LA DERIVE DU TEMPS. ALLONS-NOUS PASSER EN 2016 ?

Alors que le plupart se préparent à réveillonner jeudi prochain pour fêter le passage du vieil an à l’année nouvelle, vous êtes-vous déjà interrogés sur le pourquoi de cette tradition ? Et puis, la nouvelle année a-t-elle toujours commencé le 1er janvier ? Et puis encore, tous les peuples de la terre vivent-ils selon le même calendrier ? Zoom sur le temps, et sa relativité…

LE RENOUVEAU

Ce qu’on fête dans l’année nouvelle, c’est un renouveau. Celui de la nature. C’est pourquoi, le nouvel an se situe souvent, dans les régions tempérées, entre le solstice d’hiver et l’équinoxe de printemps.  Solstice d’hiver : point de bascule de l’année où les jours vont progressivement s’allonger. Mort apparente de la nature, mais gestation du renouveau. Equinoxe : équilibre parfait du jour et de la nuit. Renaissance. Ainsi, le calendrier berbère place le nouvel an au 12 janvier ; le calendrier chinois, entre le 20 janvier et le 19 février. Mais cela n’est valable que sous nos climats. Le temps reste inéluctablement lié à l’espace. La situation géographique, la relation au ciel (astronomie et religion), le nombre de saisons influencent donc le repérage calendaire des êtres humains… Les musulmans, pour ne citer que leur exemple, sont passés à l’année 1437 en octobre dernier… La notion de renouveau, même si elle semble partagée par l’ensemble de l’humanité, ne se manifeste pas partout de la même façon.

calendrier égyptien
calendrier égyptien

Ainsi, les anciens Égyptiens commençaient leur année au moment de la crue du Nil, vers le 19 juillet. Pour les Romains d’avant Jules César, c’était les Ides de Mars qui marquaient le début. Un peu comme dans le calendrier perse zoroastrien, qui prenait l’équinoxe de printemps, le 21 mars, comme point de départ de l’année nouvelle. Pour les Hébreux, c’est Roch Hachana, début du calendrier lunaire, fiscal et agricole. Pour les musulmans, c’est aussi à peu près à cette date, puisque leur religion s’appuie aussi sur un calendrier lunaire. Dis-moi quand tu fêtes le nouvel an, je te dirai qui tu es… Calendrier solaire pour les sédentaires. Lunaire pour les peuples à tradition nomade. Solstice, équinoxe. Soleil, lune. Le renouveau n’est pas le même pour tous…

calendrier zoroastrien
calendrier zoroastrien

L’AN ZÉRO

Et puis, le point de départ n’est pas le même non plus. L’an « zéro ». Pour les musulmans, c’est l’hégire qui marque l’an zéro. L’hégire : le départ du prophète Mahomet de la Mecque pour l’actuelle cité de Médine, et la création de l’Islam. Selon notre calendrier, cet an zéro correspond à notre 16 juillet 622. La France a, elle aussi, connu des soubresauts calendaires : lors de la Révolution Française. Le calendrier républicain entre en vigueur le 15 vendémiaire an II (6 octobre 1793), mais débute le 1er vendémiaire an I (22 septembre 1792), jour de proclamation de la République, déclaré premier jour de l’« ère des Français ». Il sera utilisé de 1792 à 1806, ainsi que brièvement durant la Commune de Paris.

calendrier républicain
calendrier républicain

Ainsi, si ce calendrier était resté en vigueur, notre Président de la République nous aurait déjà présenté ses vœux le 22 septembre dernier, et nous serions en 217…

Placez votre main sur un poêle une minute et ça vous semble durer une heure. Asseyez vous auprès d’une jolie fille une heure et ça vous semble durer une minute. C’est ça la relativité.                                                          Albert Einstein, Physicien

DE LA LUNE AU SOLEIL

Et notre calendrier alors, de quand date-t-il ? Remontons aux anciens Romains, puisque notre tradition calendaire en est un héritage. Les Romains avaient placé leur « an zéro » à la création de Rome, en 753 avant JC. D’ailleurs, ils utilisaient l’abréviation AUC après chaque date évoquée. Ab Urbe Condita : « depuis la création de la ville ». Lui-même serait un héritage grec, et lunaire. Une année de 10 mois, de 30 jours chacun, et le premier de l’an tombe en mars ; ainsi septembre est bien le 7ème mois de l’année ;  octobre, le 8ème ;  novembre, le 9ème et décembre, le 10ème. Il faut attendre le roi Numa Pompilius, vers le VIIIème siècle avant JC, pour que soient inventés les mois de janvier et de février. Je vous passe les détails et les calculs, mais il a fallu inventer aussi un « 13ème mois » (et pas rémunéré celui-là !) pour rééquilibrer le nombre de jours par année. Le calendrier est modifié par Jules César,  en 45 av. J.-C., en 709 AUC…  

calendrier julien
calendrier julien

Le calendrier julien abolit les mois intercalaires ; il ajoute un jour au mois de septembre, pour rattraper progressivement le retard accumulé par l’ancien calendrier romain républicain. Le calendrier julien apporte une solution plus radicale car non calquée sur le cycle lunaire, et plus durable. Jules César préfère le soleil à la lune…

DE JULES À GRÉGOIRE

Notre calendrier, celui qui rythme nos jours, nos semaines, nos mois et nos années, a été établi en 1582, par le pape Grégoire XIII. D’où son nom : calendrier grégorien. L’an zéro : la naissance de Jésus Christ. Le calendrier grégorien reprend, en grande partie, les divisions du calendrier julien. Mais la grande innovation, c’est l’introduction des années bissextiles. Qui permettent de caler le temps des hommes sur la course du soleil. Qui permettent au printemps de toujours tomber un 21 mars. Qui permettent aux hommes de ne plus perdre leur temps… Ainsi, le calendrier grégorien est officiellement mis en place le vendredi 15 octobre 1582, le lendemain du jeudi 4 octobre 1582 ! Cette année-là, on passa du 4 au 15 en une nuit ! Évidemment, tous les pays n’adoptent pas ce nouveau calendrier tout de suite. Les pays où dominaient les cultes protestants (l’Angleterre ou la Suède par exemple) mirent du temps à l’adopter. L’astronome Kepler s’amusait à dire que les Protestants préféraient obéir au Soleil qu’au Pape… L’Église orthodoxe, elle aussi, met du temps à adopter ce nouveau calendrier. La Russie vit encore au rythme du calendrier julien jusqu’à la Révolution d’Octobre.

Le temps n’a qu’une réalité, celle de l’instant. Autrement dit, le temps est une réalité resserrée sur l’instant et suspendue entre deux néants.                  Gaston Bachelard, Philosophe et épistémologue

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Étrange n’est-ce pas, et vertigineux aussi, de se dire que le temps nous échappe… Que les dates ne sont que des nombres sur des calendriers de papier… Que les années n’ont pas d’importance… Que tout ça est invention humaine… Que seules comptent les courses de la Lune et du Soleil, et le retour du printemps…

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JOUR 25. L’AVENTURE SE TERMINE. OU COMMENCE ? RETROSPECTIVE DE NOEL…

Le Mag@zoom, tout au long de cette période de l’Avent, a ouvert, chaque jour, une porte. Sur une surprise. Un événement. Un personnage. Aujourd’hui, les portes du calendrier se referment… Alors, pour ceux qui en ont raté certaines, voici une rétrospective en images et en couleurs. Sous chaque porte colorée, se trouve un lien. Vers un article. Une surprise. Un événement. Un personnage. Cliquez. Beau Noël à toutes et à tous, à chacune et à chacun… Et à bientôt sur La Mag@zoom…

 

L’AVENTURE DE L’AVENT. JOUR 24. NOEL, C’EST QUOI ?

Et voilà, nous y sommes : denier jour de l’Avent. Dernier jour d’attente. Pour les petits, et pour les grands. Aussi. Ce soir peut-être réveillonnerez-vous. Dans l’attente du Père Noël ? Dans l’attente de la Messe de Minuit ? Dans l’attente de la naissance du Christ ? Pourquoi fête-t-on Noël ? Pourquoi le 25 décembre, et pas à une autre date ? Et puis « noël », qu’est-ce que ça veut dire ? Et pourquoi la bûche ? Et pourquoi le Père Noël ? Et puis pourquoi le sapin et les bougies ? Quel rapport avec le petit Jésus dans sa crèche ? Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur cette étrange, mais très populaire, fête sans jamais avoir osé le demander se trouve dans cet article !

NOËL, ÇA VEUT DIRE QUOI ?

La Nativité, Bendetto Bigordi, XVème siècle
La Nativité, Bendetto Bigordi, XVème siècle

Le mot « noël » est une déformation phonétique du mot latin natalis, qui veut dire « naissance« . Cette fête s’inscrit dans le calendrier liturgique chrétien et commémore la naissance de Jésus Christ, dans la nuit du 24 au 25 décembre de l’an zéro ! C’est le point d’ancrage de notre calendrier. Alors, évidemment, c’est pas aussi précis que ça : les historiens ne sont pas d’accord entre eux, et Jésus serait né entre -7 et 4 de notre ère. Et les chrétiens eux-mêmes ne sont pas non plus d’accord, puisque les orthodoxes font coïncider la naissance de Jésus avec l’Épiphanie, le 7 janvier, selon le calendrier julien. Les catholiques, eux, depuis le Chronographe du Pape Libère en 354, fixent donc la naissance de Jésus Christ dans la nuit du 24 au 25 décembre.  Et la crèche alors, avec ses petits santons, son âne, son bœuf, ses bergers et ses moutons ? Eh bien, toujours selon le texte biblique ( le Nouveau testament, l’Évangile de Luc exactement ), un édit de l’empereur César Auguste, relayé par Hérode dans cette contrée lointaine du Moyen Orient, commandait aux populations de se faire recenser dans leurs villes et villages d’origine. Ainsi, Joseph et Marie ( enceinte jusqu’aux yeux ), prirent la route de Nazareth, en Galilée, pour rejoindre Bethléem en Judée. Marie et Joseph trouvèrent refuge dans  une « crèche », sorte d’étable pour les animaux ; toutes les hôtelleries du coin affichaient complet… Se trouvaient là un bœuf ; l’âne, qui portait Marie pendant le voyage, prit place à ses côtés.  En pleine nuit elle sentit les douleurs de l’enfantement, et mit au monde un beau petit garçon, Jésus, sous le regard ébahi des bergers qui s’étaient eux aussi réfugiés là pour la nuit.

SAPIN, BÛCHE ET PÈRE NOËL

sapinSi Noël est une fête religieuse avant tout, des motifs païens, mais très symboliques,  y sont associés depuis longtemps. Le sapin par exemple. Il n’est pas si profane que ça en fait ! J’explique : au Moyen Âge, sur les parvis des églises, on jouait des mystères, sortes de pièces de théâtre qui racontaient les épisodes religieux les plus importants à une population encore très largement illettrée et inculte. Eh bien, en Alsace, le sapin figurait l‘arbre de vie du Jardin d’Éden dans les représentations de la Genèse. Cette pratique vient peut-être d’ailleurs d’une tradition encore plus ancienne : les Celtes décoraient déjà un arbre, symbole de vie, au solstice d’hiver.

Quant à la bûche, avant d’être un dessert très prisé, glacé ou pâtissier, c’était une vraie bûche de bois, que le chef de famille plaçait, arrosée de vin, de miel ou de sel selon les régions, dans la cheminée. Elle devait se consumer le plus lentement et le plus longtemps possible. Trois jours minimum. Symbole de chaleur, de vie et de renouveau. Elle symbolise la bascule de l’année qui se termine vers l’année nouvelle. Un dicton provençal l’atteste : « Cache le feu ancien ; allume le feu nouveau. »

Mais la star de Noël, le personnage phare de cette fête devenue, hélas, très commerciale, c’est le Père Noël bien sûr ! C’est la création la plus récente de tout ce folklore qui gravite autour de l’ événement. Il apparaît pour la première fois en 1843 dans un récit de Charles Dickens, A Christmas Coral ( Un chant de Noël ).  En France, c’est George Sand qui en parle la première en 1855. A l’origine, la couleur qui le caractérise est le vert, car on le confond encore avec la figure de Saint Nicolas. C’est d’ailleurs pour ça que les Anglo-saxons ont baptisé le Père Noël « Nicolas ». C’est la marque Coca Cola qui popularise le personnage  dans les années 1930 en l’associant au bonheur généré par sa boisson gazeuse…

 

LES CULTES DE LA (RE)NAISSANCE

Mais j’entends déjà les experts, les blasés, les athées  : « Oui, mais les chrétiens n’ont rien inventé ! Noël n’est pas une fête religieuse à l’origine ! Le petit Jésus, la crèche, le sapin, la bûche et le Père Noël, c’est des histoires pour les enfants, moi j’y crois plus. Noël, c’est devenu une fête commerciale ! » Alors, pour vous réconcilier, chers lecteurs experts, blasés ou athées, avec la magie de Noël ( la vraie…), je vous propose un court voyage dans le temps. A l’aube de l’humanité. Pas quand l’hiver s’installe et enveloppe le monde de son manteau de pénombre que  l’homme cherche la chaleur et la lumière. C’est dans la nuit profonde de l’hiver qu’il sent et célèbre le retour progressif de cette lumière : le solstice d’hiver, qui correspond approximativement au 25 décembre, marque le jour le plus court de l’année, la nuit la plus longue. A partir de ce point de bascule, les journées vont commencer à s’allonger progressivement. Et c’est la promesse d’un printemps à venir. Le solstice d’hiver, comme le solstice d’été le 24 juin, sont les deux portes du temps. Les Romains avaient personnifié les deux solstices dans la figure du dieu à deux visages Janus : un regard tourné vers le passé, un autre tourné vers le futur. Les solstices sont fêtés depuis que l’homme est homme, c’est-à-dire sensible au rythme immuable et éternel des saisons et à la course des astres. La naissance, ou renaissance, est bien celle d’un enfant : le monde qui revient progressivement à la vie, à la lumière. Facile ensuite d’y superposer des événements plus ou moins sacrés et festifs : naissance de Mithra, héros d’un culte pratiqué en Asie Mineure, bien avant la naissance du monothéisme ; Saturnales romaines, naissance du Christ… Noël, c’est en fait la natalis solis invicti : la naissance du soleil invaincu… Et ça, c’est magique !

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L’AVENTURE DE L’AVENT. JOUR 19. DE MOULIN A MALRAUX

L’Avent. Avant quoi ? Comme les enfants, ouvrons chaque jour une petite porte. Vers une surprise que peut nous apporter cette période. Vers une douceur. Un symbole. Une figure. Et même deux figures aujourd’hui. Jean Moulin. Figure de la Résistance à la barbarie. Qui entra au Panthéon de nos mémoires le 19 décembre 1964. Et André Malraux, qui prononça un discours mémorable à cette occasion.

JEAN MOULIN

Jean Moulin, naît le 20 juin 1899 à Béziers, d’un père professeur d’histoire géographie. Petit fils d’un instituteur franc maçon, et évoluant dans un univers laïc, qui clame haut les valeurs de la République, on comprend alors mieux son engagement comme préfet d’Eure et Loir. On comprend mieux alors son engagement dans la Résistance et ses responsabilités dans le Conseil National de la Résistance. En septembre 1941 en effet, il rejoint l’organisation de résistance de  la France libre à Londres. Il est reçu par Charles de Gaulle à qui il fait un compte rendu de l’état de la Résistance en France et de ses besoins, notamment financiers et en armement. Il est alors envoyé à Lyon par Charles de Gaulle pour unifier les mouvements de la Résistance. Il est arrêté à Caluire, dans la banlieue de Lyon, le 21 juin 1943 et conduit au siège de la Gestapo. Là, il est torturé par le chef de la Gestapo : Klaus Barbie. Il meurt dans le train qui le transporte en Allemagne peu avant le passage de la frontière, le 8 juillet 1943. Son décès est enregistré en gare de Metz. Un cénotaphe lui est dédié au Panthéon où se trouvent les tombeaux des grands hommes de la République française. Son corps n’a jamais été identifié avec certitude, et l’urne transférée au Panthéon ne contient que les « cendres présumées de Jean Moulin ».

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ANDRÉ MALRAUX

Écoutez parler les personnalités politiques d’aujourd’hui… Où est le souffle ? Où est le style ? Où sont les talents d’orateur ? Malraux, lui, avait ce talent. Et du transfert des cendres de Moulin au Panthéon, le 19 décembre 1964, on se demande si on retient davantage la portée historique de l’événement ou bien le discours que prononça Malraux à cette occasion.  Ministre de la Culture de 1959 à 1969, sous le règne de De Gaulle, cet autodidacte, aventurier devenu écrivain, galvanise par ses discours mémorables. Écoutez ça…

Et lisez ça…

(…) entre ici, Jean Moulin, avec ton terrible cortège. Avec ceux qui sont morts dans les caves sans avoir parlé, comme toi ; et même, ce qui est peut-être plus atroce, en ayant parlé ; avec tous les rayés et tous les tondus des camps de concentration, avec le dernier corps trébuchant des affreuses files de Nuit et Brouillard, enfin tombé sous les crosses ; avec les huit mille Françaises qui ne sont pas revenues des bagnes, avec la dernière femme morte à Ravensbrück pour avoir donné asile à l’un des nôtres. Entre, avec le peuple né de l’ombre et disparu avec elle – nos frères dans l’ordre de la Nuit…  Commémorant l’anniversaire de la Libération de Paris, je disais : « Ecoute ce soir, jeunesse de mon pays, ces cloches d’anniversaire qui sonneront comme celles d’il y a quatorze ans. Puisses-tu, cette fois, les entendre : elles vont sonner pour toi. » L’hommage d’aujourd’hui n’appelle que le chant qui va s’élever maintenant, ce Chant des partisans que j’ai entendu murmurer comme un chant de complicité (…). Ecoute aujourd’hui, jeunesse de France, ce qui fut pour nous le Chant du Malheur. C’est la marche funèbre des cendres que voici. A côté de celles de Carnot avec les soldats de l’an II, de celles de Victor Hugo avec les Misérables, de celles de Jaurès veillées par la Justice, qu’elles reposent avec leur long cortège d’ombres défigurées. Aujourd’hui, jeunesse, puisses-tu penser à cet homme comme tu aurais approché tes mains de sa pauvre face informe du dernier jour, de ses lèvres qui n’avaient pas parlé ; ce jour-là, elle était le visage de la France…

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 En 1996, pour le 20ème anniversaire de sa mort survenue le 23 novembre 1976, ce sont les cendres de Malraux qui sont à leur tour transférées au Panthéon.

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L’AVENTURE DE L’AVENT. JOUR 16. LA MUSIQUE DES ETOILES

L’Avent. Avant quoi ? Comme les enfants, ouvrons chaque jour une petite porte. Vers une surprise que peut nous apporter cette période. Vers une douceur. Un symbole. Une figure. La figure de ce jour est peu connue. Et pourtant, elle accompagne une saga de renommée universelle, voire intergalactique. Il s’agit de la figure de John Williams. La baguette magique de  Star Wars. Le chef d’orchestre de la musique des sphères. Lucas, c’est l’image. Williams, c’est la bande son. Au moment où des millions de fans affluent vers les salles de cinéma pour l’épisode VII, Le Réveil de la Force, découvrons ou redécouvrons ce chevalier symphonique. Portrait.

LA FORMATION D’UNE STAR

60 ans d’écriture, de compositions, d’arrangements. John Williams, qui fêtera ses 84 ans en 2016, est tombé dans la marmite de la musique très tôt. Tubiste, trompettiste, tromboniste, mais surtout pianiste, ce fils de percussionniste forme son premier groupe de jazz à 15 ans. Et compose sa première sonate pour piano à 19 ans. À Hollywood, il commence comme pianiste de studio, et il accompagne des séries TV ou des films de seconde zone. Il se lie d’amitié avec Bernard Herrmann, le compositeur d’Hitchcock. À 24 ans, il intègre l’équipe d’arrangeurs de la Columbia, puis de la Twentieth Century Fox. Il n’oublie pas ses premières amours jazzy et travaille parallèlement avec Doris Day ou Mahalia Jackson.

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UN OSCAR ET DES ÉTOILES

En 1971, la fortune, dans tous les sens du terme, lui sourit : il obtient son premier Oscar pour une adaptation de Un Violon sur le toit. Sa rencontre avec Spielberg est déterminante. Le réalisateur lui demande de composer pour son film fantastique, Les Dents de la mer. Le succès est phénoménal pour les deux hommes, et vaut un deuxième Oscar à Williams. S’ensuit une coopération fructueuse entre le réalisateur et le compositeur :  Rencontres du troisième type (1977), Les Aventuriers de l’arche perdue (1981), E.T. l’extra-terrestre (1982) et Indiana Jones et la Dernière Croisade (1989), Jurassic Park (1993) et Le Monde perdu : Jurassic Park (1997).

Une étoile est née. Georges Lucas le veut pour sa saga. Il demande à John Williams de s’inspirer de Mendelssohn, de Tchaïkovski et surtout de Wagner, pour composer une bande musicale dans la même veine que celle du film 2001, L’Odyssée de l’espace, film réalisé par Stanley Kubrick en 1968. John Williams compose des musiques aussi grandioses que les images. Et qui donnent la signature du film aussi bien que n’importe quelle réplique célèbre du genre « Je suis ton père »…

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Allez, le mieux, c’est d’écouter. D’abord, le thème principal :

Et maintenant, une marche aussi célèbre que celle de Radetzky, La Marche Impériale :

Et pour terminer une petite blague : savez-vous pour quand est prévu le retour du Jedi ? Entre Mercredaille et Vendredaille…

Allez, que la force soit avec vous !

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L’AVENTURE DE L’AVENT. JOUR 11. LANO CHEZ COUD’POUCE

L’Avent. Avant quoi ? Comme les enfants, ouvrons chaque jour une petite porte. Vers une surprise que peut nous apporter cette période. Vers une douceur. Un symbole. Une figure. Une pensée. Une image. Chaque jour un petit cadeau. Le cadeau de ce jour, c’est l’annonce d’un bel événement. Parce qu’il conjugue le talent et la générosité. Le talent de Lano. La générosité de Coud’Pouce. Ingénieuse association : pureté des voix et chatoiements des étoffes.

COUD’POUCE  : UNE ASSO, DU BRIO !

Coud’Pouce : une association, dirigée par deux mains de maîtres : Pascal Rohart et Laurent Vanrechem. Le style et l’imagination, c’est pour Cédric Neuville. Les petites mains, ce sont les employé(e)s, aux talents multiples, qui retrouvent par cet emploi solidaire au sein de l’asso une dignité et le chemin des métiers. Coud’Pouce, c’est une asso au développement durable. Qui recycle tous les tissus, et tissent le lien social. Coud’Pouce, c’est aujourd’hui un vaste hall d’exposition et de vente de vêtements à des prix chic et choc. 28 Rue Blanqui à Coudekerque Branche.

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Coud’Pouce, l’asso qui crée l’événement. Après l’opération Pink Bra Bazaar en octobre, en soutien à la lutte contre le cancer du sein, Coud’Pouce lance pour cette fin d’année son  DÉFILÉ DRINK. Vendredi 18 décembre, on fêtera Noël avant Noël. L’asso se met sur son trente et un pour vous présenter ces dernières créations. À 18h30.

LANO POUR NOËL

Et les special guests de ce DÉFILÉ DRINK  ne sont autres que les trois sœurs de LANO D’Arneke. Trois voix cristallines. Trois voix enchanteresses. À l’harmonie parfaite. Aux accents folk et blues purs et chauds. Trois toutes jeunes filles au talent prodigieux et prometteur. A découvrir si vous ne les connaissez pas encore. Zoé, Noémie et Luna.

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Quatre ans d’existence déjà. Repérées, lors d’une scène ouverte, par Bastien Godin, producteur de DM Productions, directeur du Macadam Ramdam, elles ont eu l’opportunité de participer à l’Imagine Festival, organisé par les Jeunesses Musicales de France. Elles ont fait vibrer la scène des 4 Écluses de Dunkerque, et ont remporté le gros lot : l’enregistrement de deux de leurs titres au studio de l’ARA de Roubaix. Ainsi,  à l’été 2013 est sorti leur CD deux titres : la reprise époustouflante de Enjoy the silence du légendaire groupe Depeche Mode ; et une composition originale, Cliffs, inspirée de mélodies irlandaises. Un bijou. Tellement brillant que Paul Duhamel,  le patron de RéalisAction, boîte de réalisation basée à Hazebrouck, leur a offert le tournage du clip. Regardez et écoutez :

Les filles, musiciennes et chanteuses, travaillent de façon artisanale. On est imprégné d’influences diverses : Moriarty, Alela Diane, Camille, les chants polyphoniques italiens, et même Haendel ! On improvise. On enregistre. On note. On chante. Noémie écrit. Zoé compose à la guitare. Et l’émotion peut naître. Des titres sont à écouter sur la page Facebook de LANO ou sur le site soundcloud. Le reste… ne demande qu’à être entendu et enregistré ! Elles ont ravi le public de plusieurs scènes de la région depuis quelque temps déjà…

Si vous voulez découvrir LANO. Si vous voulez entendre Aujourd’hui, The Road ou Seule, rendez-vous au DÉFILÉ DRINK, vendredi 18 décembre, dans les murs de Coud’Pouce.

Pour le plaisir, une compo originale, enregistrée… à la maison !

 

La soirée continuera dans une ambiance Chill out :  projections visuelles, canapés, musique, bar pour un esprit Blabla mode. En attendant Noël…

 

La page Facebook de Lano : ici.

La page Facebook de Coud’Pouce : .

La page Facebook de l’événement Défilé Drink : par ici.

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L’AVENTURE DE L’AVENT. JOUR 7. PEARL HARBOR, MALRAUX ET LES SOLITUDES

L’Avent. Avant quoi ? Comme les enfants, ouvrons chaque jour une petite porte. Vers une surprise que peut nous apporter cette période. Vers une douceur. Un symbole. Une figure. Une pensée. Une image. Chaque jour un petit cadeau. Pour supporter l’envahissement de l’ombre. Pour supporter l’approche de l’hiver. Pour supporter l’attente. L’ Avent. Avant quoi ?

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7 DÉCEMBRE 1941

A 7h55 du matin, l’aviation japonaise attaque par surprise la flotte de guerre américaine basée à Pearl Harbor dans l’archipel d’Hawaï. Plus de 2000 Américains et une centaine de Japonais seront tués. L’objectif de l’empire du Japon est d’assurer son hégémonie dans le Pacifique. Il cherche à détruire la flotte américaine pour l’empêcher d’intervenir dans ses missions qui seront bientôt lancées en Malaisie et en direction de l’Australie. Le raid sur Pearl Harbor provoquera l’entrée des Etats-Unis dans la Seconde Guerre mondiale dès le lendemain. Pas drôle comme souvenir, hein ? Quand on pense que Malraux avait reçu le Prix Goncourt 8 ans plus tôt…

7 DÉCEMBRE 1933

André Maltaux, autodidacte, anticolonialiste, antifasciste, résistant, Ministre de la Culture de 1959 à 1969, orateur magnifique, reçoit le Prix Goncourt pour La Condition humaine. Si les protagonistes de la IIde Guerre mondiale l’avaient lu, peut-être que Pearl Harbor et autres folies meurtrières ne se seraient pas produites…

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Il avait vu assez d’épaves des guerres civiles de Chine et de Sibérie pour savoir quelle négation du monde appelle l’humiliation intense ; seuls, le sang opiniâtrement versé, la drogue et la névrose nourrissent de telles solitudes.
On trouve toujours l’épouvante en soi. Il suffit de chercher assez profond.
La maladie chimérique, dont la volonté de puissance n’est que la justification intellectuelle, c’est la volonté de déité : tout homme rêve d’être dieu.
Bonne journée… quand même…

L’AVENTURE DE L’AVENT. JOUR 3. OBSCURITE ET OBSCURANTISME.

L’Avent. Avant quoi ? Comme les enfants, ouvrons chaque jour une petite porte. Vers une surprise que peut nous apporter cette période. Et la surprise, elle fut grande lorsque le nouveau numéro de Dar Al-Islam, la revue en français de Daesh, a été mis en ligne le 30 novembre 2015 et diffusé un peu partout sur les radios et les réseaux sociaux. Cet épisode 3 de l’Aventure de l’Avent ne lutte pas aujourd’hui contre l’obscurité grandissante de l’hiver, mais contre l’obscurantisme dangereux de la bêtise intégriste.

je suis contre l'obscurantisme

Dans ce numéro, les enseignants de l’école laïque sont menacés de mort en ces termes : « Il devient clair que les fonctionnaires de l’Éducation Nationale qui enseignent la laïcité tout comme ceux des services sociaux qui retirent les enfants musulmans à leurs parents sont en guerre ouverte contre la famille musulmane. Ainsi, la dernière trouvaille de l’Etat français est de retirer les enfants des musulmans qui ont simplement l’intention de rejoindre l’Etat du Califat. Il est donc une obligation de combattre et de tuer, de toutes les manières légiférées, ces ennemis d’Allah »

58 pages dans lesquelles vous trouverez des propos de ce genre :

« l’Islam en tant que seule religion de vérité ne peut cohabiter avec cette laïcité fanatique [française] ». Les musulmans sont invités à délaisser « l’éducation des mécréants ». L’éducation laïque publique française est qualifiée de « judéo-maçonnique » et aurait pour objectif de « cultiver chez les masses l’ignorance de la vraie religion ». Il est précisé : « Le but de l’éducation dans le système de la jâhiliyah contemporaine est de cultiver chez l’enfant et l’adolescent les plus abjects comportements et de l’affaiblir jusqu’à ce que, enchaîné à ses plus vils instincts, il soit esclave des vrais maîtres de l’Occident : les juifs corrupteurs. » Il est dit plus loin : « Le musulman doit savoir que le système éducatif français s’est construit contre la religion en général et que l’Islam en tant que seule religion de vérité ne peut cohabiter avec cette laïcité fanatique. »

Les valeurs de la République sont qualifiées de « tissu de mensonges » qu’il convient de « combattre » : « De nos jours, la Charte de la Laïcité est enseignée à l’école. Elle stipule que : « la Nation confie à l’Ecole la mission de faire partager aux élèves les valeurs de la République. » Ces « valeurs » ne sont pour le musulman qu’un tissu de mensonges et de mécréance qu’Allah lui a ordonné de combattre et de rejeter tout en déclarant la mécréance de ses adeptes ». En particulier, la valeur d’égalité est critiquée : « L’Islam est une religion de justice et ne croit pas à l’égalité telle qu’elle est enseignée dans les écoles de la République (…) En outre, les hommes et les femmes ne sont pas égaux (…)

Le chapitre conclut avec l’affirmation que placer son enfant dans une école de la République, c’est le condamner à la voie de l’Enfer : « Lorsque tu mets ton enfant à l’école de la République, tu acceptes qu’il ingurgite cette bouillie de mécréance, corrompant ainsi sa prime nature et lui faisant emprunter les voies des gens de l’Enfer ».

Voici une réponse possible à tant de stupidités, qui pourraient faire rire si un certain 13 novembre ne nous avait pas fait pleurer. Il s’agit de la prière du plus grand mécréant du Siècle des Lumières, Voltaire.

Ce n’est donc plus aux hommes que je m’adresse ; c’est à toi, Dieu de tous les êtres, de tous les mondes et de tous les temps (…) Tu ne nous as point donné un cœur pour nous haïr, et des mains pour nous égorger ; fais que nous nous aidions mutuellement à supporter le fardeau d’une vie pénible et que toutes ces petites nuances qui distinguent les atomes appelés hommes ne soient pas des signaux de haine et de persécution (…)

Puissent tous les hommes se souvenir qu’ils sont frères ! Qu’ils aient en horreur la tyrannie exercée sur les âmes, comme ils ont en exécration le brigandage qui ravit par la force le fruit du travail et de l’industrie paisible ! Si les fléaux de la guerre sont inévitables, ne nous haïssons pas, ne nous déchirons pas les uns les autres dans le sein de la paix, et employons l’instant de notre existence à bénir également en mille langages divers, depuis Siam jusqu’à la Californie, ta bonté qui nous a donné cet instant.

Voltaire, Traité sur la tolérance, Chapitre XXIII

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La plupart des informations et des extraits de cet article proviennent du site : MEMRI FR

 

L’AVENTURE DE L’AVENT. JOUR 2. DES 2 ET DES 2.

L’Avent. Avant quoi ? Comme les enfants, ouvrons chaque jour une petite porte. Vers une surprise que peut nous apporter cette période. Vers une douceur. Un symbole. Une figure. Une pensée. Une image. Chaque jour un petit cadeau. Pour supporter l’envahissement de l’ombre. Pour supporter l’approche de l’hiver. Pour supporter l’attente. L’ Avent. Avant quoi ?

calendrier avent

ÇA S’EST PASSÉ UN 2 DÉCEMBRE…

2 décembre 1804 ? Sacre de Napoléon 1er. Le tableau de David… vous voyez ?

david sacre

2 décembre 1805 ? Austerlitz ! Aujourd’hui Slavkov u Brna, en République tchèque.  La « bataille des Trois Empereurs ». Le tableau de François Gérard ? Vous voyez moins, là…

2 décembre 1851 : Coup d’État de l’autre Napoléon, «le petit» comme le surnommait Victor Hugo dans Les Châtiments. Il deviendra officiellement Napoléon III le 2 décembre 1852.

Vous ne compreniez point, mère, la politique.
Monsieur Napoléon, c’est son nom authentique,
Est pauvre, et même prince ; il aime les palais ;
Il lui convient d’avoir des chevaux, des valets,
De l’argent pour son jeu, sa table, son alcôve,
Ses chasses ; par la même occasion, il sauve
La famille, l’église et la société ;
Il veut avoir Saint-Cloud, plein de roses l’été,
Où viendront l’adorer les préfets et les maires
C’est pour cela qu’il faut que les vieilles grand’mères,
De leurs pauvres doigts gris que fait trembler le temps
Cousent dans le linceul des enfants de sept ans.

Victor Hugo, Souvenir de la nuit du 4, (extrait) 2 décembre 1852. Jersey

2 décembre 1814 : Mort du Marquis de Sade, le «dernier libertin», qui passa 27 ans de sa vie en prison, entre Vincennes et Bastille.

Et nous fêtons les Viviane. Viviane. La pauvre femme fouettée à mort, non par le marquis de Sade, mais par l’empereur Julien l’Apostat. Viviane. Fée, Dame du Lac de la légende arthurienne.

Et vous, que ferez- vous de ce 2 décembre 2015 ?

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L’AVENTURE DE L’AVENT. JOUR 1. AVENTURA.

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L’Avent. Avant quoi ? Comme les enfants, ouvrons chaque jour une petite porte. Vers une surprise que peut nous apporter cette période. Vers une douceur. Un symbole. Une figure. Une pensée. Une image. Chaque jour un petit cadeau. Pour supporter l’envahissement de l’ombre. Pour supporter l’approche de l’hiver. Pour supporter l’attente. L’ Avent. Avant quoi ?

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JOUR 1. AVENTURE ET AVENT

Avent, aventure, advenir. Voilà, c’est ça : advenir. adventura : ce qui va arriver. advent devient avent : période d’attente. De quoi ? De ce qui va arriver ! Et qu’est-ce qui va arriver ? Pour les Chrétiens du monde entier, c’est la naissance du Christ, dans la nuit du 24 au 25 décembre. Pour tous les hommes qui ont vécu avant l’aventure christique (et il y en a un paquet…), c’est le solstice d’hiver, vers le 24 décembre. Et donc le retour progressif de la lumière. On attend donc. On prend son mal en patience. Et c’est vrai qu’il en faut, de la patience, et de l’abnégation, pour attendre le retour de la lumière et de la chaleur…

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QUERELLES DE CLOCHERS

Traditionnellement, l’Avent commence le quatrième dimanche avant Noël. Mais au Vème siècle, on commençait les rites de jeûne et de pénitence qu’imposait cette période à … la Saint Martin ! Vers  le 10-11 novembre. C’est pour cela que l’Avent est parfois surnommé « le Carême de Saint Martin ». Avec Charlemagne, puis Saint Louis, les dates bougent encore, mais jeûne, tristesse et pénitence colorent toujours cette période et en font une espèce de « double » du Carême. Le Concile Vatican II, en 1963, met un peu d’ordre dans cette complexité, et finalement, l’Avent devient tout simplement une période d’attente et d’espérance avant l’avènement du Christ. Exit tristesse, exit pénitence, exit jeûne. On attend dans la joie et l’impatience, tout en dégustant chaque matin un petit chocolat…

À demain, pour une autre aventure de l’Avent…

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