Qui se sont fait prendre en couleurs, presque au complet !

Cô Bonnt'che, Tambour Major de Dunkerque.
Cô Bonnt’che, Tambour Major de Dunkerque.

Un très bon moment m’a déjà été offert en ce début d’année :  j’ai eu l’occasion de monter en nacelle pour « encadrer » Jean Bart après sa grande toilette ; et je dois avouer que, même en tant qu’enfant de Jean Bart « adopté », l’émotion et le plaisir étaient au rendez vous !

Arnaud et Jean Bart...
Arnaud et Jean Bart…

Je reste aussi avec certains « rêves » : une photo des Prout encadrés… une pancarte personnalisée de Léon et Yolande par exemple…

A bon entendeur…

POURQUOI CETTE PASSION POUR LE CARNAVAL ? ET POUR DUNKERQUE ?

Le carnaval, c’est la chute des classes sociales, c’est l’égalité retrouvée. C’est le respect. C’est l’attachement des carnavaleux, les vrais, à leur histoire locale, à l’arrachement des marins, à la Vissherbande, à Cô Pinard, alias Jean Minne, et à son hymne si beau.

Et les belles valeurs du carnaval s’exportent ! À Lille ou dans d’autres villes du Nord Pas de Calais. Et cette année encore à Paris ! Grâce au concert des Prout, le 15 mai 2016. Et Arnaud nous réserve à cette occasion une petite surprise :

J’attends les masquelours au Trocadéro, le dimanche 15 mai  2016, de 15h30 à 17h00, avant le concert des Prout, pour une petite photo encadrée devant la Tour Eiffel.

en cletche à paris

le site d’Arnaud Feraille : ici

sa page Facebook :

la page Facebook de l’événement parisien : par ici

Images : photos aimablement et généreusement mises à disposition par Arnaud Feraille. Qu’il en soit remercié !

PINTJE BIER II : UNE FIGURE INCONTOURNABLE DU CARNAVAL

Pintje Bier II. Un regard bienveillant et malicieux. Une vigueur exceptionnelle à bientôt 73 ans. Et des moustaches à tomber par terre !  Figure incontournable de la Bande de Grande Synthe.  Figure incontournable aussi dans l’univers très codé du carnaval puisqu’il est le précurseur de quelques innovations. Pintje Bier II : souvent imité, jamais égalé ! Intronisation d’un Tambour Major, organisation d’une bande ou secrets d’un chef de clique…  Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur Pintje Bier II, et pour avoir l’air moins bête en première ligne, est dévoilé ici…

LES SECRETS D’UN TAMBOUR MAJOR

image à la une

Comment devient-on Tambour Major ? Pintje Bier II, alias René De Lys dans le civil, était déjà une figure locale. Carnavaleux reconnu et responsable du Service des Fêtes de Grande Synthe. On recherchait alors, c’était en 1989, un volontaire pour conduire la bande. Sa ressemblance avec Lech Walesa, avec des bacchantes à rendre jaloux Astérix ou Obélix, a dû peser dans la balance… Une première bande, soutenue par Les Grisards Synthois en 1968 avait fait long feu. En 1989, sous la houlette, ou plutôt sous la canne, de René-Pintje Bier, la bande de Grande Synthe renaît de ses cendres et s’installe durablement dans le paysage carnavalesque local. Et c’est pour René que la première cérémonie d’intronisation d’un Tambour Major est créée !

Le Vivat flamand, lors de l'intronisation.
Le Vivat flamand, lors de l’intronisation.

Imaginez… Les Meulenaerds forment une haie d’honneur, au milieu de laquelle s’avance le futur

Le passage de canne par Cacaille, lors de l'intronisation.
Le passage de canne par Cacaille, lors de l’intronisation.

Tambour Major, suivi d’un cortège de carnavaleux recueillis. Le Maire de Grande Synthe de l’époque, René Carême, pose solennellement sur la tête de René, tel un pape sacrant un empereur,  le chako ou fameux bonnet à poils des Tambours Majors. Des enfants apportent alors sur un coussin la canne de maître de cérémonie de la bande qu’est le Tambour Major. Et c’est le grand Cacaille, Tambour Major de Saint Pol sur Mer, qui remet cette canne à un Pintje Bier II officiellement intronisé. S’en suivent les discours des dignitaires. Et l’inévitable Vivat Flamand qui promet l’immortalité, dans les esprits et dans les cœurs, de Pintje Bier II. Première intronisation d’un Tambour Major dans l’histoire du carnaval dunkerquois. Jusqu’alors, on organisait des « passages de canne ». Depuis, les intronisations se succèdent…

PINTJE BIER II : UNE BIÈRE, UN GÉANT, UNE MÉDAILLE ET DEUX CHANSONS

Pintje Bier II : il y a donc eu un premier Pintje Bier ? Eh oui ! En 1854. Premier Tambour Major de Dunkerque recensé. René ne voulait pas être un énième « Cô ». Et puis, la petite pinte de bière, pour lui qui a travaillé autrefois à la Brasserie Carlier à Coudekerque Branche, ça lui plaît bien ! Ça lui plaît tellement que quand l’idée de créer une bière de carnaval à son nom, la Pintje Bier, est lancée, il accepte immédiatement ! René est d’ailleurs « Esward d’Honneur » de la Guilde des Eswards Cervoisiens depuis 1993. Pintje Bier est aussi le seul Tambour Major à avoir un géant à son effigie ! Reuze Pintje réveille les Grands Synthois depuis 1999. Et les conduit dans les rues de la ville tout au long de la bande.

Le Géant Reuze Pintje. Pintje Bier II est le seul Tambour Major à avoir un géant à sa ressemblance...
Le Géant Reuze Pintje. Pintje Bier II est le seul Tambour Major à avoir un géant à sa ressemblance…

Saviez-vous que Pintje Bier II est le héros de deux chansons ? ! Alain Alaïe et les Bas résilles lui consacrent un titre, Pintje, dans leur album Quel Podingue ! Elle a des grosses totottes matante Charlotte devient Il a des grosses moustaches…

Pintje Bier II et le groupe Alain Alaie et les Bas résilles.
Pintje Bier II et le groupe Alain Alaie et les Bas résilles.

Et Casquelourd interprète l’émouvant:

Au chat noir, t’as pas su ? On s’est r’trouvé dans l’brin, vu qu’il en manquait un…

Autre innovation : la cérémonie de remise des Médailles aux 29 Tambours Majors. Cette année, elle a lieu le samedi 30 janvier. Elle existe depuis 1996.  20 ans donc que, chaque année, la Mairie de Grande Synthe remet aux 29 Tambours Majors de la Confrérie, sa médaille du carnaval. Les collectionneurs s’arracheraient à prix d’or ces médailles que René, et Francette son épouse, conservent dans une modeste boîte en carton…

Francette, son épouse. Elle est la mémoire de René. C’est elle qui cherche dans le gros album souvenirs du carnaval les photos et les articles de journaux soigneusement conservés. C’est elle qui se souvient des dates, des noms, des anecdotes. C’est elle qui entretient l’écusson de cuivre arborant l’aigle impérial sur le chako. C’est elle qui raccommode le calot de Pintje Bier II ou les  boutons de sa redingote, et qui l’aide à enfiler son plastron ! C’est elle encore qui ajustait chaque année les costumes de Tambour Major ou de Cantinière miniatures que portaient ses petits enfants, Aymeric, Yorik et Jade, chefs de file de la bande enfantine. « Quand j’ai vu mon ptit fils mener tout seul la bande enfantine d’Uxem, comme un chef, j’ai failli pleurer » me confie René. Faut dire que dans la famille on est carnavaleux de père en fils et de mère en fille, et qu’on tombe dedans à 3 ou  4 ans !

Pintje Bier II et son petit fils Yorick.
Pintje Bier II et son petit fils Yorick.

UN CHAHUT … BIEN ORGANISÉ !

La bande, c’est pas la débandade ! Tout est réglé comme sur du papier à musique. Et surtout la musique justement ! Pintje Bier II recrute ses musiciens en concertation avec le chef de bande qu’il a choisi. Christophe Denis a pris sa retraite de chef de bande de Grande Synthe quand le grand Co Schlock II a laissé sa place à Cô Boont’che à Dunkerque. Fin d’une époque. C’est Ludovic Minne qui organise la clique de Grande Synthe depuis 2010. Quand les fifres et les tambours attaquent « Roule ta bosse », alors Pintje sait qu’il va bientôt lever sa canne. C’est le signal pour s’arrêter et pour permettre aux cuivres d’attaquer. Quand les cuivres terminent leur récital, le chef de bande lève le bras pour prévenir le Tambour Major que la marche va pouvoir reprendre. Quand la bande s’arrête, pour permettre à tous de se désaltérer et de se reposer un peu, Pintje Bier II lance « un ptit rond » avec la main, canne à l’envers, pommeau en l’air. Y a pas, faut être initié pour comprendre…  Enfin, c’est quand même Amarande Debruyne, la Cantinière de Pintje Bier II depuis l’édition 2000, que les musiciens guettent du coin de l’œil. C’est elle qui distribue, pour leur tenir chaud, la fameuse mirabelle, la meilleure, selon René, de toutes les bandes ! Un petit aperçu de la bande (celle de 2010) :

La bande de Grande Synthe est unique. À l’image de son Tambour Major : conviviale, accueillante, bon enfant. Je laisse la conclusion à René Pintje Bier II :

 Le carnaval ? C’est la convivialité, le partage, l’amitié. Des liens qu’on a avec des gens qu’on connaît que déguisés. C’est notre culture dunkerquoise. Le Dunkerquois serait malheureux sans le carnaval.

Carnaval à Grande Synthe : Ouverture officielle et remise des Médailles, samedi 30 janvier, 11h30 à la Maison Communale, Salle des Conférences, en présence des Tambours Majors de l’agglomération.

Bal des Pint’jes : vendredi 5 février, de 22h à 4h, au Palais du Littoral.

Réveil du Géant Reuze Pintje : samedi 6 février, 10h30 à la Maison Communale

27ème Bande des Pêcheurs : 13h30 devant la Maison des Associations. Jet de z’harengs vers 15h45 sur le parvis de la Maison Communale. Rigodon puis Vin d’honneur vers 17h.

image 1 : Papydo Lemaire (merci à lui pour ses magnifiques photos du carnaval !) : son blog, ici.

images 2, 3, 4, 5 et 6 : photos personnelles de René De Lys, alias Pintje Bier II (merci à lui et à Francette !)

SALT AND PEPPER : ET LE ROCK N’A PLUS D’AGE…

Ils sont 46. D’une jeunesse exceptionnelle. Et pourtant la moyenne d’âge est de 66 ans. Le point commun entre la doyenne, 85 ans, et la cadette, 57 ans ? L’envie de chanter. Et pas des cantiques. Du rock. Du lourd. Du vrai. Du qui vous donne la pêche et vous donne envie de danser. Dynamisés par une chef de chœur enthousiaste et généreuse, la pétillante Nathalie Manceau, les dignes enfants des Beatles et de Jean Bart enflamment la scène partout où ils passent. Salt and Pepper ou  la rock and roll attitude. Portraits…

DU ROCK AND ROLL POUR NE PAS VIEILLIR

Des succès du groupe rock français Téléphone, en passant par Help des Beatles, High way to hell des ACDC, The Show must go on de Queen, Antisocial de Trust, Le Vent nous portera des Noir Désir ou d’autres titres de Led Zeppelin, leur répertoire est plutôt musclé. Chaque mardi soir, ils le peaufinent, le travaillent, l’enrichissent dans une salle des Glacis prêtée par la Mairie de Dunkerque. Et sous la houlette de leur chef de chœur au grand cœur, Nathalie Manceau, ils s’adonnent à leur passion. Ils sont parfois rejoints par Fatherless Child, DJ qui redimensionne leur rock. « Du rock and roll pour ne pas vieillir ». C’est leur devise.

Le groupe Salt and Pepper en concert.
Le groupe Salt and Pepper en concert.

ROCK AND ROLL IS NOT DEAD

José et son bandeau rouge, Dominique alias Dom, Jacqueline la Bruxelloise, Bernard, Christiane alias Cricri, Francine, Annie ou Dolly… Chacun, chacune ose la scène. Chacun, chacune brave sa timidité et sa fatigue. Chacun, chacune a trouvé dans ce groupe vocal un second souffle. Une seconde jeunesse. Des passages télé à foison ! Sur WEO. Sur Opal’TV. Sur France 3 Régions. Chez Mireille Dumas ou chez Sophie DavantToute une histoire et C’est au programme. Dans le 66 Minutes et le 100% Mag de M6. Dans un Grand Reportage de TF1. Les « Rockers du Nord » comptent plus d’une cinquantaine de concerts à leur actif, déjà, depuis la création du groupe en janvier 2010. À l’époque, c’est la scène dunkerquoise des 4 Écluses qui s’occupe d’eux. Et Virginie Scherrens surtout. Responsable des actions culturelles aux 4 Écluses. Nathalie Manceau se souvient avec émotion de leur prestation inoubliable au Grand Mix de Tourcoing, devant les responsables de la DRAC.  Elle se souvient aussi du premier morceau travaillé : l’incontournable Stand by me de Ben E.King. A capella. Un bijou. Elle se souvient aussi d’une erreur de jeunesse : donner des partitions à des chanteurs qui se fient à leur oreille et à leur cœur. Le rock, c’est simple, c’est brut. C’est l’énergie qui compte. Et la justesse bien sûr. Et la précision rythmique. Les morceaux sont travaillés comme des pièces d’orfèvrerie. Parfois, une ancienne prof d’anglais rectifie l’accent. Pas de partition. Du travail et de l’émotion. De l’émotion aussi pour le public. En particulier celle des publics un peu oubliés de notre société. Celui des maisons d’arrêt. Celui des maisons de quartier. Celui des foyers. Celui des retraités. Salt and Pepper assaisonne et redonne du goût à la vie affadie de ces publics parfois en marge. Franck Manceau à la batterie électronique. Et au son. Antonin Carette à la basse. Jonathan Nosalik à la guitare. Nathalie Manceau à la baguette magique. Du live. Du vivant quoi…

MONEY

Depuis 2012, le groupe vole de ses propres ailes. Une association s’est créée. Son président ? Philippe Lanoote. Qui porte bien son nom…

J’ai appris à chanter. J’ai appris à présider. J’ai appris à entrer en contact avec le monde de la scène et de la télévision. Si j’avais su le bonheur que c’est, j’aurais appris à chanter avant ! Nous produire sur scène, à nos âges, redonne confiance en soi. Nous apprenons à vaincre notre timidité, et nos fatigues. Et voir des jeunes chanter et danser sur nos morceaux, c’est une satisfaction énorme ! Le rock and roll est connu de toutes les générations !

Salt and Pepper, c’est du bon rock and roll. C’est du partage. De la générosité. De l’intergénérationnel comme on dit. De l’humain. Ce qui leur manque ? Des mécènes ! Rien que pour financer le transport de 46 chanteurs… avec le matériel.. C’est pas rien. Même si la Mairie de Dunkerque subventionne. Même si l’asso est reconnue d’«intérêt général» et peut donc recevoir des dons. Même si le crowfundig d’Ulule et les cotisations des membres mettent du beurre dans les épinards. Salt and Pepper a besoin d’un chauffeur. Pas de salle. Pas besoin, ils savent enflammer le public. Non, un budget pour leurs déplacements. À bon entendeur…

LA BAGUETTE MAGIQUE

Nathalie Manceau. Chanteuse professionnelle. Tombée dans la musique quand elle était petite. Numéro treize d’une fratrie où on joue de la trompette et où on chante en se levant dès le matin. Elle est le piment des Salt and Pepper. « Elle nous dynamise. Nous réveille. Chanter sous sa direction, c’est un grand bonheur. C’est une pro », nous confie Philippe Lanoote le Président. 

Nathalie Manceau dirige les Salt and Pepper.
Nathalie Manceau dirige les Salt and Pepper.

Ça fait plus de quinze ans qu’elle chante. Du rock, bien sûr. Du jazz aussi. Elle a fait la première partie du Tixier Quartet au Jazz Club de Dunkerque. Elle a commencé avec son partenaire à la vie comme à la scène, comme on dit, Franck Manceau. Leur duo s’appelait Double Je. Aujourd’hui, elle se produit dans plusieurs formations. Moon, quartet pop-jazz, avec Franck bien sûr,  François Tourneur à la guitare et Serge Samyn à la basse.  Man-Za Trio, pop-électro, avec Franck toujours et le guitariste Jonathan Nosalik. Duel Duets, duo rock-jazz-impro, avec François Tourneur à nouveau. Plus d’info sur le duo : ici. Elle participe à des projets de sensibilisation à la musique dans l’univers scolaire. Elle se produit régulièrement lors des Jam Sessions du Jazz Club de Dunkerque.

Nathalie Manceau sur la scène du Jazz Club de Dunkerque.
Nathalie Manceau sur la scène du Jazz Club de Dunkerque.

On laisse le mot de la fin à la fée des Salt and Pepper :

La devise des Salt and Pepper : « Du rock and roll pour ne pas vieillir ». Vieillir… ce serait ne plus avoir envie. Oublier ses rêves. Oublier son âme d’enfant. Ne plus chanter. Oui, ce serait ça, vieillir…

La page Facebook des Salt and Pepper : ici.

Le site des Salt and Pepper : .

La page Facebook de Nathalie Manceau : par ici.

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DUNKERQUE. UN SOIR AU JAZZ CLUB…

21h30. Thierry pianote déjà. Thomas chauffe tranquillement la basse. Et Sébastien donne le ton à la batterie. Françoise Devienne est au premier rang. À la droite de la reine mère du jazz à Dunkerque siège Emma, de Chti Jazz. Les habitués ont déjà troqué leur ticket d’entrée contre une bonne bière pression bien fraîche. C’est vrai que la chaleur est douce dans ce petit écrin de la musique. On aperçoit David Langlet. Sa trompette n’est pas loin. Et Fabrice Devienne aussi. La salle est pleine comme un œuf. Les premiers amateurs de jazz -au sens premier du terme : « qui aiment »- se préparent, instrument ou paroles de standards en main. La jam peut commencer…

Une jam session
Une jam session.

Du dunlerquois. De Bordeaux. De Montpellier. De Belgique. Ils viennent de partout. Pour oser la scène. Affronter le public. Et interpréter les fondamentaux du jazz. The Girl from Ipanema. Le vieux chanteur au chapeau laisse bientôt la place à une jeune interprète rousse. Et puis un sax alto s’invite. Puis un sax ténor. Et le vieux crooner revient pour conclure. On enchaîne sur Les Feuilles mortes. Les trois sax sont toujours là et rivalisent de virtuosité. Le tapis de feuilles est balayé par Charlie Parker. Et puis, on a envie de pleurer de bonheur quand un tout jeune garçon de 14 ans entame Amstrong, bien campé sur scène, comme s’il chantait dans sa cuisine. Un trémolo prometteur. À l’aise. Et généreux. Devant plus de 150 personnes. À 22h, sa prof de chant de collège, le tire par la manche pour rentrer : demain y a école… La musique traverse la nuit et les âmes, et fait oublier l’heure. Les talents qui investissent la scène aussi.  Les doigts de Fabrice Devienne et les touches du piano se confondent. D’autres musiciens enquillent. Sax, violon, guitare, un autre sax, un autre violon. Et la trompette de David Langlet. Et des chanteurs. Un autre chapeau : celui de Jean, qui rend hommage à Nathalie Cole. Une autre voix, exceptionnelle, venue de Belgique : Sandrine. Un groove à tomber par terre. Summertime. Sunny. Le temps est aboli. Il n’y a plus que la musique. Et la virtuosité généreuse des musiciens qui se succèdent. Générosité. C’est ça qui frappe et émeut : chacun saisit le rond de lumière en même temps que la mesure qui se propose. Puis s’efface. Pour laisser l’autre prendre sa place aussi dans l’édifice qui est en train de se construire. On passe même sa partoche au partenaire du moment, qui découvre, et partage. Et on s’efface à nouveau. Ce qui compte, c’est l’œuvre qui est en train de naître, dans l’improvisation contrôlée. Et pas l’ouvrier. Qui a la modestie de s’effacer quand il a posé sa pierre. Quel bonheur ! Quelles valeurs sont là transmises, dans le bonheur de la musique. Générosité. Humilité. Harmonie. Écoute. Partage. Et quel travail pour parvenir à un tel degré de maîtrise de l’instrument !

D’autres sont tombés sous le charme il y a longtemps déjà …

« Lieu mythique, le club de Jazz est bien sûr un lieu privilégié. Tout à la fois laboratoire pour les musiciens, par l’absence de contraintes, cadre privilégié de la rencontre avec un public idéalement proche, espace de convivialité sans façon (boissons, discussions, exclamations…) pour une musique inséparable du cadre de vie. Le club de Jazz est un peu de la « place du village » qui nous manque tant. »
Pascal ANQUETIL, Officier des Arts et des Lettres, spécialiste de Jazz.

La Page Facebook du Jazz Club : ici.

Le Jazz club de Dunkerque ? Une école de l’humanité en même temps qu’un lieu convivial et de culture accessible. Pour en savoir plus, c’est là.

Le Jazz Club de Dunkerque ? Une histoire d’amour entre Françoise Devienne, la musique Jazz et Dunkerque. La suite : ici.

Le Jazz Club de Dunkerque ? Une programmation et des spectacles  exceptionnels. Le planning : ici.

Le Jazz club de Dunkerque et sa généreuse jam session ? Unforgettable…

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L’AVENTURE DE L’AVENT. JOUR 23. LE PLUS EGYPTIEN DES FRANCAIS

L’Avent. Avant quoi ? Comme les enfants, ouvrons chaque jour une petite porte. Vers une surprise que peut nous apporter cette période. Vers une douceur. Un symbole. Une figure. La figure de celui qui ouvrit une voie colossale dans la connaissance du monde antique et de la civilisation égyptienne : Champollion, né un 23 décembre…

LE GÉNIE…

Jean François Champollion naît le 23 décembre 1790 à Figeac, dans le Lot. Quand on pense que ses grands parents ne savaient pas écrire, que son père était colporteur et qu’il a appris tout seul à lire à l’âge de 5 ans… Né de parents âgés (sa mère avait 49 ans quand elle le mit au monde), il est pris en charge et éduqué par un de ses frères aînés, Jacques Joseph. Il paraît que le petit Jean François n’était pas brillant en orthographe, ni en mathématiques. L’abbé Dussert, qui seconde Jacques Joseph, passionne le petit Champollion pour l’étude des langues anciennes et rares : latin et grec bien sûr, mais aussi hébreu, syriaque, chaldéen, arabe. Il l’initie à l’archéologie.

Statue de Champollion, dans la cour du Collège de France
Statue de Champollion, dans la cour du Collège de France

Et le tour est joué, Jean François Champollion obtient une bourse pour le lycée impérial de Grenoble (actuel lycée Stendhal) ; il se passionne pour l’Égypte au sein de l’Académie Delphinale au côté de son frère Jacques Joseph. En 1807 (il n’a que 17 ans !), il arrive à Paris : il y étudie le copte, suit les cours de langues orientales du Collège de France. Il commence à déchiffrer des copies de papyrus. À l’époque d’ailleurs, les traductions des hiéroglyphes proposées par ses prédécesseurs sont plutôt fantaisistes… À 18 ans, il est nommé professeur adjoint d’histoire à l’Université de Grenoble.

… ET LA PIERRE

Sa carrière est brillante. Et son obsession toute tournée vers la traduction de la pierre de Rosette, découverte par les soldats de Napoléon Ier, dans le delta du Nil, lors de la campagne d’Égypte, en 1798. Vous pouvez la voir aujourd’hui au British Museum. Le même texte écrit dans trois alphabets différents : grec ancien, démotique (l’égyptien parlé) et hiéroglyphes. À partir de 1821, l’étude assidue de ce texte, sa traduction, permettent à Champollion LA découverte majeure ;  il retrouve ce que l’on avait perdu : la signification de ces idéogrammes anciens. La pierre de Rosette devient pierre philosophale : elle ouvre le champ de connaissances infinies sur la civilisation égyptienne, civilisation fondatrice de notre humanité…

Pierre de Rosette
Pierre de Rosette

En 1826, il est nommé conservateur des collections égyptiennes au Musée du Louvre. Et, de 1828 à 1830, il réalise son rêve : il part pour une mission scientifique en Égypte. À son retour, il obtient la chaire d’Antiquité égyptienne au Collège de France. Il meurt un an plus tard…

Quel génie ! Quelle précocité ! Quel amour pour un pays qu’il ne visita que deux ans, à la fin de sa vie… Voici ce qu’il en disait :

Je suis tout à l’Égypte, elle est tout pour moi.

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L’AVENTURE DE L’AVENT. JOUR 22. NAISSANCE D’UN GENIE

L’Avent. Avant quoi ? Comme les enfants, ouvrons chaque jour une petite porte. Vers une surprise que peut nous apporter cette période. Vers une douceur. Un symbole. Une figure. Aujourd’hui une figure essentielle dans la littérature française : celle de Jean Racine, né un 22 décembre. Portrait.

RACINE, DRAMATURGE ET POÈTE

Jean Racine naît le 22 décembre 1639 en Picardie. Issu d’une famille modeste, il est un modèle de réussite intellectuelle et sociale. Orphelin très tôt, sa grand-mère le fait admettre au couvent janséniste de Port Royal, où il reçoit une instruction classique. Il y étudie le grec, le latin , les auteurs antiques. Et c’est peut-être cette étude assidue du théâtre grec, à travers Sophocle, Euripide et Eschyle, qui le mène à l’écriture théâtrale. Sa rencontre avec Molière et Boileau, dans les années 1660, est décisive pour sa carrière de dramaturge. C’est d’ailleurs Molière et son Illustre Théâtre qui interprètent La Thébaïde et Alexandre le Grand. Les deux hommes se brouillent pour une histoire d’actrice et de cœur : Marquise Du Parc, comédienne favorite de Molière, s’éprend du jeune Racine. Il écrit pour elle Andromaque. La rupture entre les deux hommes est consommée. Et c’est la Troupe de l’Hôtel de Bourgogne qui jouera désormais les pièces de Racine.

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RACINE, HISTORIOGRAPHE DU ROI

À 37 ans, Racine quitte le monde du théâtre et devient, avec Boileau, historiographe du Roi Louis XIV. Quel chemin parcouru depuis La Ferté Milon et le collège de Beauvais ! Sur la demande de Madame de Maintenon, il écrit Esther et Athalie, deux tragédies bibliques, pour les jeunes filles de Saint Cyr. Il meurt à 60 ans.

Petit jeu… Sauriez-vous retrouver les titres des pièces de Racine dont sont extraites ces répliques célèbres ?

Je t’aimais inconstant, qu’aurais-je fait fidèle ?

Je passais jusqu’aux lieux où l’on garde mon fils.
Puisqu’une fois le jour vous souffrez que je voie
Le seul bien qui me reste et d’Hector et de Troie

Tout m’afflige, et me nuit, et conspire à me nuire.

Que le jour recommence, et que le jour finisse, /  Sans que jamais Titus puisse voir Bérénice.

C’était pendant l’horreur d’une profonde nuit.
Ma mère Jézabel devant moi s’est montrée,
Comme au jour de sa mort pompeusement parée.

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L’AVENTURE DE L’AVENT. JOUR 21. LES FILLES AU LYCEE

L’Avent. Avant quoi ? Comme les enfants, ouvrons chaque jour une petite porte. Vers une surprise que peut nous apporter cette période. Aujourd’hui, zoom sur un événement important dans l’histoire de l’égalité entre les sexes : l’entrée des filles au lycée.

VICTOIRE AU LYCÉE

21 décembre 1880 : Camille Sée, député et ami de Jules Ferry, fait voter une loi qui permet aux filles d’accéder à l’enseignement secondaire public. Jusque là, les jeunes filles devaient, pour suivre cet enseignement, se tourner vers les établissements privés et catholiques. Dans les établissements publics, les cours de religion sont alors remplacés par des cours de morale. Progressivement, l’Église n’a plus le monopole sur la vie intellectuelle et spirituelle des filles… L’année suivante, le même Camille Sée fait voter une loi créant une section de formation d’enseignantes à l’École Normale de Sèvres. La mixité n’est pas encore à l’ordre du jour. Il faut donc des femmes pour enseigner aux femmes dans le secondaire.

J.V_Daubié

Julie-Victoire Daubié, née le 26 mars 1824 à Bains-les-Bains dans les Vosges et morte le 26 août 1874 à 50 ans à Fontenoy-le-Château, est la première femme française ayant obtenu le droit de se présenter au baccalauréat à Lyon en 1861, et la première à l’obtenir le 17 août 1861. C’est aussi la première licencié (sans « e », orthographe de l’époque) ès lettres le 28 octobre 1872. Elle sera journaliste.

ET AUJOURD’HUI ?

Où en est-on aujourd’hui de la formation des filles dans l’enseignement secondaire ? Quelques chiffres et statistiques sur ce site de l’Éducation Nationale : ici. On y apprend que : les filles sont moins souvent en retard scolaire que les garçons, quel que soit le milieu social d’origine. Les filles meilleures en français devancent les garçons en sciences en fin de collège. Après la 3ème, les filles s’orientent davantage vers l’enseignement général et technologique. Les filles font plus des choix d’enseignements littéraires et les garçons d’enseignements scientifiques ou technologiques. Conséquence de ces choix, la mixité est rarement atteinte : 87 % de filles en santé-social et 87 % de garçons en sciences de l’ingénieur. En fin de seconde Générale et Technologique, les choix de séries diffèrent : les filles vont davantage vers les premières ES (économie et social) et L (littéraire) et les garçons vers les premières scientifiques…  ce qui produit, encore une fois, peu de parité dans les séries. 41,5 % des élèves des terminales scientifiques sont des filles.

78 % des filles et 70 % des garçons ont le baccalauréat… À l’université, plus de 70 % de femmes en lettres et en langues, moins de 30 % en sciences fondamentales et en Staps (filière sportive). Peu de filles en classes préparatoires scientifiques et peu de garçons en classes préparatoires littéraires. Des filles plus souvent titulaires de diplômes généraux et des garçons plus souvent titulaires de diplômes professionnels. 44 % de femmes parmi les docteurs et 29 % parmi les ingénieurs. 57 % des docteurs en lettres sont des femmes, 38 % de femmes parmi les docteurs en science. À la sortie du système éducatif, les femmes sont plus diplômées. Pourtant, elles ne sont pas majoritaires sur le marché du travail, occupent souvent des emplois à temps partiel, et gagnent moins que les hommes à diplôme et emploi équivalents dans certaines entreprises encore…

égalité

La convention interministérielle pour l’égalité entre les filles et les garçons, les femmes et les hommes dans le système éducatif, signée pour la période 2013-2018 par six ministres,  s’inscrit dans un fort engagement gouvernemental défini lors du comité interministériel des droits des femmes de novembre 2012.
La convention est articulée autour de trois chantiers prioritaires : 1. Acquérir et transmettre une culture de l’égalité entre les sexes. 2. Renforcer l’éducation au respect mutuel et à l’égalité entre les filles et les garçons, les femmes et les hommes. 3. S’engager pour une plus grande mixité des filières de formation à tous les niveaux d’études. Pour que la parité ne soit plus un vœu pieux…

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L’AVENTURE DE L’AVENT. JOUR 20. A PROPOS D’ABRAHAM ET DE LINCOLN

L’Avent. Avant quoi ? Comme les enfants, ouvrons chaque jour une petite porte. Vers une surprise que peut nous apporter cette période. Vers une douceur. Un symbole. Une figure. Deux figures ce jour. Celle d’Abraham, qui est fêté le 20 décembre. Celle d’un autre Abraham : Lincoln, figure essentielle dans la Guerre de Sécession et dans l’abolition de l’esclavage aux Etats-Unis.

ABRAHAM : PÈRE DE LA MULTITUDE

D’après La Genèse, premier livre de la Bible, Abraham est né en Chaldée, l’Irak d’aujourd’hui. Abraham, s’établit dans l’actuelle Palestine, et Agar, sa servante, lui donne un fils : Ismaël. Alors que Sara, son épouse, et lui-même ont atteint un âge vénérable (99 ans !) Dieu leur annonce qu’ils vont avoir un enfant. Sara donne naissance en effet à un fils : Isaac. Agar et Ismaël fuient alors la jalousie et la colère de Sara. Tout le monde connaît le commandement imposé par Dieu à Abraham pour éprouver sa soumission : il lui demande de sacrifier ce fils né dans la vieillesse.

AbrahamIsaac

Mais Dieu arrête le bras de son serviteur dévoué et transforme Isaac en bouc. Jacob, fils d’Isaac, prend le nom d’Israël, et aura à son tour 12 fils, qui seront à la tête des 12 tribus d’Israël. Les musulmans, quant à eux,  considèrent Ismaël, le premier fils d’Abraham, comme l’ancêtre des Arabes. Abraham, aux origines de deux religions monothéistes, aux origines de deux clans frères, et pourtant fratricides…

ABRAHAM : PÈRE DE L’ABOLITION

En réaction à l’élection d’Abraham Lincoln à la présidence des États-Unis, deux semaines plus tôt, les parlementaires de Caroline du Sud votent à l’unanimité la sécession de leur État le 20 décembre 1860. Ils rejettent par avance l’abolition de l’esclavage.

statue d'Abraham Lincoln

Le président sortant, le démocrate James Buchanan, encore en fonction à la Maison Blanche jusqu’au début de l’année suivante, est dépassé par les événements et son manque d’initiative encourage les sécessionnistes du Sud, bientôt imités par dix autres États du Sud. Cette crise débouche sur la Guerre de Sécession. C’est Abraham Lincoln, qui, enfin aux commandes de la fédération, va trouver une issue au conflit. Tout en finesse, en intelligence, en humour et en tolérance. Ce grand président américain est le sujet d’un film de Steven Spielberg sorti en 2013. Dans ce film, l’esclavage n’apparaît qu’en arrière plan. Mais il est l’enjeu de la Guerre de Sécession qui est au cœur du film. Le Nord, abolitionniste, s’oppose, sur le terrain et au Congrès, au Sud, esclavagiste. Abraham Lincoln, campé par un excellent Daniel Day-Lewis, tout flegme et toute sagesse, trouve la voie de la paix, de la réconciliation et surtout de l’abolition. Malgré la corruption. Malgré les préjugés. Trois oscars pour ce film. Ce film : pour comprendre les rouages politiques qui ont permis la fin de l’esclavage aux États Unis. Pour appréhender agréablement ce beau personnage politique. Une bonne idée de cadeau pour Noël…

Et en attendant Noël, un petit présent, une citation du grand Abraham :

De même que je ne voudrais pas être un esclave, je ne voudrais pas être un maître. Telle est ma conception de la démocratie.

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