EMILE SUR SCENE ET SUR SEINE

Vous ne connaissez pas encore Émile ? Émile Liéatoux ? Bienfaiteur de l’humanité….  Ni chef religieux, encore moins politique. Bienfaiteur de l’humanité tout court. Et c’est déjà beaucoup ! Illustre héritier d’une non moins illustre famille d’inventeurs. Après avoir sillonné les rues et les scènes des villes et villages de France, de bas en Hauts et d’est en ouest, Émile pose sa valise, ses inventions, solutions universelles et conseils pour une vie meilleure au Théâtre du Gouvernail, à Paris. La Capitale. Qui frémit déjà d’aise. On vous en dit un peu plus ici…

9 + 7, spectacle d'Emile Liéatoux, bienfaiteur de l'humanité.
9 + 7, spectacle d’Emile Liéatoux, bienfaiteur de l’humanité.

INVENTEUR

Vélo rural d’appartement. Ball trap d’intérieur. Grille pain solaire. Kit pour vie trépidante. Dispositif pour randonnées sereines (en deux modèles : luxe et allégé). Téléphérique de table. Et j’en passe. Les inventions d’Émile Liéatoux sont pléthore. Pléthore de rire, bien entendu. Mais trêve de plaisanterie, l’œuvre de ce génial inventeur est destinée à l’humanité tout entière. Et comme le note la préface de l’ouvrage, qui les répertorie et vous présente même les schémas qui vous permettront de construire vous-mêmes ces inventions qui révolutionneront votre existence, le rêve d’Émile Liéatoux est de « faciliter la vie de ses contemporains ». Vie souvent pleine de difficultés, de tracas et de tourments. Et il s’en donne du mal, Émile, pour faciliter le quotidien de ses congénères. Depuis tout petit. Né dans les années 1950 et dans une famille de ferrailleurs, il se passionne pour les inventions de son grand-père, Émile. (Heu… oui, dans la famille Liéatoux, on s’appelle Émile de père en fils, à condition d’avoir l’invention et la générosité dans le sang. Le frère d’Émile, par exemple, ne s’appelle pas Émile car il n’a pas hérité de ce don pour les inventions révolutionnaires et bienfaitrices de l’humanité. Il s’appelle Jacques. Frère Jacques, donc…).

Emile Liéatoux, génial inventeur et bienfaiteur de l'humanité.
Emile Liéatoux, génial inventeur et bienfaiteur de l’humanité.

CONSEILLEUR

Il perfectionne par exemple une trouvaille géniale de son grand-père : le premier walk man, ou baladeur, de mobylette. Pour écouter la radio en deux roues. Son père suivra les traces du fondateur. Et c’est tout naturellement Émile, troisième génération, qui reprend le flambeau de cette illustre maison. Inventeur. Et conseilleur. Voici quelques uns de ses sages préceptes :

En vacances, essayez de vous ennuyer un maximum : cela vous semblera plus long.

Ne dites jamais « ici » à votre chien tout en marchant.

Ne tondez jamais la pelouse avant de servir des épinards : personne ne croira que c’est une coïncidence.

Émile Liéatoux vous propose des clés pour améliorer votre quotidien et gagner du temps, cette denrée si précieuse. Dans ce recueil. Et sur scène ! Un échantillon de sa prestation ici :

ACTEUR

C’est Nicolas Marchand qui se cache derrière Émile Liéatoux. À moins que ce ne soit le contraire…. Formé au théâtre du Prato de Lille, à l’école de mime d’Hervez Luc, à l’école de la vie, des planches et des macadams en tous genres, ce touche à tout a inventé son personnage il y a une bonne dizaine d’années. Personnage né d’une rencontre sur le chemin d’Avignon entre Nicolas Marchand et Patrick Guionnet. Ils coécrivent. Patrick met en scène. Nicolas puise dans sa vie personnelle. Et aussi dans ses modèles : Buster Keaton, Gustave Parking, Grock ou François Rollin. Il se nourrit de jolies rencontres : avec Clara Davoust, philosophe praticienne, qui lui transmet la rigueur du raisonnement et de l’écriture. Avec Karine Lyachenko, comédienne et créatrice de one woman shows « glumour », comparse de Laurent Baffie et de Michèle Bernier. Avec Isabelle Mergault, femme de théâtre et de cinéma qu’on ne présente plus.

Emile Liéatoux, alias Nicolas Marchand. Et vice versa...
Emile Liéatoux, alias Nicolas Marchand. Et vice versa…

Touche à tout. Ou artisan. Membre éminent de la Cie Articho. Nicolas taille, peaufine, lisse autant les tournées d’Émile que ses pensées sur la vie. Elles ont été publiées dans un joli recueil, Toute Vie commence par la faim. Ou les Émois d’Émile, joliment illustré par Adèle Bontoux, plasticienne. Éditions Balivernes de Poulpe. Ces aphorismes ont un temps fleuri sur les murs du métro de Lille. Souvenez-vous :

J’ai planté un nain dans mon jardin. Ça pousse pas vite…

Dès le vendredi je m’habille en dimanche : ça me fait de longs week ends.

L’ascenseur social est en panne. J’ai pris l’escalier, mais c’est plus long…

Toute vie commence par la faim, recueil d'aphorismes illustrés.
Toute vie commence par la faim, recueil d’aphorismes illustrés.

Vous l’avez compris : l’univers de Nicolas Marchand est plein de poésie, d’humour, de vérité. Et le grand horloger de cet univers, Émile Liéatoux, vous attend chaque mardi à 19h, du 12 avril au 31 mai au Théâtre du Gouvernail,  5 Passage de Thionville  à Paris. 01 48 03 49 92.

Pour aider la petite entreprise d’Émile, cliquez ici.

Page Facebook d’Émile Liéatoux : par .

Page Facebook de Nicolas Marchand : par ici.

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NOORDOV’ART : LA JEUNESSE DE L’ART

Chaque année au printemps, le Lycée du Noordover de Grande Synthe prend un coup de jeune et s’expose, se projette, se déclame, chante, déambule, titille les fibres artistiques… Bref, c’est le Noordov’Art : la semaine culturelle pendant laquelle les jeunes des options artistiques proposent leurs travaux au public. Visite du chantier ici.

Affiche du Noordov'Art 2016, réalisée par les élèves de l'option arts plastiques.
Affiche du Noordov’Art 2016, réalisée par les élèves de l’option arts plastiques.

DES OPTIONS AU TOP !

Ce qui fait la spécificité du lycée du Noordover dans le dunkerquois : ses options artistiques, proposées aux élèves, dès la classe de seconde. C’est 3 heures par semaine. 3 heures de bonheur.

Le théâtre, c’est avec Céline Croquefer. On y apprend la confiance en soi, la maîtrise gestuelle, la maîtrise du souffle et de la parole. Pas besoin d’être fortiche en littérature pour intégrer l’option : être motivé suffit. On y apprend aussi à être spectateur et critique : 6 sorties dans l’année, au Bateau Feu surtout, partenaire du lycée. On fait venir des comédiens aussi, et des spectacles. Cet automne, les lycéens et les ateliers théâtre des collèges environnants ont eu la chance d’applaudir H6 au M2, le « petit format » d’Henry VI de Shakespeare, et de redécouvrir le théâtre de tréteaux.

Représentation de H6M2, par La Piccola Familia.
Représentation de H6M2, par La Piccola Familia.

Le cinéma, c’est avec Sébastien Türk. On regarde des films, on les analyse. On participe à des festivals. Écriture du scénario et des dialogues, tournage, montage, mixage son… Les apprentis réalisateurs s’exercent à ce métier qui s’apparente à un travail de fourmi, où la fantaisie côtoie la plus grande des rigueurs. Ils réalisent des courts métrages. Qui sont projetés parfois au Studio 43, partenaire officiel de l’option. Ils ont par exemple réalisé un clip pour le lancement de la Cô Pinard’s Cup 2016. Évidemment, ils ont réalisé aussi cette petite vidéo de présentation du Noordov’Art 2016 :

Les arts plastiques, c’est Marc Trotignon. Passionné d’arts sous toutes ses formes, il transmet sa passion aux élèves qui expérimentent, photographient, vidéoprojettent, peinturlurent, collent, détournent, réinventent, créent des œuvres ou des espaces d’expo éphémères, et savent argumenter, expliquer le parti pris de leurs créations. Époustouflant ! Là encore, pas besoin de savoir forcément dessiner. On apprend, des techniques. On crée quand on maîtrise ces techniques pour faire exister quelque chose qui plaît, interpelle le regard et la pensée…

Noordov'Art 2015.
Noordov’Art 2015.

La musique, c’est Nicolas Callens. Là aussi on apprend à écouter et à être critique. On apprend aussi à jouer ensemble. Une guitare, un piano, une basse, une flûte traversière, une clarinette, des voix. Et la magie commence. On crée, plus que jamais. Et on part à la rencontre de toutes les musiques. La Philharmonie de Paris. Ou L’ONL, plus près de chez nous.

Nicolas Callens et ses élèves.
Nicolas Callens et ses élèves.

DEMANDEZ LE PROGRAMME

Parce que « l’art est simplement la preuve d’une vie pleinement vécue », Stiv Bators (1990).

mardi 29 mars, à partir de 18h15 : soirée des secondes

mercredi 30 mars, 11h : les lycéens artistes de tous les niveaux présentent un florilège de leurs créations

jeudi 31 mars, à partir de 18h15 : soirée des premières

vendredi 1er avril, à partir de 19h30 : soirée des terminales, et grand spectacle à 20h15 !

Lycée du Noordover, 24 avenue de Suwalski, 59 760 Grande Synthe, 03 28 21 63 60

le site du lycée : ici.

la page Facebook de l’option ciné, CINOORDO : .

image 1 : flyer Noordov’Art 2016

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SAMUEL DUMEY, 11 ANS, 1ER ADJOINT À LA VILLE DE COUDEKERQUE BRANCHE

Mercredi après-midi. À l’heure où certains enfants répètent leurs gammes en école de musique. Ou slaloment entre des cônes de couleur, ballon de foot au pied. Ou s’égayent dans des aires de jeux avec les copains. D’autres, se réunissent et réfléchissent à des solutions pour améliorer la vie de leurs concitoyens. Ils sont élus au Conseil Municipal des Jeunes de Coudekerque Branche. Et sous la houlette bienveillante et la moustache bien gauloise de Jean-Luc Decreton, ils travaillent. Leur 1er Adjoint ? Samuel Dumey. Son portrait, ici…

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Samuel Dumey, 1er Adjoint au Conseil Municipal des Jeunes de Coudekerque Branche.

Il a 11 ans depuis peu. Il est élève de CM2 de l’École Brassens. Sa maîtresse, Mme Grumellon, est plutôt gentille me dit-il. Il aime les maths. Le calcul, c’est son point fort. Peut-être un futur adjoint aux Finances de la ville ? Ou à la Culture : il aime la chanson (il ne rate pas The Voice ! ). Il aime la peinture aussi. Surtout celle de Kandinsky. Saint Georges contre le dragon par exemple ? Un peu David contre Goliath. Jeune garçon luttant contre les injustices pour le bien de sa ville. Ça lui ressemble un peu, à Samuel. Avec son regard clair plein de détermination et d’enthousiasme.

Wassily Kandinsky, Saint Georges contre le dragon.
Wassily Kandinsky, Saint Georges contre le dragon.

Tient-il cela de ses parents ? Fabrice, commerçant, réparateur, au service des autres… Delphine, éducatrice, au service des enfants…. Peut-être bien une fibre familiale : se rendre utile. L’enthousiasme et l’énergie sont entretenus pas le sport. Le badminton plus précisément. Samuel est un vrai fan. De ses deux frères d’abord, tous les deux champions de bad. Du sport en lui-même : Samuel s’entraîne régulièrement. Et dispute des tournois, au niveau départemental s’il-vous-plaît ! Fan de l’équipe de Badminton de Grande Synthe. Fan de deux icônes aussi : Lee Chong Wei, champion malaisien, et  le chinois Dan Lin, champion du monde en titre depuis 2013. Ses yeux pétillent quand il parle de ces deux stars du badminton.

Quand on évoque son engagement pour la ville de Coudekerque Branche, Samuel affirme que cela lui semble naturel. Il s’est présenté aux élections, en novembre 2015, de sa propre initiative. Il a été élu représentant de son école au CMJ, puis 1er adjoint. Notons déjà un certain don tactique et stratégique : J’ai su convaincre les conseillers élus de mon école de voter pour moi. Les élus de son école ? Nicolas Dumetz, adjoint. Et les conseillers : Rose Lutsen, Lucas Boffa, Killian Dequidt, Ilyès Benali. Il dit bien s’entendre avec la Maire du CMJ, Louise Minne. Ils ont des projets et s’investissent dans les 3 commissions : Sports et Loisirs, Solidarité et Citoyenneté, Environnement et Cadre de vie. Comment définit-il la Liberté, l’Égalité, la Fraternité et la Laïcité ?

La Liberté, c’est ce qu’on peut faire, mais dans le respect de la liberté des autres. On ne peut pas faire ce qu’on veut… Tous les gens ont les mêmes droits : c’est ça l’Égalité. La Fraternité, c’est se considérer les uns et les autres comme frères et sœurs. La Laïcité, c’est ne pas se moquer des gens qui sont différents, qui n’ont pas la même couleur, la même religion. Et c’est ne pas mettre en avant une religion.

Samuel, 1er Adjoint, une belle âme d’enfant au CMJ.

image 1 : photo LeMag@zoom.

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QUAI DU PRELUDE… ACTION !

Moteur demandé. Ça tourne au son. Ça tourne à l’image. Annonce. Quai du Prélude, séquence 20, plan 1, 1ère. Sileeeennnnce…. Action ! Et ça tourne. Dans tous les sens du terme. Dans le bureau d’Olga. Dans le couloir. Dans l’espace cabaret aménagé près du bar. Sur la scène de La Piscine. Autour de Félix Létot, le réalisateur, pour poser câbles, combo et autre mandarine. Film noir. Quai de pluie, piano bar et tontons flingueurs. Quai du Prélude… Atmosphère…

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Régulièrement, l’Atelier culture de l’ULCO, La Piscine, offre la possibilité à des jeunes, et moins jeunes, passionés de pratiques artistiques de travailler avec des professionnels sur un projet. Danse. Théâtre. Chant. Et cinéma, cette fois, avec Félix Létot, jeune réalisateur, pionnier de XILEF Productions. Vous avez vu Vent de Folie ? Son premier long métrage ? Oui ? Non ?! Tant pis pour vous… Y aura peut-être rattrapage, avec la sortie d’un DVD… Pour l’heure, Félix a réuni une trentaine d’étudiants autour d’un projet de film. QUAI DU PRÉLUDE. Un projet dans sa totalité : écriture du scénario, tournage, montage, mixage. Scénaristes, dialoguistes, décorateurs,   accessoiristes, costumiers, preneurs de son, preneurs d’images, intendance… Il en faut, du monde, sur un tournage… On comprend l’importance, et la longueur, du générique. Pierre et JC au son. Pablo, partout où il faut un technicien. Donc partout. Vincent le chef op. Et puis les premiers rôles, tenus par des acteurs professionnels : Maxence Cambron et Christophe Jean. Et tous les autres, invités dans l’aventure. Conscients de cette chance exceptionnelle d’être dirigés par des pros.

Félix Létot, réalisateur.
Félix Létot, réalisateur.

Il y a dans le tournage quelque chose qui s’apparente à la vie dans une fourmilière. Un rituel bien huilé qui se répète à l’infini.

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Vincent, chef opérateur.

Il faut d’abord préparer la scène : câblage pour les projos et les micros. Et puis, les acteurs répètent. Et puis on prend la lumière. On voit comme tout ça rend à l’image. On fait une « méca »… Comprenez une « mécanique » : on joue la scène et on vérifie que tout est ok : son, image, placement des acteurs dans le cadre. Et puis … ça tourne. Une prise. Une 2ème parce qu’y a un couac  au son. Une 3ème parce que le chef op a remarqué une ombre. On change la place d’un comédien. 4ème… 5ème… 6ème… 12ème  prise. Et c’est bon pour le réalisateur. Et pour tout le monde. Alors, on fait une « sécu ». Comprenez une « sécurité ». On assure une dernière prise. Pour être sûr de passer proprement à la postérité. Ici, l’artiste est aussi et d’abord  artisan. La technique est au service de l’esthétique.

Pierre au son
Pierre, ingénieur son.

Au bout d’une journée, tout le monde est vanné. Normal. On comprend. Et le lendemain, on recommence… Le tournage de Quai du Prélude a duré une semaine. Temps record. Défi au temps. D’autant qu’il a fallu faire avec une météo capricieuse.

tournage sur le môle

Le Môle 1 sous la pluie et dans le vent, c’est rude… Une semaine de tournage. Et puis maintenant, la tâche se poursuit : dérushage, montage, mixage… Autre travail de fourmi. Autour de Félix Létot et de ses apprentis réalisateurs de l’ULCO. Là encore un défi au temps. La projection aura lieu mercredi 27 et jeudi 28 avril 2016, à La Piscine.

Mais au fait, on ne vous a pas fait le pitch ? Le voici : ici.

Le site de Xilef Productions : .

Infos et réservation pour la projection : par ici.

images 1, 3, 4 et 5 : photographies réalisées par Laurent WILLIART. Qu’il soit remercié !

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MICHEL DE L’HOSPITAL : LA TOLERANCE COMME PREMIERE DES VERTUS

Touche à tout de la Renaissance, écrivain et poète, juriste, garde des Sceaux, sorte de Super Premier Ministre de Catherine de Médicis, Michel de L’Hospital est un personnage qui mérite d’être connu. Il est mort un 13 mars, de l’année 1573. L’occasion de découvrir ou de redécouvrir cette figure de la modération en matières politique et religieuse. L’occasion aussi de se demander si la tolérance est bien  « la première des vertus », comme il l’affirmait lui-même…

LE SAGE ET LES FOUS

Portrait de Michel de L'Hospital, réalisé au XVIème siècle.
Portrait de Michel de L’Hospital, réalisé au XVIème siècle.

1560. Un tiers de la noblesse française est réformée. C’est-à-dire protestante. Elle suit la doctrine religieuse du réformateur Calvin. Elle soutient les Condé, maison qui donnera naissance au futur Henri IV, protestant qui deviendra roi de France comme chacun sait. Mais la maison royale demeure catholique. Le tout jeune roi de France, François II (15 ans) vient d’épouser Marie Stuart (tout aussi adolescente). Et tous deux sont soutenus par les Guise, farouches catholiques. Le contexte, vous le reconnaissez : c’est celui, tragiquement historique, des Guerres de Religions, qui déchirent la France depuis les années 1520, et qui ne s’achèvent qu’avec ce siècle, vers 1598. Michel de L’Hospital a donc fort à faire. Huguenot lui-même, il réussit d’abord à empêcher que l’Inquisition ne revienne en force pour poursuivre les « hérétiques ». Puis, il prononce le célèbre Discours de tolérance devant les états généraux d’Orléans, le 13 décembre 1560, dans le vain espoir de rapprocher les Français :  « Tu dis que ta religion est meilleure. Je défends la mienne. Lequel est le plus raisonnable : que je suive ton opinion ou toi la mienne ? Ou qui en jugera si ce n’est un saint concile ? Ôtons ces mots diaboliques, noms de partis, factions et séditions, luthériens, huguenots, papistes, ne changeons le nom de chrétiens ! ». Comprenez : gardons notre désignation commune de « chrétiens », sans distinction. Quelle noble intention ! Malheureusement, notre humaniste, par sa position raisonnable et modérée, ne parvient qu’à échauffer davantage les enragés de pouvoir. Les fous de Dieu. Il échappe de peu aux massacres de la Saint Barthélémy. 24  août 1572. Le jour le plus sanglant de ces guerres de religions. Le jour emblématique du fanatisme à l’œuvre. Michel de L’Hospital en réchappe, donc. Mais son humanisme est meurtri au plus intime. Il se retire des affaires politiques. Il se retire du monde. Il s’éteint quelques mois plus tard.

Statue de Michel de L'Hospital devant le Palais Bourbon.
Statue de Michel de L’Hospital devant le Palais Bourbon.

LA TOLÉRANCE : UNE VERTU ?

Le grand Voltaire désignait  Michel de L’Hospital comme   « le plus grand homme de France, si ce titre est dû au génie, à la science et à la probité réunies. » Essai sur les mœurs et l’esprit des nations.

Voltaire s’est certainement inspiré du Discours de Tolérance de Michel de L’Hospital pour rédiger son Traité sur la Tolérance, paru  1763. Ce texte fondamental, dans l’histoire de la tolérance et dans l’invention de la laïcité en France, vise la réhabilitation de Jean Calas. Ce protestant avait été, à tort, accusé d’avoir assassiné son fils afin d’éviter que ce dernier ne se convertisse au catholicisme. Il fut exécuté malgré l’intervention véhémente, et risquée, de Voltaire.

Dans ce Traité sur la Tolérance, Voltaire invite  lui aussi à la tolérance entre les religions et prend pour cible le fanatisme religieux. Lutte du philosophe contre les « fous de dieu », toujours actifs au Siècle des Lumières … :

Mais en bonne foi, parce que notre Religion est divine, doit elle régner par la haine, par les fureurs, par les exils, par l’enlèvement des biens, les prisons, les tortures, les meurtres, et par les actions de grâces rendues à Dieu pour ces meurtres ? Plus la Religion Chrétienne est divine, moins il appartient à l’homme de la commander.

Et Voltaire de citer d’illustres prédécesseurs pour argumenter son propos :

C’est une impiété d’ôter, en matière de Religion, la liberté aux hommes, d’empêcher qu’ils ne fassent choix d’une Divinité ; aucun homme, aucun Dieu ne voudrait d’un service forcé. (Apologétique, ch. 24.)

Persécuterons-nous ceux que Dieu tolère ? Saint Augustin

Et Voltaire de conclure :

Quand nos actions démentent notre morale, c’est que nous croyons qu’il y a quelque avantage pour nous à faire le contraire de ce que nous enseignons ; mais certainement il n’y a aucun avantage à persécuter ceux qui ne sont pas de notre avis, et à nous en faire haïr. Il y a donc, encore une fois, de l’absurdité dans l’intolérance. Fin du ch. 15 du Traité sur la Tolérance.

Traité sur la Tolérance, Voltaire, 1763.
Traité sur la Tolérance, Voltaire, 1763.

Le Traité sur la tolérance est vraisemblablement toujours d’actualité. En effet, en janvier 2015, à la suite de l’attentat contre Charlie Hebdo, l’ouvrage de Voltaire se place au sommet des ventes des librairies un peu partout dans le monde. Ses ventes en France passent de 11 500 en 2014 à 185 000 exemplaires fin 2015…

La tolérance : force des faibles ou faiblesse des forts ? Michel de L’Hospital, Voltaire ont ouvert la voie d’un combat qui paraît sans fin…

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GYNECOLOGIE SANS FRONTIERES. PARCE QUE LA FEMME EST L’AVENIR DE L’HOMME.

8 Mars. Journée de promotion de l’égalité entre hommes et femmes dans le monde. Cette année, pas envie de rabâcher les sempiternels chiffres de progrès effectués par la gente masculine sur le temps passé à s’occuper des enfants ou à s’adonner aux tâches domestiques. Pas envie de rappeler pour la énième fois que tous les deux jours une femme meurt, en France, des coups reçus par son conjoint. Pas envie de rappeler que les filles sont meilleures à l’école que la garçons et que c’est étonnant qu’on ne les retrouve pas davantage à des postes à responsabilités dans l’entreprise ou la société civile. Même si le « plafond de verre » tend à prendre chaque année un peu plus de hauteur. Félicitons d’ailleurs pour cela toutes celles et tous ceux qui, par leur lutte ou leurs engagements multiples, ont contribué à diminuer l’inégalité dans les conditions de vie et de travail des hommes et des femmes. Tout au moins en France. Parce qu’ailleurs dans le monde ce n’est pas gagné. Rappelons qu’il n’est pas bon de naître fille en Inde où le viol reste majoritairement impuni. Qu’il n’est pas bon d’être femme ou fille dans un pays en guerre : le viol, encore, étant l’arme de guerre la plus destructrice dans le monde. Destructrice de corps. D’esprits. De destins. Brisés.

La femme est souvent une victime invisible.
La femme est souvent une victime invisible.

Et saluons au passage le travail de Denis Mukwege, l’homme qui répare les femmes. Il est étonnant que cet homme-là, décoré de distinctions diverses et variées, n’ait pas encore tout bonnement reçu le Prix Nobel de la Paix. Son portrait : ici.

Fi donc des éternelles statistiques. Des éternelles rengaines féministes aux relents de misandrie. Des stéréotypes séchés et autres clichés jaunis. Parlons plutôt de ceux qui agissent. Pour le bien des femmes. Quelles qu’elles soient. Et où qu’elles soient. LeMag@zoom a décidé de mettre à l’honneur une association qui fête ses 20 ans : Gynécologie sans Frontières. Les objectifs de cette association humanitaire ?

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Protéger les femmes contre les injustices qu’elles peuvent subir. Elles qui ont un rôle si important à jouer dans le développement des pays et dans tous les secteurs d’activité.  L’association se donne donc pour objectif principal de respecter la dignité humaine et de promouvoir la femme dans le monde en agissant sur 3 composantes essentielles : médicale, psychologique et sociale. GSF intervient, en urgence ou sur du long terme,  dans des pays et des secteurs où les infrastructures sont insuffisantes, voire inaccessibles. Burundi. Haïti. Madagascar. Népal. Afghanistan. Jordanie. La liste des lieux de la misère féminine est longue. Et les actions de GSF nombreuses : constructions de dispensaires, de maisons de naissances, voire de maternités, formation de la population locale à la gynécologie, formation de sages femmes, soins pré et post natalité.  Les problèmes abordés concernent ainsi la périnatalité, les souffrances médicales, les violences conjugales ou sexuelles, la discrimination de toute sorte ou encore le statut de la femme au sein de la société.  Excisions et autres mutilations sexuelles. Viols. Contraception. MST. Suivi de grossesse. Soins périnataux. Éducation à la santé. Les thèmes de réflexion et d’action sont nombreux.

Formation des personnels locaux à l'obstétrique.
Formation des personnels locaux à l’obstétrique.

Sages femmes, gynécologues, autres personnels de la médecine, bénévoles… Ils sont nombreux à rejoindre GSF depuis 20 ans. Les manifestations en France se multiplient : colloques, formation de personnels médicaux à l’obstétrique humanitaire, interventions en milieu scolaire pour sensibiliser à la santé des femmes, soirées thématiques avec projections de films.

Devant une maternité, à Lomé, au Togo.
Devant une maternité, à Lomé, au Togo.

Sans oublier la présence quotidienne de GSF à nos portes. En France. Dans les camps de réfugiés de Calais et de Grande Synthe, où la situation des femmes et des enfants est insupportable…

Une mère et son enfant. Camp de réfugiés de Grande Synthe. 2016...
Une mère et son enfant. Camp de réfugiés de Grande Synthe. 2016…

Le 8 mars, et tous les autres jours d’une vie, que nous soyons femmes ou hommes, soyons surtout humains…

Un obstétricien haitien, formé par GSF, porte un bébé qu'il vient de mettre au monde, en Haiti.
Un obstétricien haitien, formé par GSF, porte un bébé qu’il vient de mettre au monde, en Haiti.

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MME TASSOU. AU REVOIR MAITRESSE…

Mme Tassou, maîtresse de cm1-cm2, nous a quittés dans un accident de voiture, ce vendredi. Je suis triste. Nous sommes tous tristes…

Mme Tassou, photo de classe 2014-2015.
Mme Tassou, photo de classe 2014-2015.

Elle avait pour réputation d’être gentille et très belle, d’où son surnom « la belle blonde ». Elle nous a apporté beaucoup de choses ; bien sûr le savoir mais aussi l’esprit d’équipe, la bienveillance, le respect et la vie en communauté.

Mme Tassou nous a fait vivre beaucoup d’aventures durant toute sa carrière. Pour ma classe et moi, par exemple, un concours d’escrime, un championnat Des chiffres et des lettres,  les activités avec l’IEM le vendredi matin, sans oublier la sortie au cinéma où l’on a été voir VICE VERSA.

Mme Tassou restera toujours en nous et on ne l’oubliera jamais… Nous pensons à son mari, Yvan, à sa fille Jeanne, et à son petit garçon.

Louise Minne, de L’ÉCOLE QUENEAU

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MONTAIGNE ET SES ESSAIS : DE LA SAGESSE AU QUOTIDIEN

Montaigne est né un 28 février, et c’est un 1er mars, de l’année 1580, qu’il publie ses Essais. L’occasion de revisiter l’œuvre majeure de cet auteur et homme d’action qui a marqué la Renaissance. Indépendant, engagé, l’un des illustres magistrats de Bordeaux formule des préceptes étrangement modernes. Au point que se les répéter régulièrement nous permettrait de traverser le siècle, le nôtre, sans trop d’encombres et d’économiser des dépenses de coach ou de psy… Parce que Chaque homme porte la forme entière de l’humaine condition… A découvrir ou redécouvrir ici…

Edition des Essais de Montaigne et annotations de son auteur.
Edition des Essais de Montaigne et annotations de son auteur.

DE LA MORT ET DE LA LIBERTÉ

Montaigne s’inspire du précepte de Cicéron : « Philosopher c’est apprendre à mourir. » Et la mort, il l’a vue de près, et plus d’une fois dans sa vie : la mort de La Boétie, son meilleur ami, écrivain et humaniste comme lui, mort à 33 ans… Vous vous souvenez :  « Parce que c’était lui, parce que c’était moi. ». La mort de son père, qu’il vénérait. La mort de 5 de ses 6 enfants (une fille seulement, Léonor, survécut !). La mort qu’il frôle lui-même lors d’un accident de cheval survenu autour de la trentaine. La mort qui le brûle à petit feu, sous la forme de  calculs rénaux douloureux à partir de 50 ans… Survivre à l’amour et à la perte. Comment ? En s’oubliant soi-même. En se détachant de l’ego. Et de tout ce qui « englue » le moi. En se libérant. Stefan Zweig,  (1881-1942), écrivain, dramaturge, journaliste et biographe autrichien, lecteur de Montaigne, paraphrase et résume huit « commandements » qui permettent à l’homme de  garder son humanité  et de gagner sa liberté : être libre de la vanité et de l’orgueil ; être libre de la croyance et de la superstition ; être libre des convictions et des partis ; être libre des habitudes ; être libre des ambitions et de toute forme d’avidité ; être libre de la famille et des amitiés ; être libre du fanatisme ; être libre devant le destin ; être libre devant la mort…donc… Montaigne avait inscrit ces formules sur une des poutres de sa « librairie ». Nous pourrions les faire figurer nous aussi… sur le frigo par exemple… :

« Seule certitude : rien n’est certain. Et rien n’est plus misérable ni orgueilleux que l’homme. » Pline l’Ancien (écrivain et naturaliste romain du Ier siècle)

« Quel homme peut-il avoir de lui-même grande estime, quand le premier incident venu le réduit à néant ? » Euripide (dramaturge du Vème siècle avant JC)

Montaigne inscrit des préceptes en grec et en latin sur les poutres de sa bibliothèque. Une seul est en français : "Que sais-je?"
Montaigne inscrit des préceptes en grec et en latin sur les poutres de sa bibliothèque. Une seule est en français : « Que sais-je? »

DE L’ÉDUCATION COMME MANUEL DE SURVIE

Montaigne souligne l’importance d’«être né» comme on disait à son époque. C’est à dire d’avoir une éducation. Par les parents bien sûr, qui sont les premiers vecteurs. Mais aussi par la connaissance des Anciens. Seule ce bagage peut apporter un esprit critique. Vous vous rappelez cet idéal humaniste de la Renaissance :  une tête bien faite plutôt que bien pleineMontaigne appréciait les philosophes qui proposaient une morale pragmatique : comment faire face à la mort d’un ami ? Comment s’armer de courage ? Comment se tirer de situations épineuses ? Il se tourne donc volontiers vers les philosophies antiques pour trouver des réponses. Les 3 plus importantes.

Le stoïcisme, école philosophique de la Grèce antique, fondée par Zénon en 301 av. J.-C. Cicéron, Sénèque, Épictète, Marc Aurèle le diffuseront. Cette philosophie exhorte à la pratique d’exercices de méditation conduisant à vivre en accord avec la nature et la raison, pour atteindre la sagesse et le bonheur envisagés comme ataraxie. Ataraxie, comprenez = absence de troubles, quiétude intérieure, absence de passions qui prend la forme d’une absence de souffrance. Ataraxie, plus de passion… peinard !

L’épicurisme,  école philosophique fondée à Athènes par Épicure en 306 av. J.-C., axée sur la recherche d’un bonheur et d’une sagesse dont le but est la tranquillité de l’âme. Le but de l’épicurisme est d’arriver à un état de bonheur constant, une sérénité de l’esprit, tout en bannissant toute forme de plaisir non utile.  Pour éviter la souffrance, il faut éviter les sources de plaisir qui ne sont ni naturelles ni nécessaires. Le dernier smartphone procure-t-il un plaisir naturel et nécessaire ? L’épicurisme ne prône donc nullement la recherche effrénée du plaisir, comme beaucoup le pensent à tort…

Le scepticisme, doctrine fondée par Pyrrhon, selon laquelle la pensée humaine ne peut déterminer une vérité avec certitude. Il ne s’agit pas de rejeter la recherche, mais au contraire de ne jamais l’interrompre en prétendant être parvenu à une vérité absolue. Son principal objectif n’est pas de nous faire éviter l’erreur, mais de nous faire parvenir à la quiétude, loin des conflits de dogmes et de la douleur que l’on peut ressentir lorsqu’on découvre de l’incohérence dans ses certitudes. Comme disait Jean Gabin (qu’était philosophe finalement : je sais que je ne sais rien !).

Je vous propose donc d’ajouter cette maxime du  stoïcien Epictète sur votre réfrigérateur :

« Ne cherche pas à ce que les événements soient comme tu veux, mais veuille que les événements soient comme ils sont et tu seras dans la sérénité ».

Bibliothèque de Montaigne.
Bibliothèque de Montaigne.

DE L’HUMILITÉ

Enfin, dernier conseils pratiques de survie dans un monde féroce prodigués par ce génial Montaigne : ne philosopher que par accident, c’est à dire au hasard des rencontres, de façon naturelle…Réfléchir à tout et ne rien regretter. Vivre avec tempérance. On dirait aujourd’hui avec modération et modestie :

 « il n’est rien si beau et légitime, que de faire bien l’homme et dûment. Ni science si ardue que de bien savoir vivre cette vie. Et de nos maladies la plus sauvage, c’est mépriser notre être. »

Se ménager des moments de retrait, de solitude, de réflexion, pour ensuite affronter le monde avec plus d’énergie. Et donc savoir être convivial. Savoir vivre avec les autres. S’arracher au sommeil de l’habitudeHalte à la routine !

Et puis surtout : laisser la vie répondre d’elle-même.

« La vie doit être elle-même à soi sa visée, son dessein (= son objectif). »

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UNITED COLORS OF POUNKY LADY

Coloré, bucolique, utopique, rock and roll, et ténébreux. Voilà l’univers de Pounky Lady. Pounky Lady ? Belle comme une œuvre d’art vivante, qui semble tout droit sortie d’un film de Jeunet. Ou  de Tim Burton.  Qui a fait de son apparence la carte de visite de la vie qu’elle mène : joyeuse, enjouée, colorée, atypique, excentrique, chaleureuse. Et généreuse surtout. Peintre et plasticienne aux multiples talents, elle expose à Dunkerque. Jusqu’au 18 mars. Son portrait ici même. En couleurs, évidemment.

Une Lady chez une Miss.
Une Lady chez une Miss.

UNE LADY CHEZ UNE MISS

Pour Audrey's Cupcakes, Lady Pounky signe "JoAnne"
Pour Audrey’s Cupcakes, Lady Pounky signe « JoAnne »

Quand Miss Audrey’s Cupcakes rencontre Pounky Lady sur un salon de voitures anciennes, ça donne des envies et un projet. Celui d’exposer les œuvres de la Lady dans l’univers vintage et sucré de la Miss. Et ça fonctionne : l’Amérique des années 1950 prête son cadre léger aux explosions de couleurs et de lignes de l’univers de Pounky Lady

Cox, ska, rock, skull, Paris, Mexico
Cox, ska, rock, skull, Paris, Mexico

On retrouve dans les tourbillons de sa peinture les vagues de Hosukai, les contrastes de Diego Riviera ou de Van Gogh, les amoncellements engagés de Boltanski, le street art de Banksy, les prouesses lumineuses de Klimt, le chatoiement de Kehinde Wiley et la finesse féminine tout exotique de Frida Kahlo. Justement, le Mexique est une source d’inspiration. Notamment la façon dont les Mexicains fêtent leurs morts le 1er novembre de chaque année. Avec de la joie, de la couleur, des pique nique dans les cimetières, de la lumière et des chants. La Catrina, appelée à l’origine la Calavera Garbancera, figure populaire de la culture mexicaine, fascine Pounky Lady.  Et on retrouve un peu de ses traits dans les visages de femmes de la Lady. Squelette féminin, revêtu de riches atours et souvent chapeauté, ce personnage extraordinaire réconcilie les vivants avec l’étrangeté de la mort.

Skull Mexico.
Skull Mexico.

Étonnant pour une jeune femme pleine de vie et se réclamant du carpe diem des épicuriens ? Pas tellement. Pas du tout même, si on traverse un peu la toile, à la rencontre de l’intimité de Pounky Lady…

DE LADY À JOANNE

Des vampires, des monstres, des déclinaisons de Frankenstein, des squelettes et des crânes…. Des corps torturés à la Schiele ou à la Dürer dans son Apocalypse. Ce sont les vanités que Joanne Goudry, alias Pounky Lady, peint pour conjurer ou sublimer les angoisses de la mort. Celle de proches qu’elle a perdus au fil du temps. Celle des autres encore présents qu’elle aime et s’attend à perdre un jour. C’est peut-être ce qui fascine dans son univers : la représentation colorée et joyeuse d’images de notre finitude. Des vanités quoi. Rappelle-toi que tu es mortel, que tout a une fin. Et profite. Des êtres et de la vie. Elle cite volontiers Horace :

« Cueille le jour présent sans te soucier du lendemain »

Carpe diem. Voilà ce que semblent nous dire sa Vampire Lady, Skull Mexico ou les amours sacrilèges de Frankenstein. Mais avec légèreté et couleurs. Car la peinture, les collages, les créations d’objets design, sacs, badges ou pièces de mobilier,  de Joanne ne sont absolument pas morbides. Bien au contraire. Ils invitent à la vie. À l’enthousiasme. Au sens premier du terme : à se laisser emporter par un souffle qui nous ravit (dans tous les sens du terme), celui qui a animé Joanne au moment de créer. Cette enfant de Brassens et des Pogues, orpheline de père, fille de la mer, de Malo, peint quand et où ça lui chante. Pas besoin d’atelier. Elle peint là où il y a de la place. Chez elle. Et trimbale son matériel. Acrylique, Canard enchaîné ou  Charlie Hebdo. Et crée quand ça lui chante. Parce que la musique est extrêmement présente dans sa vie. Jim Morrison, par exemple : son premier portrait. Le rock and roll que sa mère lui a appris à danser. Jimmy Hendrix. Et  Patti Smith, la marraine du mouvement punk. Et de Pounky Lady, sa digne descendante

guitare basse
Guitare basse « customisée ».

Joanne avoue qu’elle aurait aimé parler anglais couramment, comme une de ses sœurs qu’elle admire. Pour se fondre encore plus dans cette génération de poètes chanteurs peintres des années 1960-70 née aux États unis ? Pour coller à la langue de Andy Warhol qu’elle admire aussi ? Pas besoin. Le dessin, les lignes et les couleurs sont un langage universel, compréhensible par tous.

Je crois en l’humain. Je suis une personne positive. Et je fais tout ce que je peux pour aider autour de moi, à pette échelle.

Joanne à l'oeuvre
Lady Joanne.

Ce qu’elle enseigne aux élèves dont elle a chaque année la charge. De collège en lycée. De la Sorbonne aux arts floraux, elle a

Lady Joanne...
Lady Joanne…

acquis cette expérience d’artisan et d’artiste, cet art de l’humain qu’elle transmet aux plus jeunes, dans l’amour de la vie et la joie.

Jean Pierre Jeunet ou Tim Burton ?
Jean Pierre Jeunet ou Tim Burton ?

Exposition de ses œuvres chez Audrey’s Cupcakes, 4 rue Dampierre à Dunkerque, du 18 février au 18 mars. Vernissage  jeudi 18 février à 19h.

Page Facebook de Pounky Lady : ici.

Site de Pounky Lady : .

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images 6, 7 et 8 : photos personnelles aimablement et généreusement prêtées par l’artiste. Qu’elle en soit remerciée !

 

L’AMOUR : TOUT UN ART…

Pour les amateurs d’art, pour les amoureux de peinture ou de sculpture, pour les amoureux tout court, Le Mag@zoom fête à sa façon  la Saint Valentin…

Paul de Tarse, 1er siècle : « Si je n’ai pas d’amour je ne suis rien. L’amour est patient, il est plein de bonté ; l’amour n’est point envieux, il ne se vante point, il ne s’enfle pas d’orgueil. Il ne fait rien de malhonnête. Il ne cherche point son intérêt, il ne s’irrite point, il ne soupçonne point le mal. Il ne se réjouit point de l’injustice, mais il se réjouit de la vérité. Il excuse tout, il croit tout, il espère tout, il supporte tout. L’amour ne meurt jamais. »

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